Le criminel était-il vraiment fou ?

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SELLAM.jpgArticle paru dans "Ouest-france"

La loi permet désormais d'entendre publiquement des gens jugés irresponsables. Comme Adel Amastaibou, meurtrier de son voisin.
Aujourd'hui, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris tient une audience spéciale consacrée au cas d'Adel Amastaibou. L'homme a poignardé, en 2003, son voisin de palier, Sébastien Sélam, 23 ans, disc-jockey d'origine juive. L'expertise psychiatrique a déclaré l'auteur des coups irresponsable. Il a bénéficié d'un non-lieu en 2006. Il est interné.
Cette irresponsabilité pénale, « pour troubles psychiques ayant aboli le discernement au moment des faits », la famille de la victime ne l'a pas acceptée. Elle a fait appel et obtenu cette audience publique prévue par la loi Dati de 2008. Selon Me Metzker, l'avocat de la mère de la victime, ce meurtre n'est pas l'acte d'un dément, « c'est un meurtre antisémite ». Les experts psychiatres auraient été abusés.

L'audience va permettre d'entendre publiquement les témoins, les experts, les familles. Selon l'avocat du meurtrier, Me Colombani, les propos antisémites qu'il a tenus, « ne sont que l'expression de sa maladie ». « Je peux comprendre que la partie civile veuille un procès. C'est épouvantable pour une famille de s'entendre dire qu'il n'y a pas de coupable. » Mais cette audience risque d'être « très frustrante », et particulièrement pénible pour les proches de Sébastien Sélam.

Ces audiences publiques sur la folie divisent magistrats, experts, avocats. Est-ce encore un acte de justice ?

Non, on donne la folie en spectacle, estiment les uns. Oui, ce débat public est utile, répondent les autres. Jean-Claude Kross, avocat général près de la cour d'appel de Paris, estime que les « victimes ont le droit de comprendre la décision d'irresponsabilité pénale ». Elle ne doit donc pas être prise en catimini. Progrès de la justice ou régression, la question est posée.

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