Ecrivain juif : Jean-Claude Silbermann

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Jean-Claude Silbermannn Jean-Claude Silbermann, L’étroit chemin du large,

Sur-vivance du surréalisme : Jean-Claude Silbermannn

Jean-Claude Silbermann, L’étroit chemin du large, RDLA, Villeurbanne, 2015, 15 E., « Langue de chat » même éditeur.

Chez Jean-Claude Silbermann les mots fusent afin que surgissent souvent l'abandon programmé du logos, l'absence, la nécessaire absence, l’éclatement retenu d’une combustion intime, une adhérence étroite mais aussi la perte d'un contrôle.

Il fait sentir des présences où la terre est fertile, où la terre est sauvage. Mais très vite ces attributs n’ont plus de sens. Nous sentons une présence. C’est tout.

Elle n’a rien de forcée. Les mots font donc bien plus que proposer « du » discours.
Sur eux on ne peut mettre d’images puisqu’ils ne sont pas fait pour ça. Ils sont là pour pénétrer d’une manière moins discursive au sein du secret du monde. Ils nous mettent en répons en nous faisant voir d’étranges radiations et atteindre d’autres gradients

Surréaliste « attardé » (mais en rien demeuré) Jean-Claude Silbermann a participé aux activités du groupe surréaliste de 1958 à 1969 et commença à peindre des « enseignes » en 1962 après avoir découvert la silhouette en bois d’un porteur de menu devant un restaurant.

Il double son activité de peintre par celle de « poète ». « L’étroit chemin du Large » et « Langue de chat » permettent de découvrir ou redécouvrir une œuvre majeure.

Le premier des deux livres est défini ainsi par l’éditeur : « ces écrits imposent de nouer solidement les lacets de ses chaussures avant de prendre un chemin si chaotique qu’une chute due à un défaut de laçage laisserait le lecteur désemparé, dans un délaissement dont nous déclinons par avance toute responsabilité »

La voix du monde sort des mots de Silbermann mais de manière plus naïve et sourde. Plus profondes. Car ses mots sont dégagés de toute « intention » rationnelle. Ils font de la pensée ardente par l’inconscient qui préside à leur naissance.

Il faut accepter leur périple comme une dérive sans réponse. Juste la sensation. Rien que ce voyage, ce retour sans l'aller. Vagues de vagues en un détour(nement). Entre, par les mots : les émotions. Quelque chose a lieu.

La recherche d'un centre à peine perceptible. Le balancement. La berceuse. C'est là et ça insiste. La poésie fait ce que les images ne font pas qui ramène à un monde inédit ou plutôt premier qui ramène à la question : Qu’était le monde avant le langage ?

Jean-Paul Gavard-Perret

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