Unanimité pour mieux enseigner la Shoah, mais sans les parrainages souhaités par Sarkozy

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PARIS ,le 28/02/08 - Le souhait de Nicolas Sarkozy que tous les élèves de CM2 se voient "confier la mémoire" d'un enfant mort durant la Shoah a été abandonné mercredi au profit de pistes pédagogiques à élaborer, selon des participants à une rencontre au ministère de l'Education sur le sujet.

Tous les participants au tour de table - Simone Veil, Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann mais aussi les représentants d'institutions engagées dans la transmission de la mémoire de la Shoah - ont convenu "unanimement" de l'importance de mieux enseigner cette période sombre de l'Histoire.

Le parrainage était "enterré avant même qu'on se réunisse, ce n'était pas praticable car il y a 11.400 enfants juifs de France et 600.000 élèves en CM2", a argumenté l'historien et cinéaste Claude Lanzmann, pour qui cette idée était "partie d'une sincère émotion du président".

M. Sarkozy l'avait lancé le 13 février lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), provoquant un tollé des enseignants, parents d'élèves, psychologues et même de personnalités comme Mme Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée.

Dès lors, le gouvernement a entrepris une marche arrière, annonçant d'abord une "mission pédagogique" confiée à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la maison des enfants d'Izieu, puis en évoquant la possibilité d'un parrainage par classe, avant finalement d'aboutir à un projet pédagogique.

Le "principal objectif" de Mme Waysbord-Loing est de "faciliter la compréhension de la période de l'occupation et de l'extermination", écrit le Xavier Darcos (Education), dans sa lettre de mission.

Ce travail "comportera une dimension européenne et contribuera à l'apprentisage des valeurs de la République et de la responsabilité individuelle", ajoute-t-il.

A l'issue de la réunion, M. Darcos a souligné que le chef de l'Etat avait "donné une direction juste, que, d'ailleurs, au fond, personne ne discute dans ses intentions".

Mme Veil a plaidé pour des travaux en petits groupes d'élèves, "non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation, dans telle ville".

"Il y a la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs" enseignant la Shoah depuis 2002 en primaire, a-t-elle insisté.

Pour Mme Waysbord-Loing, qui va faire des propositions d'ici deux mois, "il ne faut pas faire de la commémoration, du rituel, parce que l'école n'est pas le lieu de cela". Pour elle, la nouveauté sera "la mise à disposition de documents de référence et d'un inventaire de toutes les sources disponibles" pour parler de la Shoah.

"L'important, c'est l'initiative du président parce que, sans cela, il n'y aurait pas eu d'adaptation pédagogique", a affirmé Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France.

"Dans quelques années, la France sera le seul pays au monde où on se souviendra des enfants juifs déportés", a-t-il pronostiqué.

"C'était une excellente réunion parce que tous les participants, dont certains avaient réagi très violemment, se sont mis d'accord sur la façon de décliner cette proposition", a estimé Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

"Transmettre la mémoire de la Shoah, c'est se souvenir qu'une société peut potentiellement se transformer en une société de bourreaux. Pour cette raison, il faut lutter ardemment contre le racisme et l'antisémitisme", a jugé Raphaël Haddad (Union des étudiants juifs de France).

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