Expo à Paris : Zizi sexuell'amour et la sexualité ne serait pas un jeu ?

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L'expo qui dérange ...

 

«C'est quoi être amoureux?», «Comment on embrasse?»: sept ans après son premier succès et une tournée européenne, l'expo «Zizi sexuel» revient à Paris pour répondre aux questions des 9-14 ans sur l'amour et la sexualité. Nadia et Titeuf, les deux personnages du «Guide du Zizi sexuel» de Zep et Hélène Bruller, sont de retour à la Cité des Sciences à partir de mardi et jusqu'au 2 août prochain, pour animer cette exposition décomplexée, mais qui veille à préserver la pudeur des pré-ados et des parents. En 2007, l'exposition, elle avait attiré 340 000 visiteurs à Paris en 2007 et au total, elle a été vue par un demi-million de personne en Europe.

 

«Les questions fondamentales que se posent les enfants restent toujours les mêmes: c'est quoi la puberté? c'est quoi faire l'amour?...», explique Maud Gouy, commissaire de l'exposition. «Cette exposition est d'autant plus d'actualité que le contexte a changé», estime-t-elle. «On s'aperçoit qu'il y a de plus en plus d'insultes sexistes, homophobes, dans les cours de récréation. Dans cette exposition on prône des valeurs qui nous paraissent essentielles, comme le respect, la tolérance, le consentement mutuel». «On sait qu'un enfant sur trois, à 12 ou 13 ans, a vu un film ou des images pornographiques, on sait que le cyber-harcèlement est très présent, donc cette exposition a toute sa légitimité», assure-t-elle.

 

Un peu, beaucoup, passionnément

 

Pourtant, l'exposition ne rencontre pas que du succès. Une pétition a été lancée par l’Association «Foutez-leur la paix». «Laissez nos enfants tranquilles, jouer à des jeux de leurs âges, ne les pervertissez pas, et ne leurs inculquez pas, de manière soit disant «ludique», des comportements malsains», peut-on ainsi lire sur le site de la pétition. Elle considère que ce n’est pas à une Cité des Sciences d’aborder ces questions, et encore moins de manière ludique, comme si l’amour et la sexualité était un jeu. Elle critique par ailleurs que la publicité soit faite dans le métro parisien.

 

Selon la commissaire de l'exposition, Maud Gouy, «tout ce qui a été mis en place tient vraiment compte des enfants, de leur personnalité, de leur sensibilité». L'entrée de l'exposition se fait sous un grand cœur. «Je tenais à ce que cette exposition redore l'idée de l'amour, mette en avant le sentiment amoureux, le plaisir d'être ensemble, la tendresse», précise Maud Gouy. On peut s'allonger sur le lit en forme de coeur de Nadia pour visionner de célèbres scènes d'amour du cinéma. Tout au long du parcours, la BD, le dessin, permettent d'éviter de choquer. Il n'y a jamais de vraies images de vraies personnes.

 

«C'est une exposition qui se veut drôle, mais avec un support scientifique de qualité», dit Maud Gouy. Un «amouromètre» pour savoir combien on aime en serrant un gros cœur, une marguerite géante à effeuiller pour voir si on nous aime un peu, beaucoup, passionnément, une «ola» des capotes... On s'amuse. On apprend aussi: le «pubertomatic» montre, en jouant la carte de l'exagération, comment se transforme le corps à la puberté, pour les filles et les garçons. Dans la «salle de classe», on découvre comment on fait un bébé. Toujours avec beaucoup d'humour et de décalage. «On a travaillé pour ne jamais déranger les enfants», souligne Maud Gouy. «C'est important d'exagérer, parce que si on est trop réaliste, ça fait peur».

 

Un espace aborde des questions intimes: les parents restent à l'extérieur. «C'est surtout une barrière symbolique», pour montrer que certaines choses doivent rester de l'ordre du privé, explique la commissaire de l'exposition. Le parcours comprend aussi des mises en garde sur les dangers que peuvent rencontrer les enfants, sur internet ou dans la rue. Et on repart avec un peu de poésie dans la poche, grâce à la «machine à déclarations» qui fournit à la demande des poèmes personnalisés pour la personne aimée. Un gros succès.

 

(L'essentiel/ afp)

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