Sa vie est un roman...Roman Polanski Vie et destin de l'artiste

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romanpolanski.jpg(Ed. Philippe Rey) de Florence Colombani
Roman Polanski Vie et destin de l'artiste
Sa vie est un roman...

Emaillé de drames et de scandales, Roman Polanski reste un cinéaste brillant et cosmopolite; c'est ce que nous confirme Florence Colombani dans cet ouvrage (disponible aux Editions Philippe Rey). S'adaptant à toutes les situations, abordant tous les genres avec une égale aisance, du film d'épouvante (Rosemary's Baby) à la parodie (Le Bal des Vampires) du film noir (Chinatown) en passant par le (faux) thriller parano (Frantic, Le Locataire, et tout récemment The Ghost writer…) pour arriver au drame historique du Pianiste en 2002; Polanski a tourné en France, comme à Londres et à Hollywood.

Mais ce qui le particularise, c'est (malheureusement) son existence hors normes, son parcours très médiatisé, jalonné de succès artistiques et de fais divers. "Parce que sa vie est un destin, on oublie vite l'artiste", dit l'auteure. En près de cinquante ans de carrière, il a tout de même bâti une œuvre colossale et singulière dans laquelle passent les traumatismes d'une génération marquée par l'Holocauste.

En effet, l'horreur qui marque sa prime jeunesse représente une des clés de son univers cinématographique. "La Shoah, bien sûr: deux ans dans le ghetto de Cracovie; une mère, Bula, morte à Auschwitz; un père, Ryszard, déporté à Mauthausen; une enfance qui n'en est pas une, passée à fuir la persécution à la ville et à se cacher…". Juif, il est avant tout polonais, produit typique et exemplaire de la culture des années 50, formé à la grande école de cinéma à Lodz. Ce qui resurgit régulièrement dans sa filmographie, un mélange d'humour cynique, de perversité et de fatalisme, représente les caractéristiques de ses compagnons de route.

Des collaborateurs, il en est question dans le livre où Florence Colombani a réalisé une série d'entretiens pour France Culture: on y trouve un de ses comédiens, Peter "Oscar" Coyote, qui revient pour notre plus grand plaisir sur les moments partagés sur le tournage de Lunes de Fiel; l'un de ses cameramen Pawel Edelman, mais aussi un entretien exclusif de T. Jakubowicz, le président de la communauté juive de Cracovie, qui nous explique notamment, comment la famille de Roman est passée du nom de Liebling à Polanski. Après une telle lecture, quoi de bon de se refaire toute l'œuvre du génie, afin d'y décrypter tout l'art du huis clos. Yann Moïx affirmait dans son ouvrage La Meute (Ed. Grasset), "Polanski tournait des films, tandis que son arrestation tournait autour de lui tel un vautour". Tout ceci explique pourquoi la majeure partie de ses films était basée sur l'enferment.

Laurent Bartoleschi

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