artiste peintre juif :Walter Lewy et les mythes

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walter_lewy artiste peintre juif

Walter Lewy et les mythes

Walter Lewy (1905-1995) fit un peintre brésilien à l’âme de chevalier. Il eut toujours soif de l’Aventure artistique surréaliste non sans craintes et crises, avec ses gouts, ses rejets, ses peurs de mal faire et le courage de continuer un parcours qui se calque sur celui de la peinture surréaliste européenne dont elle est le double - et non la copie. Derrière sa vie de reclus demeure la quête du Graal du XXème siècle.

En Europe une telle œuvre demeure cachée même si depuis quelques années Martin Vaskou la fait vivre. S’y propage pourtant une chanson de gestes mâtinée de science-fiction.

Refusant de sacrifier les légendes il en a inventé de nouvelles avec orgueil pour toujours reprendre les armes et retrouver la direction du vol de l’oiseau : corbeau blanc, chouette diurne, qu’importe. Walter Lewy a donc passé les frontières du temps avec idéalisme et dans la solitude pour se lancer encore et encore sur la route.

Dans son œuvre lorsqu’une image se désagrège c’est pour renouveler sa promesse comme une vieille mère qui jaillirait d’une pierre tombale. Chez lui les revenants séparent des images connues avec déchirures et sutures de clarté noire.

Dans chaque œuvre il y a la maison de l'être enfoncée plus bas que terre mais autant élevée au-dessus les herbes en feu sur de collines inspirées.

Clone de Pindare dans son Pinder personnel il assaisonna la samba comme le Léthé ainsi que le monde dur de la réalité brésilienne. Dans ses peintures anges et démons ne se diffusent plus à la pelle. Pas besoin d’en rouler des cargaisons. La spermatogénèse plastique de dédouana de celle qu’elle était avant lui. Ayant retenu la leçon de Duchamp ses œuvres mouillèrent dans des ports inconnus où la joie demeure même si elle n’est pas uniquement joie et la douleur, douleur.

En une telle œuvre les cycles font un écart. Les vieux évangiles ne se ferment plus en cercle, Œdipe et autres personnages légendaires vivent non sous la mère mais en sauts d’homme et go more. Avec une foi de charbonnier en sa peinture, insensible aux seuls bruits du temps Walter Lewy n’a pas pour autant pratiqué une culture d’égo. Il ne se réfugia jamais en lui-même mais voulut embrasser le monde et en se refusant d’en être que la mélancolie. Sa peinture mord le futur, cherche des asiles de lumière. Et l’on se doute que si Steve et Chiara Rosemblum avait connu le peintre ils l’auraient sans doute accroché à leur cimaise. Car son art témoigne de bien des rêves et du chaos.

L’œuvre est marquée par le sceau de chorégraphies volontairement bancales colorées d'objets en dérivation qui échappent au sein même du chaomorphisme à une vision délétère du monde. Le peintre brésilien préféra au sombre et au cataclysmique une violence moqueuse, pleine d’alacrité. Elle atteint une puissance qui ose la beauté où des figures sont transformées en d’autres figures par un « upcycling » qui met à mal la fermeté du monde avec ses catégories et ses certitudes acquises.

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