Rafle du Vel d'Hiv : trois générations plus tard, les Lillois se souviennent

Non classé - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Article paru dans "Nordeclair"

Le souvenir des crimes nazis est toujours insoutenable pour la communauté israélite. Il est encore difficile aujourd'hui pour eux d'expliquer l'inexplicable. Le souvenir des crimes nazis est toujours insoutenable pour la communauté israélite. Il est encore difficile aujourd'hui pour eux d'expliquer l'inexplicable.

Hier, au pied de la Noble Tour, bon nombre d'anciens combattants se sont souvenus du terrible sort réservé aux Juifs de France durant le IIIe Reich. Un acte de mémoire.

« Les années passent et les quelques survivants de cette terrible époque disparaissent jour après jour » raconte, devant un parterre d'anciens combattants français, le président de l'association des israélites de Lille, Jean-Claude Komar.
C'est précisément pour ne pas oublier les victimes de l'Allemagne nazie et les résistants français que se donnait hier, une cérémonie du souvenir.

Douloureuse, amère, apocalyptique réalité de l'histoire de France (lire ci-dessous). Dans l'assemblée, les mines sont graves, des larmes coulent sur certaines joues.

Deux tiers des Juifs de France sauvés par les Justes

Difficile pour ce pays des Droits de l'Homme d'oublier un passé si désastreux. Néanmoins, une once de fierté, et non des moindres, occulte quelque peu cette tragédie : celle des Justes de France qui ont résisté au régime collaborationniste. « Ils ont permis aux deux tiers des Juifs de France de survivre. C'est un pourcentage unique parmi les pays occupés qui ont vu partir en fumée jusqu'à 95 % de leur population juive. » Une reconnaissance éternelle lie, depuis près de soixante-dix ans, les Juifs de France et les Justes, ces « héros de l'ombre ». Preuve que le maréchal Pétain n'est pas parvenu à gangréner tout un peuple.
Les connaissances de l'Histoire ont pour vocation de ne pas reproduire les erreurs du passé. Pourtant, Jean-Claude Komar dénonce les défaillances actuelles de la politique internationale : « Il ne faut pas oublier qu'il y a un an, le jour symbolique du Yom Hashoah (jour de commémoration de l'Holocauste, ndlr), la lâcheté internationale a abouti à l'impensable. Un dirigeant iranien négationniste et antisémite a alors pris la parole devant l'assemblée des nations, dans le cadre du Conseil des Droits de l'Homme » s'indigne-t-il avant d'ajouter : « Nous avons l'impression que la même scène se joue, d'une façon différente, sans aucune réaction. »

Deux questions frappaient hier, telles des coups de poignard en plein coeur : comment expliquer aux enfants les actes de barbarie accomplis dans les camps nazis ? Pourquoi la France a-t-elle perdu de sa superbe sous le régime de Vichy ? Il est encore difficile pour certains d'évoquer leur histoire. Malgré tout, grâce à cette commémoration, l'effroyable passé n'est pas laissé en proie à l'oubli.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi