Claude Layani

Ministre du culte à Fribourg en Suisse durant 33 ans, j'étais aussi bibliothécaire scientifique à la Bibliothèque cantonale et universitaire, comme responsable des acquisitions. J'étais aussi journaliste à la Gazette juive de Bâle ainsi que dans wochenblatt de Zürich pendant de longues années. En fait avec Alliance j'ai eu la joie et le privilège de continuer mes activités littéraires et mes fonctions rabbiniques en publiant le commentaire de la sidra. Engagé dans les relations judéo-chrétiennes, il m'arrivait de faire des conférences à l'Université catholique de Fribourg sur le judaïsme. Pratiquement toutes les écoles et les collèges sont venus visités notre synagogue et le résultat de ce travail, la communauté juive avait une place non négligeable . Nous étions invités toutes les années à la présentation des vœux auprès du gouvernement et de l'évêché. A mon départ à la retraite je laisse une communauté pas loin de l'extinction faute de fidèles. A Nic e je me suis investit dans la rédaction du journal Nitzan, au Bné Brith Loge Côte d'Azur dans le secteur de la culture.
Voici ces quelques lignes qui tracent un parcours engagé pour la communauté et pour le judaïsme qu'il faut faire connaître car nous sommes le ferment ,le sel pour l'humanité. Nous sommes encore présent aujourd'hui car nous avons la mission de délivrer le message divin.

Les articles de Claude Layani

L'Institut Lumière : le 27 janvier 2010

institutlumiere.jpgL'Institut Lumière, à Lyon est un musée du cinéma ainsi qu'une cinémathèque qui programme des rétrospectives de grands cinéastes.

Actuellement, il se consacre à Claude Lanzmann, dans un cycle qui débutera demain, date de l'anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, par une soirée exceptionnelle en présence de Martin Goutte, historien du cinéma, avec la projection du film Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures. A l'Institut Lumière, Lyon, soirée d'ouverture du cycle Claude Lanzmann, en présence de Martin Goutte, (historien du cinéma): 20h30 Présentation et projection du film Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures de Claude Lanzmann (1h35)

Institut Lumière
25 rue du Premier-Film
69008 Lyon cedex 08
Tél. 04 78 78 18 95 - Fax. 04 78 78 36 56
http://www.institut-lumiere.org

 

Le portait de Pétain à la mairie de Gonneville-sur-mer fait bondir les historiens et certains élus

petain_laval.jpgVoir article sur le même sujet

CAEN — Le maintien d'un portrait de Philippe Pétain dans une mairie d'une petite commune du Calvados fait bondir les historiens et certains élus, tandis que le préfet interpellé par la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) consulte ses juristes.

Le préfet Christian Leyrit a indiqué mercredi qu'il "attendait le point de vue des juristes" sur ce dossier. Il a précisé avoir appelé le maire SE de Gonneville-sur-mer Bernard Hoyé pour lui parler de ce portrait et lui suggérer "de l'enlever".

Le conseil municipal de cette commune de 600 habitants, dont la moitié de résidents secondaires, s'est prononcé samedi pour le statu quo, a rappelé le maire au préfet.

"Ce tableau est là depuis des décennies. Pétain apparaît dans une galerie de portraits des chefs de l'Etat français, qu'il soit controversé ou pas, je n'ai pas à prendre partie, contrairement à la Licra qui n'est pas objective", a déclaré à l'AFP le 5 janvier cet avocat de profession.

Désormais, le maire ne souhaite plus communiquer après l'attaque "lamentable" dont a fait l'objet l'avocat de la Licra à Caen, à la suite de ses déclarations publiques dans cette affaire.

Ce dernier, Me Daniel Badache, a retrouvé sur le mur de son cabinet un fac similé d'une affiche de propagande du régime de Vichy, avec la photo du maréchal soulignée d'une question: "Etes vous plus français que lui ?".

L'avocat dont le père, résistant, juif et d'origine lituanienne naturalisé français en 46, a été déporté à Auschwitz, "ne croit pas que M. Hoyé soit antisémite. Simplement il commet une erreur juridique".

"C'est complètement insensé. Pétain n'a rien à faire dans une galerie de portraits de présidents de la République dans une mairie, c'est lui qui a supprimé la République pour mettre en place un Etat dictatorial" et raciste, ajoute Jean Quellien, professeur à l'université de Caen et spécialiste de la Seconde guerre mondiale.

Le directeur scientifique du Mémorial de Caen Stéphane Simonnet dit de son côté être "tombé de sa chaise".

En réponse, M. Hoyé assure aussi que d'autres mairies affichent des portraits de Pétain.

