L'an juif: Roch-Hachana connais-toi toi-même

Actualités, Alyah Story, Cacheroute, Fêtes, Judaïsme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
L'an juif: Roch-Hachana connais-toi toi-même

Roch-Hachana Connais-toi toi-même

L'an juif: Roch-Hachana connais-toi toi-même

L'an juif: Roch-Hachana connais-toi toi-même

A Roch-Hachana, nous prenons congé de l'année qui disparaît et saluons celle qui arrive. Il est un voeu qui nous vient aux lèvres tant il répond aux préoccupations et aux inquiétudes qui s'imposent à nous, dans le monde dur et cruel où nous vivons: que finisse l'année avec ses malédictions, que commence l'année avec ses bénédictions.Ti'hlé chana vekilelotéha, ta'hel chana ouvir'hotéha

Un tel souhait est bien de circonstance devant les événements dont notre planète nous donne l'affligeant spectacle. Nous sommes entrés dans le règne de la violence aveugle. Des guerres impitoyables dressent des peuples les uns contre les autres ; le terrorisme aveugle multiplie ses attentats en diverses régions du globe.

Nous avons beau nous dire que la fête de Roch-Hachana marque le commencement des yamin noraïm , des dix jours de pénitence durant lesquels notre sort va se trouver en suspens, nous ne pouvons pas nous empêcher d'éprouver un sentiment d'angoisse et en même temps un sentiment de réconfort.

Une fois encore, une fois de plus, force nous est de constater le miracle de ce réveil régulier de la Communauté d'Israël. On la croyait - du moins pour ce qui regarde le culte - complètement assoupie mais en réalité, son coeur veille, et dès les premières notes du chofar, elle se ressaisit et retrouve le chemin de la synagogue.

Certes, bien des facteurs entrent en jeu dans ce prodige. Piété filiale, souvenirs d'enfance, sens de la solidarité juive, magie de ces airs liturgiques venus du fond des âges pour nous restituer notre passé avec toute sa saveur, et aussi, n'est-ce pas, ce brin de mysticisme, qui subsiste dans le coeur de tout juif, et qui n'attend que l'occasion pour se réveiller à l'entrée des grandes fêtes de Tichri.

Pour peu que nous nous repliions sur nous-mêmes, les questions existentielles surgissent aussitôt. Même l'agnostique ne peut les éviter. Ils touchent à ce qu'il y a de plus fondamental dans la condition humaine. Pourquoi sommes-nous sur terre ? Quelle est notre raison d'être ? Quelles sont nos fins dernières ? Qui peut, sans déchoir, s'abstenir de se poser ces angoissantes questions ?

Elles nous sont suggérées par l'expérience la plus immédiate. Il n'est personne qui ne sente l'étrangeté, l'ambiguïté de cette vie inconsistante, comme l'ombre d'un oiseau en plein vol et fragile comme le cristal. Nous ne faisons que traverser ce monde. Venus de la terre, nous sommes condamnés à y retourner inéluctablement.

C'est peut-être là, la seule vérité qui ne puisse être mise en doute. Si du moins nous connaissions la date de cette terrible échéance. Mais elle nous est cachée. Le fil est vite coupé et nous nous envolons. Nous n'avons d'autre parti alors que de nous demander avec le mahzor, le livre de prières des fêtes de Tichri: "Durant cette nouvelle année, qui vivra ? qui mourra ? ; qui au terme de sa carrière et qui au beau milieu de sa course ? qui par l'eau et qui par le feu ? qui en paix et qui dans les tribulations ?

Cependant, au fond de nous-mêmes, nous sentons que la mort n'est pas le néant. Elle n'est pas un refuge. Rien ne se perd et rien ne s'oublie. Il y a une conscience souveraine devant laquelle bon gré, mal gré, notre conscience devra se justifier un jour. Car ces années de vie, toutes ces ressources intellectuelles, physiques et morales ne nous ont pas été octroyées pour rien. C'est Rabbi Akiba qui, dans les Pirké avoth, les maximes des pères de la synagogue remarque: "Tout est donné sous caution, un filet est tendu sur les vivants. Le monde est un immense dépôt.

Chacun peut se servir à volonté. Mais un livre est ouvert et une main inscrit. Les percepteurs sont constamment en tournée. Ils se font payer bon grè, mal grè, car il y a du répondant, nul n'est insolvable." Quoi de plus angoissant alors que de risquer de comparaître un jour devant le Juge Suprême avec le tourment d'être passé à côté de notre vie, d'avoir gaspillé nos jours à courir après des chimères ?

Ce langage ne peut pas vieillir. Il est éternel et il est d'une portée unverselle

A certains moment de la vie, tout homme a besoin de faire le point, de se rappeler ses raisons de vivre, de les repenser avec plus de profondeur. Aux heures de crise, les questions se font plus pressantes, plus lancinantes pour se cristaliser finalement à cette question: Pourquoi je vis ? Quel est mon identité, le sens de mon existence juive !

Roch-Hachana et Yom Kippour sont là chaque année pour nous aider dans notre quête d'identité en tant qu'homme et en tant que juif.

Sur le frontispice du temple de Delphes, le plus fameux sanctuaire du paganisme, il y avait cette parole que Socrate répétait volontiers à ses disciples: "Connais-toi toi-même". Amener l'homme à se connaître lui-même, à rechercher d'où il vient, ce qu'il est, où il va, tel est le but que, bien avant Delphes et Socrate, le judaïsme voulait atteindre, en ordonnant les Yamim Noraïm, les fêtes austères de Roch-Hachana et de Yom Kippour.

Tel est l'enseignement toujours actuel que nous apporte la fête de Roch-Hachana et puissions-nous l'approfondir pour notre bien intérieur et notre amélioration morale.

Claude Layani

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi