BlackBerry : des cols blancs aux blue-jeans !

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bbimage-257x257.jpgC’est à la fin du dernier millénaire, en 1999, que le premier BlackBerry voit le jour : il s’agit alors d’un pager interactif. Deux ans plus tard, il est couplé à un téléphone cellulaire, et malgré de nombreux procès concernant les brevets utilisés, devient vite le must-have des dirigeants de tous poils et de leur encadrement. On estime à environ trois millions le nombre d’utilisateurs du BB aux États-Unis, dont un million de hauts fonctionnaires et de fonctionnaires.

On comprend mieux la vigilance des autorités concernant la sécurisation des données échangées. Lors de la formation du premier gouvernement de Nicolas Sarkozy, les ministres français se sont tout de même vu retirer leurs jouets préférés. Au total, le BlackBerry serait utilisé aujourd’hui à travers le monde par 16 millions d’individus et commercialisé via 330 opérateurs dans 160 pays.

 

L’effet « push »

Mais qu’a donc de si particulier ce téléphone, pour être devenu le fétiche de l’élite politique et entrepreneuriale ?

Développé par la société canadienne Research In Motion (RIM), l’atout principal du BlackBerry est son système « push » qui permet d’échanger des messages de façon quasi instantanée avec ses interlocuteurs, et ceci quelque soit la nature ou le poids des pièces jointes. Images ; tableaux ; .doc ; .xls ; .jpg – la liste est longue – le BB sait tout recevoir et tout lire. Bien évidemment, au service de cette interface, les terminaux eux-mêmes ont été conçus de façon à faciliter la saisie et la synchronisation des informations. Le signe extérieur de reconnaissance d’un BlackBerry est son clavier complet et ergonomique ; ses raccourcis destinés à simplifier la vie et à améliorer la productivité en sont la partie cachée.

Le BB est donc devenu le bureau mobile par excellence et le fil à la patte rêvé ou imposé des cadres de tous les pays, qui oscillent entre addiction et stress. L’an passé, un syndicat canadien a revendiqué des augmentations de salaires pour les BlackBerry’s addicts, en arguant que la disponibilité permanente qu’induisait son utilisation devait être rétribuée. Une étude menée par l’Université du New Jersey estime que l’équilibre mental d’un utilisateur sur trois serait mis en péril par cette dépendance.  Le BB s’est d’ailleurs parfois vu renommer CrackBerry…

Produit décliné cherche nouvelles cibles

Sérieusement concurrencé par l’iPhone en terme de notoriété grand public et de candidature au titre du téléphone must-have (l’action a chuté de 31 % le mois où Apple sortait son iPhone 3G), RIM a compris la nécessité de « multicibler » ses utilisateurs, en diversifiant son offre.

Depuis trois Noëls, les opérateurs rivalisent d’offres à prix plancher pour de nouveaux BB, plus simples mais tout aussi efficaces que les grands frères pour leur fonction première : échanger des écrits facilement et rapidement grâce à la fonction « Push Mail » et à un clavier étonnamment ergonomique. Une entrée de gamme comme le Curve 8520 est à ce titre un véritable BB, même si l’utilisateur devra faire l’impasse sur l’écran tactile ou la 3G.

Et depuis un an, les BlackBerrys font de nouveaux adeptes. Sans que ce choix de smartphone relève de la volonté d’un patron ! En effet, les nouveaux parents du BB vont encore à l’école. Si 28 % des utilisateurs français de smartphones sont équipés d’un iPhone et qu’un pourcentage équivalent aspire à l’être, le BB arrive à séduire 9 % d’entre eux. Et résultat étonnant pour un produit très marqué entreprise, un acheteur sur deux aurait entre 15 et 25 ans.

BlackBerry et les jeunes : la love-story

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Cet engouement peut s’expliquer à plusieurs titres. Les jeunes sont toujours autant accros à la frappe, emails, SMS ou messagerie instantanée, et pour ce faire, le clavier des BlackBerrys est parmi les meilleurs. La politique agressive de prix et la multiplicité de l’offre de RIM, par rapport à Apple est aussi un facteur important.

Ensuite viennent des raisons plus subjectives mais tout aussi importantes. Rançon inévitable d’un succès massif, l’iPhone n’échappe pas à la banalisation aux yeux d’une population soucieuse de se différencier. Joue peut-être aussi le rêve de succès associé au BlackBerry, envisagé comme le téléphone de l’élite. Comme les rappeurs des décennies passées avaient adopté, parfois au grand dam des firmes concernées, des marques synonymes de réussite comme Mercedes-Benz ou autre polo Lacoste, la génération MSN « kiffe » le BlackBerry.

Dans la plaine de Waterloo (Ontario), siège de RIM, on s’active avec empressement auprès de cette nouvelle cible. Et on encourage un peu la tendance en faisant parrainer la sortie du BB 8520 par le chanteur du groupe Black Eyes Peas. Cela dit, on n’oublie pas non plus les quadras, gros consommateurs d’iPhone, en débauchant les inusables U2 chez Apple. Dans les affaires comme en politique, il convient d’additionner les voix.

Lisa Terzy

 

source: yahoo.fr

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