Le président de l'association des maires ruraux de France, Vanik Berberian, lui, a indiqué à l'AFP avoir déjà vu des galeries de portraits de présidents de la République dans les mairies, mais "jamais" de Philippe Pétain.

A Gonneville-sur-mer, certains habitants soutiennent leur maire, en mettant en avant le Pétain vainqueur de Verdun, mais la décision municipale ne fait pas l'unanimité.

"Quand je reçois les Canadiens qui ont libéré la commune, je ne les emmène pas dans la salle des mariages", explique Jean-Claude Bosquain, premier adjoint qui dit avoir demandé à trois maires successifs de retirer le portrait.

L'affaire a choqué le conseiller général PS de Gironde Jean-Marie Darmian.

Sur son blog, l'élu s'étonne que l'Etat n'ait pour l'heure rien fait pour Gonneville, alors qu'à Billère (Pyrénées-Atlantique) il a obtenu en justice l'effacement du "Mur des expulsés", une fresque à la mémoire des sans-papiers expulsés peinte sur le mur d'un bâtiment public à l'initiative du maire socialiste.

M. Hoyé est en revanche soutenu par la députée UMP de sa circonscription Nicole Ameline. "La figure du maréchal Pétain a sa place à la mairie, comme ont leur place dans notre mémoire les moments les plus douloureux comme les plus glorieux de notre histoire", a fait savoir l'ancienne ministre à l'AFP par le biais d'une porte-parole.

Alliance le premier magazine de la communauté juive a 13 ans ! Cours d'internet pour les femmes.

alliances_97.gifDe sa naissance en 1997 à aujourd'hui 2010, Alliance a 13 ans .

Bar Mitzva ou Bat-Mitzva nous n'avons pas su déterminer si Alliance se conjuguait au Féminin ou au Masculin.

Alliance s'adresse à tous, même si il est vrai qu'il y a bien plus de choses qui se passent dans le monde des femmes...Elles sont bien plus bavardes;-)

Premier logo d'Alliance créé par David Kessel en 1996.

Nous avons donc concocté une rétrospective de nos archives, sur Facebook, des pages d'accueil à me faire pâlir de honte datant de 1997, mais on va dire qu'elles ont le mérite d'exister et de nous permettre de suivre l'évolution et la révolution d'internet.

A cette époque, Il fallait pas moins de 35 secondes pour afficher une image, quand on se souvient que la connexion passait par le téléphone et qu'elle était taxée à la minute... Bonjour les factures La plus ancienne page d'accueil d'Alliance retrouvée.On comprend mieux pourquoi France-Télécom est la première entreprise de France pour ses bénéfices...:-)

Aujourd'hui grâce au câble, au Wifi, Internet est devenu l'outil indispensable à la vie de tous les jours. Ce n'est pas un simple moyen de communication, Internet a bouleversé nos vies, professionnelles, personnelles, sa rapidité de communication ont réduit l'idée du monde à un simple village où il suffit de cliquer pour rentrer chez vous !

L'ancien site toujours actif et consulté grâce à Google

Je suis très heureuse d'être tombée dedans dés son arrivée et aussi heureuse de pouvoir partager cette connaissance avec toutes les femmes qui m'ont demandé des cours de formation d'internet.

Nous allons donc très prochainement ouvrir une formation qui s'adresse aux femmes qui veulent apprendre, afin de profiter pleinement d'Internet,- sans avoir à supplier leurs chers enfants - si serviables- de leur faire une simple recherche sur Google (Qui c'est celui-là ?)

Si vous êtes de celles qui veulent apprendre, comprendre, manipuler comme une chef l'outil internet en 3 heures de temps, afin d'épater, à votre tour, votre famille ; vous pouvez vous inscrire chez Alliance, demandez Tali au numéro suivant : 01 70 36 77 92 ou 01 70 36 77 17. Classes de 10 sur Paris.

Dois-je dire que si Alliance est aujourd'hui le premier c'est grâce à un travail important, un travail quotidien, pas moins de 10 heures par jour, pour sa mise à jour, pour l'envoi de notre news-letter à 43000 inscrits, faisant partie ou non de la communauté juive.

Un travail incessant et passionné de Lyora Michael, sa rédactrice en Chef, de Dan Nataf notre directeur commercial et aussi la participation active et régulière de nos journalistes passionnés de Cinéma comme Laurent Bartoleschi, Paula Haddad pour ses interviews, Shai pour sa rubrique High Tech, je n'oublie pas les anciens et notamment, Rivka Houzi et Benjamin Houzi, Claude Rouleau du Canada, qui sont devenus des amis.

