Photographe juif : Helmar Lerski le pionnier

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Helmar Lerski le pionnier

Helmar Lersi, « Pionnier de la lumière », Édition publiée sous la direction de Nicolas Feuillie, Livres d’Art, Gallimard , 2018.

Helmar Lerski le pionnier

Helmar Lerski le pionnier

Helmar Lerski reste dans l’histoire de la photographie comme le maître des métamorphoses du portrait par ses expérimentations sur les possibilités et  la puissance de la lumière.
Né à Strabourg il devient en Amérique du Nord un acteur de théâtre puis  un photographe.

De retour en Allemagne, à Berlin - grand foyer de l’art dans les années 20 - il reste un chef opérateur spécialiste des effets spéciaux et se transforme implicitement en précurseur de l’expressionniste  capable de sculpter le visage par la lumière.

Fuyant la peste brune dès 1932 il rejoint la Palestine et devient un des premiers pionniers juifs. Ses photographies sont propres à soulever des utopies qui font vivre l’espoir d’un nouvel humanisme. L’auteur photographie à l’époque les jeunes des kibboutz comme les soldats juifs  qui s’engagent dans les forces britanniques.

L’essentiel de son approche tient d’abord à la rencontre d’êtres auxquels il accorde par « re-présentation » sculpturale une valeur universelle et non réductrice à la seule histoire et une géographie.

S’y affirme néanmoins une résistance face aux normalisations idéologiques, sociales. Les visages graves et lumineux témoignent d’un espoir et les oeuvres revendiquent par delà différences et ostracismes  l’exigence de globalité. L’être y semble déjà induit d’une réalité d’une double mémoire : juive d’un côté, palestinienne de l’autre. Le plus anonyme des visages incarne un moment de l’histoire  et un voyage au cœur de ses dédales.

Mais Lerski ne cherchait pas à jouer les reporters « engagés ». Il voulut créer un rapport très immédiat et affectif à une société duale dans une  volonté poétique d’enrichir et de dépasser l’histoire et le temps afin de mieux permettre de ressentir la réalisation des possibles.  D’où  la tension entre une prise en compte  du fini de la condition humaine et d’un infini singulier inhérent à chaque culture.

La photographie devient l’action dont le but  est de provoquer des développements qui dépassent l’espace et la problématique du lieu.  Dans un double pays plein d'armes où la mort rodait déjà sous le soleil il ouvrit une vision « avènementielle » par le portait et dans l’espoir que deux cultures à  la fois proches et éloignées caressent l’espoir d’une  globalité fraternelle que lui reprochèrent parfois les deux camps opposés ;

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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