Nicolas Sarkozy a remis à Hosni Moubarak un fragment de fresque égyptien

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Le président de la République Nicolas Sarkozy a symboliquement remis lundi à son homologue égyptien Hosni Moubarak un fragment de fresque issu d'un tombeau égyptien, actuellement propriété du musée du Louvre, les quatre autres ayant été directement remis à l'ambassade d'Egypte, a-t-on annoncé à l'Elysée. 

Le raïs n'a fait aucune déclaration à l'issue de ce déjeuner de travail, consacré notamment à la paix au Proche-Orient et au sommet sur le climat de Copenhague, selon l'Elysée.

Les deux présidents "ont exprimé leur grande préoccupation face à l'impasse actuelle" des négociations entre Israël et ses voisins arabes.

Ils ont "estimé qu'une perspective politique devait être donnée rapidement afin que les négociations entre Israéliens et Palestiniens reprennent et qu'un règlement soit obtenu en 2010 (...) afin que soit créé un Etat palestinien, viable, indépendant, démocratique et souverain, vivant en paix et en sécurité aux côtés d'Israël dans des frontières sûres et reconnues", ajoute un communiqué de la présidence française.

Les cinq fragments de peinture murale de la tombe du prince Tetiky, de la XVIIIe dynastie, rendus lundi à l'Egypte, avaient été acquis par le Louvre en 2000 et 2003. En novembre 2008, le Conseil suprême des antiquités égyptiennes avait saisi le ministère français de la Culture d'une demande de restitution.

Le ministère précisait à l'époque que ces fragments avaient été "acquis de bonne foi" par le musée. "Ce n'est qu'en novembre 2008, à la suite de la redécouverte par les archéologues de la tombe dont ces fresques semblent provenir, que des doutes sérieux sont nés sur la légalité de leur sortie du territoire égyptien", ajoutait le ministère.

Le 9 octobre dernier, la commission scientifique nationale des musées de France, réunie par le ministre, a émis à l'unanimité, un avis favorable au déclassement des oeuvres. Frédéric Mitterrand a ensuite suivi cette avis et décidé de signer l'arrêté qui permet à ces fragments de réintégrer leur lieu d'origine.

Le Conseil des antiquités égyptiennes avait annoncé deux jours auparavant la rupture de ses relations avec le Louvre, arguant du refus de l'établissement français de restituer ces pièces.

"Ce transfert témoigne de la volonté de la France de lutter, dans le cadre des conventions internationales en vigueur, contre le trafic illicite des biens culturels, dont elle est elle-même victime, et de l'excellence de la coopération franco-égyptienne dans le domaine de l'archéologie", s'est félicité le ministère de la Culture dans un communiqué.

La France a ratifié en 1997 la Convention ad hoc de l'UNESCO, et depuis cette date "s'interdit d'intégrer aux collections nationales des oeuvres illégalement exportées de leurs pays d'origine".

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