13 ans après je suis fière d'avoir accompli un tel travail, seule, parfois très seule en tant que pionnière en ce domaine 🙂 et à présent rejoint par une équipe performante, ainsi que par tous nos lecteurs qui apprécient notre ouverture d'esprit, notre liberté de ton et notre dynamisme.

Le 13 janvier 2010, nous avons dépassé la barre des 16.000 lecteurs uniques, exactement :16.900 lecteurs uniques, ce qui veut bien dire qu'Alliance répond à un besoin.

Alors n'hésitez pas à nous appeler ou nous envoyer un mail pour nous faire part de votre projet, vous aurez l'assurance d'être lu sur Alliance.

Claudine Douillet

 

Feux croisés (Crossfire) : Le samedi 23 janvier 2010

crossfire.jpgParticipation : 6.00 euros
Public : Tout public        


CINÉ-CLUB Feux croisés (Crossfire) Ciné-club proposé par CLAUDE ROTSCHILD Samedi 23 janvier à 15h00 Réalisateur : Edward Dmytryk USA - 1947 - 86 mn - noir et blanc - anglais sous-titré français.

Nous sommes au sortir de la deuxième guerre mondiale aux USA. Enquêtant sur l'assassinat d'un ancien combattant juif, le capitaine Finlay (Robert Young) apprend que la victime a passé ses dernières heures avec trois soldats en permission, Monty Montgomery (Robert Ryan), Floyd Bowers et Arthur Mitchell dont le portefeuille a été retrouvé près du cadavre. Mais Finlay rencontre le sergent Keeley (Robert Mitchum) qui est persuadé de l'innocence de Mitchell...

18, passage Saint-Pierre Amelot - 75011 Paris    
Le samedi 23 janvier 2010 de 15h00 à 18h00    

Réservations :
P.A.F.: 6 euros . Membres : 4 euros. Réservation obligatoire au 01 47 00 14 00.    

Ce soir sur Arte : Shoah à 20h35

treblinka.jpg20:35 - Film documentaire Shoah
Réalisateur : Claude Lanzmann
Résumé

Vestige lugubre de la Seconde Guerre mondiale, le camp de concentration de Chelmno, en Pologne, témoigne de l'horreur vécue par près de 400 000 personnes victimes des chambres à gaz nazies, de décembre 1941 jusqu'au printemps 1943, puis de juin 1944 à janvier 1945. Alors que ses tortionnaires lui avaient tiré une balle dans la nuque le 18 janvier 1945, comme aux autres survivants, Simon Srebnik a miraculeusement réchappé à la mort pour rejoindre Israël quelques mois plus tard. A l'instar d'autres personnes qui ont connu l'enfer de Sobibor, de Treblinka ou d'Auschwitz, il témoigne, dans cette première partie, de l'horreur absolue...

Miam Miam

 

miam.jpgThéâtre MARIGNY – ROBERT HOSSEIN Carré Marigny - 75008 PARIS

0 892 222 333 (0,34 €/mn) RESERVATION EN LIGNE

Si vous aimez Edouard Baer, précipitez vous rapidement au Théâtre Marigny puisqu'il y joue dans sa propre pièce intitulée Miam Miam et cela jusqu'à la fin février 2010.

Une comédie qui comme son nom l'indique traite de cuisine, et croyez le vous allez vous régaler. Deux associés d'un théâtre, qui par nécessité d'argent, accepte deux fois n'est pas coutume de transformer leur lieu en salle de restaurant, ne serait ce que le temps d'un soir. Une chose est certaine se ne sera pas de la tarte, pour nos deux compères novices dans le métier de restaurateur! Contrairement, à l'histoire qui tournera évidemment au quiproquo le plus farfelu, Edouard Baer sait très bien de quoi il parle puisqu'il est dans la vie propriétaire d'un établissement dans la Capitale.

Bref, le plus connu des dandys parisiens nous invite à découvrir les péripéties au sein d'unmiammia2.jpg "restaurant" en plein effervescence; on se rend rapidement compte des choses considérables que peuvent s'y dérouler: des engueulades, aux portes qui claquent, un vrai boulevard finalement où la confrontation physique se fait reine. Entouré d'une dizaine de comédiens tous exceptionnels les uns que les autres. On retrouve aussi bien les habitués de la bande à Baer (A.Kelif, J.M.Lahmi, L.Drucker, C.Meynet…) que des nouveaux tel que Philippe Duquesne (l'un des Deschiens, souvenez vous) ou encore l'irrésistible Papinou, un des piliers de la pièce puisqu'il s'agit d'un petit cochon en mousse qui pourrait être La mascotte de Miam Miam; et comme dirait si bien d'ailleurs Atmen Kelif "Quand on a un ami, on ne le mange pas du tout!" En tout les cas les dialogues fusent avec un décalage fort subtil (les amateurs d'Edouard Baer seront loin d'être déçus), l'énergie de la troupe électrise le plateau et font monter une mayonnaise avec une très bonne hummmmeur contagieuse. Enfin, les morceaux de danses et de chansons (parce qu'il y en a!) sont judicieux et vifs. Tout le long de la pièce on pense tout droit à du Feydeau, du théâtre de Guignol, du Fellini (avec la scène d'ouverture qui part en vrille) ou bien encore du Claude Sautet pour ses ambiances de discussions enfumées des restaurants, jadis.      

Théâtre MARIGNY – ROBERT HOSSEIN Carré Marigny - 75008 PARIS
 0 892 222 333 (0,34 €/mn) RESERVATION EN LIGNE

Laurent Bartoleschi

 

Les juifs en France, une présence oubliée

Article paru dans "LE MONDE"

Nécropoles antiques, cimetières médiévaux, synagogues, bains rituels, écoles talmudiques, juiveries, carrières en Provence, calls en Catalogne : l'essor de l'archéologie préventive au cours des vingt dernières années a révélé une myriade de vestiges qui rappellent que des communautés juives vécurent en Europe de l'Antiquité jusqu'au Moyen Age.

Ces découvertes font émerger la réalité de communautés connues à travers la littérature rabbinique mais dont ne subsistait la trace que dans de rares monuments et dans des noms de lieux : on recense ainsi, dans des centaines de communes, des "rues aux juifs", "de la juiverie" ou "de la synagogue", mais aussi des chemins, pas, prés, champs, herbages "aux juifs" ou "aux juives", remontant à l'époque médiévale. Sur notre territoire, ces communautés, qui purent compter jusqu'à 100 000 habitants à la fin du XIIIe siècle, ont presque toutes disparu à la fin du Moyen Age en raison des édits d'expulsion dont le premier - pris par Philippe Auguste en 1182 - inaugure la sinistre litanie des bannissements des juifs d'Europe occidentale.

Un jeu de rappels moyennant finances, et d'expulsions accompagnées de la spoliation des biens et des terres, se poursuivra avec les décrets pris par Philippe le Bel en 1306, Philippe V en 1322 et Charles VI en 1394. De Provence, les juifs ne seront chassés qu'en 1501, tandis qu'ils demeureront sous la protection des papes dans le Comtat Venaissin, et que des communautés de "nouveaux chrétiens", d'origine hispano-portugaise, renaîtront à Bayonne et à Bordeaux au XVIe siècle.

Ces découvertes "contribuent à recomposer un passé plus complexe, échappant à la réécriture strictement chrétienne (...) des sociétés médiévales européennes", comme le notent les archéologues Astrid Huser et Claude de Mecquenem. Et si l'expulsion de 1306 a pu faire l'objet d'une très discrète mention au titre de commémoration nationale en 2006, la présence juive dans la France médiévale est presque absente des synthèses historiques sur le Moyen Age. Du "Petit Lavisse" aux manuels scolaires des années 1980, le judaïsme médiéval n'appartient pas au "roman national", comme l'a montré l'historienne Suzanne Citron.

Et au-delà de l'historiographie scolaire, rares sont les ouvrages généraux sur l'histoire de France qui abordent ces persécutions en dehors des lapidaires chronologies de fin de volume. Il en va de même pour les synthèses d'histoire de l'art et les grandes expositions, qui font l'impasse sur les manuscrits juifs médiévaux français, admirables par l'originalité de la calligraphie et la singularité du rapport de l'image au texte.

Un corps étranger

Il en est également ainsi des sommes d'histoire culturelle qui ignorent, par exemple, le nom de Rachi, le maître champenois dont les commentaires monumentaux sur la Bible et le Talmud constituent, dès son vivant et jusqu'à aujourd'hui, l'accès le plus indispensable à la compréhension de ces textes. Sa méthode l'a conduit à insérer dans l'hébreu de ses commentaires des traductions en langue romane des termes rares ou difficiles à une époque où la langue des lettrés chrétiens reste le latin. Rachi rassemble ainsi un thésaurus de cinq mille mots qui constitue le premier témoignage de l'ancien français. Omettrait-on Bernard de Clairvaux et Pierre Abélard, ses (presque) contemporains, ou Chrétien de Troyes dans nos synthèses historiques ?

Dans un raisonnement circulaire qui prévaut encore aujourd'hui en dehors des études juives, les juifs du Moyen Age n'appartiennent pas à la communauté nationale et n'ont pas leur place dans l'histoire de France. Les représentations conventionnelles font d'eux un corps étranger, un Autre dont l'exclusion est un fait "normal", donc inexorable. L'absence de référence au judaïsme dans l'histoire médiévale entérine l'idée fausse que les juifs n'auraient pas existé en France avant la fin du XVIIIe siècle ou que leur contribution à la société médiévale serait dérisoire.

On peut s'étonner de l'amnésie durable qui frappe l'historiographie française. L'antijudaïsme chrétien dans la France médiévale serait-il d'une telle "évidence" qu'il ne mériterait pas d'être évoqué et que l'histoire contrastée, parfois catastrophique, des juifs sur notre territoire serait insignifiante ? Les exactions, massacres et expulsions ont eu raison des êtres. En 1242, le brûlement de monceaux de manuscrits du Talmud à Paris en place de Grève tenta d'en effacer l'esprit. Qui se souvient de Yéhiel de Paris qui avec ses pairs - Moïse de Coucy, Samuel dit Morel de Falaise et Juda Ben David de Melun - fut sommé à une disputation théologique par Louis IX (le "bon roi" Saint Louis), lequel ordonna la destruction par le feu du texte incriminé.

Les découvertes récentes signalent donc, comme par effraction, que les "archives du sol" recèlent les traces d'une histoire ignorée. La connaissance de la présence juive y gagne en profondeur : chaque site exhumé témoigne d'une terre où, au Moyen Age, les juifs ont vécu, produit, reçu, pensé, échangé mais aussi été persécutés et chassés. Il ne s'agit pas ici de stigmatiser les historiens, mais de montrer un déni collectif qui contribue à la persistance du fantasme d'une France historiquement chrétienne et homogène.

A l'instar des recherches archéologiques concernant le paléolithique, le néolithique ou l'Antiquité tardive, qui montrent que notre pays est le fruit de vagues de peuplement et d'acculturations successifs, chaque découverte de vestiges juifs vient réinscrire une réalité ancienne dans l'environnement d'aujourd'hui et, par là même, modifie nos représentations. L'archéologie provoque ainsi une forme de "retour du refoulé" et contribue à l'écriture d'une nouvelle histoire nationale.

Directrice du Musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris
Directeur du développement culturel à l'Institut national de recherches archéologiques préventives
Laurence Sigal-KlagsbaldPaul Salmona

Dossier sur la réécriture de l'histoire par l'Autorité Palestinienne

Dossier sur la réécriture de l'histoire par l'Autorité Palestinienne

I. La formation d'une identité palestinienne ?
2. Une identité copiée
3. Vandalisme, canibalisme, et identité
4. L'usurpation textuelle coranique comme modèle fondateur?
5. Les Revendications territoriales et la réécriture de l'histoire

La question de la réécriture de l'histoire par l'Autorité palestinienne mérite une analyse approfondie, car ce phénomène ne relève pas seulement d'une propagande pernicieuse, mais trahit des pulsions très primitives, des mouvements d'envie, tout en contredisant d'une façon inhabituelle tous les processus de formation historique de l'identité des peuples.

I. La formation d'une identité palestinienne ?
Les exemples historiques de processus de formation d'identité nationale
Les exemples historiques de formation d'une identité nationale sont nombreux, et font partie des thèmes d'étude classiques des historiens des mentalités.

Les identités nationales ont commencé à se former en Europe au cours du XVIe siècle, centrées autour de la personne d'un roi, ancrées dans un territoire précis, et revendiquant leur identité par l'histoire de leur origine. Ainsi, c'est au XVIe siècle que les Français imaginent leur origine mythique d'ancêtres gaulois, et on a bien oublié aujourd'hui que ce mythe avait pour intention première de permettre de relier la lignée des rois de France aux "hébrieux", (Hébreux), afin de faire remonter la sainteté de leur dynastie à la lignée du roi David (voir Claude Gilbert-Dubois, "Le mythe des Gaulois ou l'origine d'un thème religieux et nationaliste"). Pour les Français, les Gaulois permettaient de se construire un passé glorieux, sans avoir à faire dépendre la légitimité des rois de France d'une autre lignée royale européene.

Les Italiens revendiquèrent leur identité à la Renaissance sous plusieurs étendarts, puisque le territoire de l'Italie était alors divisé en plusieurs royaumes, mais leurs arguments ne manquaient point, que ce soit par l'héritage sacré que leur donnait la fondation de l'Eglise en Italie, à Rome, ou le passé romain de leur pays, avec la domination de Rome sur ce qui avait été l'Empire romain et qui avait donné naissance à l'Europe qui les entourait. Pour les Anglais, l'identité anglaise se donna pour ancêtre Brutus de Troyes, fondateur mythique de l'Angleterre débarqué de la Troyes greque et glorieuse, importateur de la culture dans une Europe encore sauvage.

Mais chaque pays s'efforça de démontrer que son histoire était la plus glorieuse, et que son leader du moment, son roi, était le plus saint, le plus aimé de Dieu, le plus proche de la lignée sacrée des rois biblique, alors que l'histoire et la pérennité de son règne comme de son royaume témoignait de la légitimité de chaque royaume, et donc de chaque peuple, de chaque identité.

Au XIXe et au XXe siècle, les dernières identités nationales nées des réunifications territoriales ou des décolonisations ont suivi un processus à peu près semblable, à ce détail près que les nations se créérent de plus en plus dans la violence contre un ennemi extérieur.

Alors que le sentiment national français s'était fondé au XVIe siècle sur la fidèlité à la personne du roi, et que les affrontements avaient surtout mis face à face des prétendants du trône, chacun avec leurs fidèles suivants, les nationalismes du XIXe siècle se libèrent de la tutelle royale par des révolutions, en aboutissant ainsi à une nouvelle définition du sentiment national par le patriotisme, la fidèlité à une identité nationale sublimée.

Puis viennent les nationalismes de pays auparavant scindés, comme l'Allemagne, ou bien l'Italie, qui consituent leur identité sur la lutte contre un ennemi commun. Garibaldi est un leader, un modèle du héro de la nation italienne libre, car il prétend délivrer l'Italie. Bismark est un chef de guerre, et fonde la nation allemande et son identité sur une opposition à la France. Mais par opposition à un modèle considéré comme tyrannique ou usurpateur, ces groupes humains élaborent une identité idéale qui les représente, et les distingue des usurpateurs. Nulle tentation pour eux de copier leur ennemi. Le cas de l'identité nationale palestinienne est donc un cas unique, pour ne pas dire anomalique de la formation des identités nationales.

2. Une identité copiée
L'identité palestinienne se fonde en effet sur une copie conforme, à peine associée à une vague transposition, de l'histoire et du modèle hébraïque et juif. Ceci est absolument inexplicable par le simple biais historique, et a priori, on ne peut pas en conclure qu'il s'agisse là d'une prise de modèle ordinaire, comme d'un exemple à suivre, laissant présager un avenir d'unification culturelle entre Juifs et Arabes.

Considérons quelques exemples avant de procéder à leur analyse. Lorsque l'O.L.P. à Beyrout est acculé à la défaite, Yasser Arafat envoya comme ordre à ses troupes de se suicider et de procéder à un nouveau "Massada". Ses troupes ne se suicidèrent pas, en définitive, mais le fait même que Arafat ait eu l'étrange idée de leur donner comme modèle l'histoire de leur ennemi laisse rêveur.
A nouveau, lors de la première intifadah, Arafat lance l'idée de faire partir d'Europe un bateau de réfugiés et de le nommer Exodus II.

Enfin les textes palestiniens ne manquent pas de rapprocher la situation des Palestiniens de celle des Juifs sous l'occupation nazie, procèdant ainsi à la fois à la reprise d'un modèle historique de l'histoire de leur ennemi, et à un retournement identitaire.

Ce dernier exemple dévoile le mouvement fondateur de ce processus psychique, car c'est ici la psychologie qui seule peut nous aider à comprendre un phénomène qui ne relève plus des structures classiques de l'évolution de l'histoire des mentalités.

Les Palestiniens fondent leur modèle identitaire sur celui des Israëliens parce que fondamentalement, leur identité s'ancre dans un mouvement d'envie, une pulsion très primitive que tous les discours du monde ne parviennent pas à cacher. Freud, dans "Totem et Tabou", analyse cette pulsion et montre qu'elle explique l'attitude des peuples qui dévorent une partie de leur ennemi après l'avoir tué, parcequ'ils pensent pouvoir intégrer ainsi dans leur propre corps les qualités qu'ils ont observé avec envie chez celui-ci.

Cette pulsion est d'autant plus forte qu'elle est inconsciente, voire même réprimée chez les Palestiniens, qui n'admettraient pour rien au monde qu'une partie d'eux mêmes admire en secret l'identité israëlienne.

Ce mouvement psychique primitif explique non seulement des scènes d'une brutalité inqualifiable qui ont eu lieu lors de cette seconde intifadah, mais permet de comprendre les formes que revêt actuellement la politique palestinienne, la propagande de Yasser Arafat, et le danger à court et long terme d'une identité nationale qui n'a pas trouvé de forme positive d'expression.

