Artiste juive : Nicole Eiseneman et les étranges objets du désir

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Artiste juive américaine : Nicole Eiseneman et les étranges objets du désir

Nicole Eisenman, "Sketch for a Fountain", 2017-2019, 401 Park, collection Samuels & Associates, Boston, GoodmanTaft et Anton Kern Gallery, New York, 2019.

Née en France de parents américains, Nicole Eisenman puise son inspiration autant chez les famands (rubens) en particulier que dans de la culture populaire (bandes dessinées, publicités, séries télévisées et films de série B). Elle doit beaucoup à Robert Crumb qui a ouvert une voie où elle s'est engouffré tout en l'exhaussant vers la peinture dite "de chevalet".

L'artiste crée le plus souvent des scènes avec de nombreux personnages qui nous enracinent dans un univers souvent familier (repas de famille, parc d'attraction, piscine, etc.) mais où tout est revue sur une dimension sexuelle sans distinction de genre ou de pratique. Et les scènes allégorique sont traitées de la même manière, très éloignées de souverains poncifs.

En Allemagne en 2017 ses sculptures de "Sketch for a Fountain" furent recouvertes de svastikas et décapitées par les adeptes du parti d’extrême-droite AfD dans une expression du fascisme de violence comparable à celle que que des personnes transgenres et intersexes continuent de subir au quotidien.

Mêlant féminisme, histoire de l’art et culture populaire, Nicole Eisenman a néanmoins récemment acquis, après son exposition entre autre au Jewish Museum de New York en 2015 une reconnaissance et est exposée actuellement à la Biennale de Venise et à celle du Whitney. Depuis le début du mois de juin, trois des sculptures vandalisées et désormais en bronze sont exposées de manière permanente à Boston, au 401 Park, suite à une commande du collectionneur Steve Samuels.

Tout dans une telle oeuvre grince et parfois copule de partoit. La satire reste à tous les étages là où l'esprit critique empreinte à l’expressionnisme allemand d'entre les deux guerres. Le désir reste au centre de cette vision. Mais son objet prend diverses formes. S'y joue quelque chose de l'être mais aussi de la société qui l'exploite.

Si bien que sous l'aspect de satire un inconscient collectif devient le figuration à la fois du manque et du trop plein.

Au milieu de la pléthore domine un rapport avec un astre absent. Si bien que l'artiste fait rentrer dans la mélancolie par le rire. Chaque oeuvre donne l’impression sous le Soleil noir cher à Nerval se cache une profonde mélancolie de celle ou celui qui reconnait plus ou moins implicitement la perte de l'objet de sa libido. Mais la clause narcissique chez l'artiste est forclose. Et c'est comme si au lieu de faire un deuil objectal le sujet mourait avec un objet qui n'est pas le bon.

Nicole Eiseneman et les étranges objets du désir

Nicole Eiseneman et les étranges objets du désir

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