Le monde arabe contre Charlie

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Depuis les attentats de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, qui ont plongé la France dans l'horreur et la barbarie la plus extrême, des manifestations anti-charlie ne cessent de proliférer. François Hollande a même déclaré hier que la France n'"insultait personne" quand elle défendait ses "idées", évoquant les manifestations à travers le monde contre le dessin de Mahomet publié à la Une du dernier Charlie Hebdo.

 

Retour sur les divers incidents et les manifestations anti-charlie

Niger

Une manifestation violente anti Charlie Hebdo était en cours samedi dernier près de la grande mosquée de Niamey au Niger. La police a tiré des gaz lacrymogènes tandis que des pierres étaient lancées sur les forces de l'ordre. Deux églises ont été incendiées.

Plus d'un millier de jeunes s'étaient réunis devant la mosquée, malgré l'interdiction, pour protester contre la publication de la caricature de Mahomet en Une de Charlie Hebdo. Les policiers anti-émeute ont tenté de disperser la foule à coup de gaz lacrymogènes.

"A bas la France", "A bas les tricolores français" ou encore "A bas Charlie Hebdo" étaient scandés par les manifestants.

La police a été la première visée: jets de pierres, 4X4 brûlés et pneus en flamme jetés dans un commissariat à proximité de la grande mosquée. "On va tout casser. Nous protégeons notre prophète. Nous allons le défendre au péril de notre sang", criait un manifestant.

La veille, des émeutes à Zinder, deuxième ville du Niger, avaient fait quatre morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo. Le Centre culturel franco-nigérien a également été incendié et trois églises saccagées.

Les deux jours de manifestation au Niger ont fait 10 morts et 173 blessés: le gouvernement a annoncé hier un deuil nationnal de 3 jours en mémoire des victimes des émeutes...

Iran
Plus de 2000 personnes ont manifesté aux abords de l'ambassade de France à Téhéran contre la publication du dessin de Charlie Hebdo. Les manifestants scandaient «Mort à la France», «Mort à Israël» et «Nous aimons le prophète».

Pakistan
Environ 250 militantes de Jamaat-e-Islami, un des principaux partis islamistes du pays, ont scandé «Mort à la France», «Mort à Charlie Hebdo» et appelé à l'expulsion de l'ambassadeur de France lors de nouvelles manifestations lundi à Peshawar.

Afghanistan

500 à 600 manifestants en colère contre la publication d'une caricature du prophète, ont défilé lundi à Jalalabad, et ont brûlé un drapeau français en criant «mort à la France».

Tchétchénie

Hier, des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Grozny, capitale de la Tchétchénie, contre la publication de caricatures du prophète Mahomet, elles scandaient «Allah Akbar». Le gouvernement russe parle de plus de 800 000 manifestants.

Corse

Ce week-end, un drapeau français accroché au fronton d'une école maternelle d'Ajaccio a été brûlé et remplacé par un drapeau marocain.

Gaza 

Hier, 200 islamistes radicaux ont défilé à Gaza, brûlant le drapeau français et menaçant de s'en prendre aux Français à cause de la nouvelle caricature du prophète Mahomet. «Français, dégagez de Gaza ou nous vous égorgerons», ont scandé les hommes devant le Centre culturel français.

Qu'en pense François Hollande?

"Nous n'insultons personne lorsque nous défendons nos idées, lorsque nous proclamons la liberté, au contraire, nous respectons toutes celles et tous ceux à qui nos idées s'adressent pour les faire partager", a lancé le chef de l'Etat, à l'occasion du 70e anniversaire de l'Agence France-Presse.

"La France ne fait pas de leçon, à aucun pays, mais la France n'accepte aucune intolérance" et "le drapeau français, c'est toujours celui de la liberté", a-t-il déclaré.

Selon lui, les journalistes de Charlie Hebdo voulaient "tout simplement que leur impertinence, leur insolence soient comprises comme une forme de tolérance et de respect pour toutes les croyances".

La liberté d'expression est "une valeur universelle". Le président a affirmé qu'il ne s'agissait pas "de dicter aux autres ce qu'ils doivent penser mais simplement de faire respecter ce qui est pensé, ce qui est exprimé, ce qui est dit librement".

L'anniversaire des 70 ans de l'AFP a réuni plusieurs centaines de personnes au palais Brongniart, face à l'Agence France Presse.

"Tous les personnages qu'a dessiné Charlie sont là, c'est la preuve que Charlie vit", a lancé Gérard Biard, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo.

Caroline Haïat

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