Montpellier. Écusson : Fouilles prometteuses à la synagogue médiévale

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MEDIE.jpgArticle paru dans "Midi-libre"

MÉMOIRE : Depuis plus d'un an, des archéologues auscultent les murs qui entourent le mikvé, le bain rituel juif

Campagnes de fouilles... Philippe Saurel, l'adjoint délégué à l'urbanisme, a eu beau tempêter (un peu) et asséner un « non, il n'y a pas de trésors à la synagogue malgré toutes les rumeurs qui circulent ! », lors du dernier conseil municipal, il n'empêche. Bien sûr que la 2 e campagne de fouilles archéologiques de l'immeuble de la rue de la Barralerie, dirigée par l'équipe du Lamm (Laboratoire d'archéologie médiévale méditerranéenne), s'est montrée des plus fructueuses.
Un vrai eldorado même que ces murs désormais décroûtés qui abritent le mikvé, le bain rituel juif daté des XII-XIII e siècles... en tout cas aux yeux de ces fins limiers des temps passés. « L'étude suit la piste de l'existence présumée, dans ce secteur de la ville, d'un complexe hébraïque du XIII e , avec synagogue,
maison de l'aumône... » , distille Andréas Hartmann-Virnich, l'un des trois spécialistes en archéologie médiévale qui auscultent à la loupe le bâtiment.
Deux techniques leur ont été nécessaires : l'une s'est occupée de l'archéologie du bâti, grâce notamment à l'utilisation d'un tachéomètre laser, « qui donne une précision à 0,5 mm et offre une vision photographique millimétrique parfaite ». De quoi lire une architecture apparemment gigantesque, « avec des arcs complexes, à la fois axiaux et diagonaux. L'ensemble du bâtiment devait être monumental, mais identité, fonction et destination restent à déterminer », tempère l'archéologue.
L'autre technique consistait en des sondages ciblés et l'un d'eux a révélé l'existence d'une trappe sur la voûte du mikvé. « C'est vraiment un détail inédit de l'architecture hébraïque », poursuit Andréas Hartmann. « Peut-être servait-elle à cashériser la vaisselle, à la rendre licite », glisse Michaël Iancu, le directeur de l'institut universitaire Maïmonide. « Une découverte passionnante, car ce bouchon était invisible depuis la fin du XIII e siècle jusqu'à aujourd'hui. » L'ensemble synagogal a permis des avancées, mais il lui reste encore bien des secrets à dévoiler. « De quoi motiver une 3 e campagne de fouilles, c'est certain » pour Philippe Saurel. Et mettre la main sur l'Histoire. Photos Bruno CAMPELS

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