Interview exclusive de Frédéric Zeitoun, L'histoire enchantée du petit juif à roulettes

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C’est avec beaucoup d'humour et autant de dérision que Frédéric Zeitoun a choisi de parler de sa vie. Handicapé de naissance, c’est avec son fauteuil qu’il affronte son destin en décrivant son parcours. Parolier des plus grands de Frédéric François, Charles Aznavour, Enrico Macias,… chroniqueur culturel sur France2 , sur la chaine culte Mélody,  comédien même, Jacques Martin lui offre sa première télé,… 


Aujourd'hui, il a choisi de mettre en scène sa différence dans un spectacle musical présenté au Théâtre du Petit Hébertot (fort du succès de l'an dernier à la Gaité Montparnasse) à Paris les Samedis à 16h, et les dimanches à 19h30 dans une mise en scène d'Alain Sachs (avec une halte dans les prochains jours en Israël). Pour Frédéric Zeitoun, "La vie va comme sur des roulettes. Je me fous de ceux qui me mettent des bâtons dans les roues ; et dans nos villes inaccessibles parfois, j’envie, oui c’est possible, le Passe-Partout de Fort Boyard, car moi c’est plutôt passe nulle part". Interview

L.B: Durant toute la pièce y règne une certaine gaité; vous paraissez être quelqu'un de très optimiste dans la vie. Vrai?

Frédéric Zeitoun: Vous savez, je suis un peu comme tout le monde avec mes propres périodes de doutes et de chagrins; c'est d'ailleurs un peu ce que dit ce spectacle: on est ni plus ni moins que les autres, à la différence que l'on est sur-handicapés aux regards des autres justement. Oui je suis un optimiste, comme j'aurai bien pu être un pessimiste sur mes deux jambes. Mais, ça n'est pas le fauteuil qui m'a rendu positif. Maintenant, il est vrai que je garde le sourire et l'humour surtout tout en criant ma colère. On n'est pas là pour prendre les gens en otages. Ça reste un minimum de politesse que de rester poli en vers les gens qui viennent me voir.

L.B: Parlons un peu d'humour, si vous le voulez bien, puisque c'est tout de même le fil rouge de la pièce et dans votre vie.

Frédéric Zeitoun: Il y en a tout le temps. C'est même la première façon d'avancer. Si l'on n'a pas d'humour sur soit, c'est carrément triste. De l'humour sur les handicapés, c'est de l'humour tout court: quand je dis: "pendant que le téléthon est alors diffusé et qu'une chaine concurrente propose l'élection de Miss France, chaque chaine possède ses handicapés...", ce ne sont pas ces derniers qui en prennent un coup! (Rires) Du coup, on peut plus ou moins rire de tout. Ca dépend maintenant. Si le rire n'est que du rire et non de l'agressivité et fait même réfléchir, alors oui. Si le rire c'est de l'insulte, je réponds non!

L.B: La musique, c'est votre vie. Quelles sont les prémices de cette passion?

Frédéric Zeitoun: Certaines personnes ont la chance d'avoir de grandes passions, personnellement, je suis "tombé dans la marmite" depuis tout petit. J'ai toujours eu envie de chanter et d'écrire surtout et d'en faire mon métier (Frédéric François, Charles Aznavour, Louis Bertignac, ZAZ et Marc Fichel récemment, NDLR). L'histoire enchantée du petit juif à roulettes est mon deuxième spectacle, entièrement autobiographique, alors que le premier ne traitait que de chansons. Mais, en effet, le fil directeur de ma vie reste la chanson. 


Peut-être parce que le poste de radio était constamment allumé à la maison, ce qui émanait cette espèce de joie gracieuse dans les quatre coins de la maison. C'est d'ailleurs cette joie que l'on a envie aujourd'hui de perpétrer! Je décris certes ces années formidables, où l'on n'avait pas un rond. Où en arrivant en France, mes parents découvraient le froid, la neige, l'usine, après avoir connu le soleil de la Tunisie. C'était un peu du Zola!  Et malgré tout cela, une certaine joie de vivre régnait à la maison.    

L.B: Et s'il n'y avait pas la musique et les chansons, auriez-vous continué le chemin du Droit?

Frédéric Zeitoun: C'était une façon, une nouvelle fois comme je le dis dans la pièce, pour rassurer ma famille! (rires) J'en avais rien à faire totalement du Droit. Ayant fait pourtant un DESS, je me suis éventuellement passionné pour la dernière année, puisque je m'étais spécialisé dans les droits d'auteur, donc un lien indirect avec la musique.

L.B: Es-ce-que le petit juif à roulettes est quelqu'un de pratiquant point de vue religion? En tout cas, visiblement les vendredis soirs étaient sacrés chez vous.

Frédéric Zeitoun: Mon judaïsme est beaucoup plus culturel que cultuel – chose que j'essaie de transmettre à mon petit garçon aujourd'hui; Être juif, pour moi c'est avant tout une culture et une façon d'être! Traditionaliste dans l'âme, ce qui me plait le plus reste ces grandes tables, ces engueulades sur les mêmes sujets, les fausses fâcheries, tout ceci les vendredis soirs. Sacrés à part entière, encore aujourd'hui! Le plus beau compliment qu'on ait pu me faire à ce sujet revient lorsqu'une dame qui venait tout droit de sa Bretagne pour voir la pièce et me racontait que chez elle cela se passait les dimanches midis. Comme quoi, n'importe qui peut se retrouver dans mon histoire!

L.B: Israël, c'est pour bientôt? Une première pour vous?

Frédéric Zeitoun: Ça m'excite de partir jouer là-bas. Tout d'abord et simplement parce que c'est Israël! Et puis, j'y ai beaucoup d'amis et de famille surtout, principalement sur Tel Aviv. D'ailleurs, certains d'entre eux ne pouvaient pas se déplacer, du coup, on va le faire à domicile! Pratique, non?


Laurent Bartoleschi


 

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