Chef du renseignement égyptien en Israël avant le 7 octobre : qui a caché sa visite à Netanyahou ?

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Chef du renseignement égyptien en Israël avant le 7 octobre : qui a caché sa visite à Netanyahou ?

Le haut responsable israélien qui a reçu le chef du renseignement égyptien quelques jours avant le 7 octobre 2023 pouvait empêcher le massacre. C'est ce qu'affirme l'avocat Ephraïm Dmari, qui assure que cette rencontre a été dissimulée au Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Avant le 7 octobre : un avocat affirme que la rencontre avec le chef du renseignement égyptien a été cachée à Netanyahou

L'affaire de la visite égyptienne prend un nouveau tour. Ce mercredi 14 octobre, sur le plateau de l'émission matinale « Israël Haboker » de Channel 14, l'avocat Ephraïm Dmari a livré une affirmation lourde de conséquences. Selon lui, le haut responsable israélien qui a rencontré le chef du renseignement égyptien avant le 7 octobre 2023 aurait pu empêcher le massacre « avec une certitude absolue ».

Me Dmari ne parle pas en commentateur. Il indique avoir représenté un officier, le commandant Y., qui aurait exposé des éléments factuels précis : qui a rencontré qui, et quelles informations le chef du renseignement égyptien a transmises à un très haut responsable de l'État d'Israël. L'avocat ajoute une phrase qui change la lecture de l'affaire : « Ce n'est pas seulement le gouvernement. On a caché cette rencontre à Netanyahou. »

Netanyahou : « Je veux savoir avec qui il s'est entretenu »

Les déclarations de l'avocat interviennent au lendemain d'une interview du Premier ministre au journaliste Yinon Magal, dans l'émission « HaPatriotim » sur Channel 14. Benjamin Netanyahou y a confirmé que le chef du renseignement égyptien s'était bien rendu en Israël quelques jours avant l'attaque du Hamas, tout en niant catégoriquement l'avoir rencontré.

Le chef du gouvernement a expliqué qu'il assistait au même moment à une cérémonie à la mémoire des soldats tombés de Tsahal. Il a jugé invraisemblable l'idée même d'un entretien direct entre un chef de renseignement étranger et un chef de gouvernement, une pratique qui selon lui n'existe pas.

Pour Netanyahou, la vraie question est ailleurs. Le chef du renseignement d'un pays voisin est venu en Israël, et le Premier ministre affirme ignorer encore aujourd'hui avec qui il s'est entretenu. Il réclame que soient produits les enregistrements de la visite, en rappelant qu'il existe des caméras et une documentation. Il accuse enfin celui qui a reçu l'émissaire égyptien de chercher à lui faire porter la responsabilité.

Abbas Kamel à l'aéroport Ben Gourion, onze jours avant l'attaque

L'épisode a refait surface fin septembre avec une enquête de la radio-télévision publique Kan. Selon ce travail, le 26 septembre 2023, un avion d'affaires des services égyptiens s'est posé à l'aéroport Ben Gourion. À son bord se trouvait Abbas Kamel, alors chef du Service général de renseignement égyptien et homme de confiance du président Abdel Fattah al-Sissi. Sa présence sur le sol israélien n'aurait duré qu'un peu plus d'une heure, onze jours avant le massacre.

Depuis, les révélations s'enchaînent. Le Wall Street Journal a rapporté, en s'appuyant sur des sources au sein d'un gouvernement arabe, que l'Égypte avait adressé à Israël au moins trois mises en garde dans les mois précédant l'attaque. La première, en juin 2023, restait vague et appelait Israël à reprendre les discussions avec le Hamas. La dernière aurait pris la forme d'un appel d'Abbas Kamel au Premier ministre début octobre. L'une des sources affirme que les avertissements égyptiens se sont poursuivis jusqu'à environ 48 heures avant l'assaut. Le même journal précise toutefois que ces alertes ne contenaient ni la date ni l'ampleur de l'opération.

Le bureau du Premier ministre dément tout contact

Le cabinet de Benjamin Netanyahou a opposé un démenti formel. Dans les mois précédant le 7 octobre, le Premier ministre n'a ni rencontré ni parlé avec Abbas Kamel, et aucun responsable du renseignement israélien ne lui a transmis d'avertissement égyptien, affirme son bureau. Celui-ci accuse ses adversaires de vouloir faire retomber sur Netanyahou les manquements de l'ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, à la veille de l'attaque.

Le Caire, de son côté, avait officiellement nié dès le 11 octobre 2023 avoir prévenu Israël. Pourtant, quelques jours après le massacre, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, Michael McCaul, déclarait que l'Égypte avait bien averti Israël trois jours avant l'attaque, tout en soulignant que la question restait de savoir à quel niveau l'alerte avait été transmise.

Une question centrale : qui a reçu le message ?

C'est précisément sur ce point que le témoignage rapporté par Me Dmari pèse. Si l'officier qu'il représentait a bien décrit la chaîne de transmission, l'enjeu n'est plus de savoir si l'Égypte a mis Israël en garde, mais qui, au sommet de l'appareil sécuritaire, a reçu l'information et pourquoi elle ne serait pas remontée jusqu'au chef du gouvernement. L'avocat n'a pas cité publiquement le nom de ce haut responsable.

À ce stade, aucune preuve documentaire n'a été rendue publique pour étayer ses affirmations, et l'identité des interlocuteurs israéliens d'Abbas Kamel reste officiellement inconnue. Mais la demande du Premier ministre de rendre publics les enregistrements de la visite et la déclaration de l'avocat convergent vers la même exigence : établir précisément qui a vu l'émissaire égyptien le 26 septembre 2023, et ce qu'il lui a été dit.

Une affaire qui s'invite dans la campagne électorale

Trois ans après le 7 octobre, la quasi-totalité des chefs militaires et sécuritaires de l'époque ont quitté leurs fonctions. La question des avertissements reçus avant l'attaque, qu'ils viennent du Caire ou d'Abou Dhabi, est devenue un enjeu politique majeur à l'approche des élections. Pour l'opposition, elle démontre la nécessité d'une commission d'enquête d'État. Pour l'entourage du Premier ministre, elle révèle au contraire que des informations essentielles lui ont été dissimulées par les responsables de la sécurité.

Entre ces deux récits, une seule certitude : la vérité sur les onze jours qui ont séparé la visite d'Abbas Kamel du massacre n'a pas encore été établie.

Sources :
Channel 14, Me Dmari ;

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