Artiste juive : Claude Cahun l’une et la multiple

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Claude Cahun auto-portrait artiste photographe juive

Claude Cahun : l’une et la multiple
Les photographies (autoportraits) de Claude Cahun posent la question de l’identité et du genre (qui actuellement fait râler les imbéciles adorateurs du seul binaire).

Avec l’artiste - même si elle n’est ni Brassai ni Man Ray - le genre n’est pas un mur mais une porte à double battants. Le corps est une voie d’accès à l’autre en lui-même.

Il est comme un peuple en lutte. Il sort, il se replie, se grime pour se retrouver dans ses dédoublements de « nature ». Il a parfois envie de se recommencer et parfois de se finir.

Les photographies de l’artiste le remettent au monde au besoin en le « déguisant » pour que le réel s’ouvre et qu’il avance autrement qu’à tâtons.

Claude Cahun en cultive l’altérité et prouve que ce n’est pas un vice d’en posséder un qui se multiplie et dont les ombres sont aussi des lumières.

On entre alors dans sa peau par divers sillons et passes. Le corps devient est « Cielle et Lyeuse » (Faye), érige une passerelle reliant le physique au mythique réinvente dans la courbure de la nuit l’attente du jour.
Certes à mesure que le temps passait et que l’Histoire faisait ses sales coups l’artiste eut parfois plus l’impression de fermer un chemin que de l’ouvrir.

Elle eut longtemps l`impression de chevaucher entre un temps déjà disparu et un autre pas encore accouché. Entre une humanité qui n`existait plus et une autre qui n`avait pas encore vu la lumière du jour elle ne caressa plus l'espoir d'établir un pont, une espèce de ligne de corps tendue entre passé- futur.

L’artiste aimait encore la vie mais n´éprouvait plus d`espoir. Il n’y avait pas là que de la tragédie (elle était passée, du moins l’une d’entre elles) mais une affirmation voire une notion fabuleuse de liberté, de décompression. Preuve que l’œuvre marchait encore devant sa créatrice pour l’anticiper encore et malgré tout.
Jean-Paul Gavard-Perret

 

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