3. Vandalisme, canibalisme, et identité
L'identité palestinienne s'étant fondée sur l'identité juive, non par fascination de l'Israëlien comme Autre à respecter, mais comme identité à endosser pour exister en tant que peuple, le passage-à-l'acte fondateur de l'identité palestinienne s'exprime nécessairement par la violence, la tuerie, la destruction, l'anéantissement de l'Israëlien.

C'est là la différence essentielle entre les deux parties qui opposent depuis septembre forces israëliennes et Palestiniens. Pour les soldats israëliens, la question est claire: il s'agit de se défendre pour survivre et pour que l'état survive. pour les Palestiniens, la question est beaucoup plus complexe et beaucoup plus inextricable: il s'agit de détruire pour exister.

Le passage-à-l'acte, très souvent mis en scène par les foules, eut lieu de façon explosive, sanglante, lors du lynchage des deux soldats. Il ne suffisait pas de tuer. Il fallait réduire l'Autre en bouillie pour devenir Lui. Les cadavres sont déchiquetés, l'un d'entre eux a la boite crânienne ouverte, le cerveau est sorti. On dépèce les corps, on les parcellise.

L'éducation palestinienne enseigne des chants cannibales aux enfants selon la même logique. Un journaliste crie d'effroi dans son éditorial, devant ces chants de guerre: "je tuerai le Juif, je lui ouvrirai le ventre, et je le mangerai..." Toute l'analyse de Freud resurgit dans ces quelques mots. L'identité palestinienne se fonde tragiquement sur un mouvement d'envie qui la condamne, pour se réaliser, à réaliser l'usurpation identitaire. Prendre la Place de l'Autre pour exister...
Pauvre peuple sans identité, pauvre enfant manipulé, triste persective d'une humanité detructrice, mais aussi quel avenir pour Israël que de traiter avec un pareil ennemi...

 

4. L'usurpation textuelle coranique comme modèle fondateur?
Peut-on interpréter cette formation identitaire comme un processus inévitable? L'identité palestinienne était-elle prédestinée à fonder son existence sur l'usurpation identitaire de l'Israëlien?
Certains voient dans le Coran l'origine de ces renversements identitaires. Pour être plus précis, il s'agit des commentaires du Coran, et non du Coran lui-même. Le Coran, lors de l'épisode de la ligature d'Ytshak, ne nomme pas le fils d'Abraham prêt au sacrifice. Ce sont les commentaires qui l'ont identifié, non comme Ytzhak, mais comme Ishmaël (Sourat: "Les rangs"):
"Donne moi un fils o seigneur, et qu'il soit un homme juste." Nous lui avons annoncé un bon garçon. Et quand il a atteint l'âge où il pouvait travailler avec lui, son père lui dit: "Mon fils, j'ai rêvé que je te sacrifiais. Dis-mois ce que tu penses."
Il répondit: "Père, fais ce qui t'a été demandé. Si Allah le veut, tu verras que je suis fidèle." Et ils s'en remirent tous deux à la volonté de Dieu, et Abraham avait étendu son fils prosterné sur sa face, Nous l'appelâmes en lui disant: "Abraham, tu as accompli ta vision."[...]
Les commentateurs traditionnels coraniques ont attribué l'épisode à Ishmael. Or l'antériorité historique du texte biblique est indéniable. Ainsi, selon l'analyse de certains théologiens, cette interprétation du Coran aurait été la première pierre fondatrice de ce renversement identitaire, en suggérant que le vrai Israël est en fait Ishmaël. Puis c'est sur la base de ce renversement identitaire originellement de type religieux que se serait fondée l'inversion identitaire palestinienne.
A priori on peut penser que, si cette théorie est vraie, aucun pays arabe n'aurait dû pouvoir créer son modèle identitaire sans lui donner cette forme usurpatrice.
Néanmoins deux points sont importants: l'histoire a opposé la plupart des pays arabes à un ennemi extérieur chrétien, lui fournissant ainsi un contre-modèle historique qui rendait inutile ou caduque le modèle de l'interprétation coranique (sur ce point seulement, car le Coran a pû fournir des passages et des commentaires concernant les Chrétiens qui ont donné un autre sens à ces luttes opposant Arabes et Chrétiens).

