Le 02/01/07,Disparition de Teddy Kollek, l'un des grands bâtisseurs de Jérusalem

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   Disparition de Teddy Kollek, l'un des grands bâtisseurs de Jérusalem

m.jpgJERUSALEM, le 02/01/07- Teddy Kollek, décédé mardi à l'âge de 95 ans, a été le maire de Jérusalem durant près de 30 ans (1965-1993), imposant sa marque à la ville sainte dont il restera, pour les Israéliens, l'un des grands bâtisseurs.

"Jérusalem n'avait pas connu de plus grand bâtisseur depuis le roi Hérode (bâtisseur du second Temple juif au 1er siècle de l'ère chrétienne)", a affirmé l'ancien président du Parlement israélien, Reuven Rivlin.

Teddy Kollek, grande figure du parti travailliste, avait su présider avec doigté les destinées d'une ville qu'il voulait unie sous le drapeau israélien, en dépit des passions nationales et religieuses qui la déchirent.

Par son pragmatisme et son sens de la diplomatie, il avait renforcé la présence juive dans la partiem2.jpg orientale de la ville, annexée officiellement en 1980 par Israël, tout en assurant avoir ménagé les susceptibilités de la population arabe. De petite taille, l'allure énergique, se battant toujours avec une mèche rebelle, Théodore Kollek de son vrai nom, est né en 1911 près de Budapest, dans une famille bourgeoise juive et a grandi à Vienne, dont il gardera toujours l'accent traînant dans son hébreux rocailleux. En 1935, il émigre dans la Palestine sous mandat britannique.

Lors de la guerre israélo-arabe qui suit la création d'Israël en 1948, il achète des armes pour la Haganah, noyau de l'armée de l'Etat hébreu, notamment aux Etats-Unis. Après la création d'Israël, il est nommé ministre plénipotentiaire à Washington, puis chef de cabinet du Premier ministre David Ben Gourion, dont il restera un proche collaborateur. Elu maire de Jérusalem-ouest en 1965, la partie orientale faisant partie du royaume jordanien, il se retrouve, après la guerre de 1967, à la tête d'une ville "réunifiée" de facto, suite à la conquête de la partie orientale par l'armée israélienne.

Travailleur infatigable, Teddy Kollek développera la cité, décrétée en 1980 capitale "éternelle d'Israël" mais non reconnue par la communauté internationale. Sous son impulsion, Jérusalem connaîtra un développement spectaculaire: de nouveaux quartiers d'habitations juifs seront notamment construits sur les collines qui surplombent Jérusalem-est. De 1967 à 1990, la population juive passera de 200.000 à plus de 350.0000 habitants. La population arabe augmentera dans les mêmes proportions pour atteindre 150.000 personnes. Teddy Kollek a tout fait pour donner à Jérusalem, raillée pour son provincialisme par rapport à Tel-Aviv, l'aspect d'une capitale moderne, tout en respectant son héritage historique: des quartiers anciens ont été rénovés, un musée national construit, des jardins plantés et un réseau routier mis en place.

Pour lui, Jérusalem ne devait pas être seulement une "ville sainte" mais une cité où il ferait bon vivre. Malgré l'opposition des ultra-orthodoxes, il imposera ainsi la construction d'un stade et l'ouverture des cinémas, le vendredi soir, jour du shabbat. Il a souvent accusé les autorités de provoquer inutilement la population palestinienne ou l'opinion internationale et a dénoncé les actions d'extrémistes qui proclamaient leur intention de "judaïser" les quartiers musulmans et chrétiens de la vieille ville. Le Premier ministre Ehud Olmert, qui lui a succédé en 1993 à la tête de la ville, a salué la disparition de "l'un des pères fondateurs d'Israël (...) qui a fait rayonner dans le monde le nom de Jérusalem". Teddy Kollek était marié et père de deux enfants, dont le cinéaste Amos Kollek.



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