Un juif de Belgique dans la Shoah

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Le devoir de mémoire - se souvenir et publier tout ce qui se rapporte à la Shoah - ne peut évidemment être assumé que par les survivants et leurs descendants. La plupart des victimes sont mortes en silence. Rare, parmi les Six millions sont ceux qui ont laissé des texte posthumes. Charles Wulfowicz est l'un d'entre eux et son récit autobiographique, Les 39 de la baraque C37, paraît cinquante-cinq ans après les événement, vingt ans après sa mort (3).
 
Charles Wulfowicz a vécu la migration d'est en ouest, caractéristique de millions de juifs d'Europe, depuis Minsk-Mozowiecki en Pologne, vers Braunschweig en Allemagne, puis vers Bruxelles. Ses problèmes d'adaptation et d'ascension professionnelle et sociale ont été ceux de tous. Surpris par la guerre an mai 1940, il aboutit en France, dans une nouvelle migration avec l'exode des Belges, cette France de l'armistice et de la collaboration où le sort kafkaïen des juifs se termine souvent à Drancy.
 
Charles Wulfowicz, lui, a échappé à la mort. Mais il se retrouve interné au camp du Vernet où Vichy parquait à la fois des rescapés de l'Espagne républicaine, des nazis allemands, des militants anti-nazis, des juifs étrangers, et pour d'obscurs motifs. L'auteur nous fait revivre l'oisiveté, la saleté, la promiscuité, la faim, le désespoir de ceux de la "baraque C37" du Vernet, puis l'existence, plus souriante du camp de transit des Milles, où des étrangers en instance d'émigration travaillent, à coups de "pots de vin" et d'astuce, à se procurer des visas pour le monde libre.
 
La scène se déplace souvent. Nous sommes à Bruxelles, où Charles a vécu de longs mois, avec sa femme, son beau-frère et sa belle-mère, cloîtrés dans une mansarde. A Vichy, où sa femme Jetti, une sorte de "battante" qui fonce avec témérité et "toupet", assiège les autorités pour tenter d'arracher son mari à leurs griffes. A Grenoble , où les Wulfowicz, enfin réunis,vivent sous un nom d'emprunt, grâce à des faux papiers que leur ont procuré de jeunes résistants du MJS (le mouvement de la jeunesse sioniste) . Une vie quotidienne où tous les juifs survivants se reconnaîtront, "une source d'inspiration pour ceux qui n'ont pas vécu cette époque" , comme l'écrit Jetti.
 
Le livre est préfacé par Maxime Steinberg qui situe les événements dans le contexte historique du temps.
 
Paul GINIEWSKI
 
 
1.Uri Milstein, History of the the War of Independance, Vol. I, a Nation Girds for War, University Press of America, 4720 Boston Way, Lanham, Maryland 20706, USA.3 Henrietta Street, London, Wc2E 8LU, England, 1996.
2.Uri Milstein, History of Israel's War Of Independance, vol II, The first Month, University Press of America, 1997 (12 Hid's Copse Rd. Cummor Hill, Exford 0X2 9JJ. )
3.Charles Wulfowicz, Les 39 de la baraque C37, Editions du Tricorne, 14 rue Lissignol, 1201 Genève.

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