 

D'autre part le cas d'Israël est un cas unique, car c'est le seul pays où un peuple arabe et musulman s'est affronté à un ennemi juif. On peut donc considérer que cet affrontement historique a rejoué dans l'espace et le temps moderne l'ursurpation identitaire observée dans l'interprétation du Coran, en conférant au processus de l'usurpation identitaire des Palestiniens une dimension religieuse supplémentaire.
Cependant, cela ne signifie pas que cette voie de formation identitaire était la seule possible. L'Histoire n'est pas une voie tracée et préconçue. Les Palestiniens auraient pû créer leurs propres mythes des origines, ils auraient pû rassembler leur identité autour de leurs danses, de leur coutumes, de leur nourriture. C'est à ce point que la responsabilité de leurs leaders est lourde, elle qui a influé sur la forme de cette identité par la propagande, par les revendications, et par l'éducation des enfants.

5. Les Revendications territoriales et la réécriture de l'histoire
On ne comprend rien à l'absence évidente de limite de l'appétit palestinien pour toujours plus de nouvelles terres, de nouvelles concessions, si on n'analyse pas cet appétit vorace en parallèle avec la réécriture de l'histoire par les médias palestiniens et le problème identitaire que nous avons décrit. Répétons le:
L'identité palestinienne se fonde tragiquement sur un mouvement d'envie qui la condamne, pour se réaliser, à réaliser l'usurpation identitaire mais aussi historique, et territoriale.
On assiste ainsi à des événements aussi halucinants qu'une carte de Palestine effaçant jusqu'au nom d'Israël. Les choses sont alors clairement exprimées: si la Palestine existe, Israël doit disparaître. Mais la réécriture de l'histoire procède absolument de la même logique. Le site de l'Autorité Palestinienne prend beaucoup de soin à réécrire toute l'histoire du Mont du Temple, et de lui substituer une histoire qui serait celle d'une mosquée ayant existé depuis des siècles, bien avant Salomon le Magnifique, bien avant Israël, et peut être même bien avant l'Islam. Les Juifs se sont trompés, entend-on répéter dans les médias palestiniens. Le Mont du Temple n'a jamais été le Mont du Temple. Et puis, les Juifs n'ont jamais sû où était leur temple. Et puis d'ailleurs, les Juifs n'ont jamais été en Israël. Le passé hébraïque est une propagande sioniste...
Pourquoi tous ces efforts de la propagande, que ne commente jamais la presse européene? Tout simplement parce qu'il est vital, à ce stade de l'histoire de la formation identitaire palestinienne, de procéder à la destruction symbolique de l'Israëlien, de l'effacer de la carte comme de l'histoire, pour pouvoir prendre sa place.

 

Cette situation est donc beaucoup plus préoccupante que des problèmes de négociations, ou même les faits bruts que nous décrivent les journeaux. Ce ne sont pas les revendications palestiniennes qui seront le problème le plus grave que devra traiter Israël à l'avenir, mais la cause de ces revendications, son origine, sa source, c'est-à-dire la forme destructrice d'une identité nationale qui ne pourra, fondamentalement, accepter aucune concession donnant un droit d'existence à Israël sans renoncer à sa propre existence.

Livres de vie de la Bible à Albert Cohen

livresdevie.jpgde Josy Eisenberg
Editeur : Albin Michel
176 pages
Prix : 15 Euros
Sortie : le 7 Janvier 2010

Au cours des dernières décennies, Josy Eisenberg a reçu de nombreux grands écrivains, dont de véritables "monstres sacrés", pour parler de la Bible, de Dieu, de littérature, et même de bande dessinée.
De la Genèse au Chat du rabbin en passant par Don Quichotte et Belle du Seigneur, ce volume nous fait revivre les plus mémorables de ces rencontres. (Avec Jacques Attali, Albert Cohen, Claude Hagège, Claude Lanzmann, Jean d’Ormesson, Joann Sfar...)

A synagogue ouverte

sudouest.jpgArticle paru dans "Sud-ouest"

Raymond Hammel, président de la communauté juive, qui a reçu les visiteurs. (ARCHIVES ARNAUD LOTH)

Visite inédite samedi à la synagogue (« assemblée », en grec) de Périgueux, la seule en Dordogne, dans le cadre des nouvelles visites guidées « Tranches de ville » (1) lancées par Martine Balout, responsable du patrimoine. Et aussi, coïncidence, bru du constructeur de ce lieu de culte et de culture, de financement privé, ouvert en 1969.

Jour de shabbat

Raymond Hammel, président de l'Association cultuelle israëlite de Périgueux, a accueilli la trentaine de visiteurs. Il était coiffé de la kippa traditionnelle, mais les visiteurs n'étaient pas obligés de la porter : on n'était pas en office.

En revanche, ceux qui auraient voulu prendre des photos ou enregistrer ont dû se plier à la stricte règle du « Jamais le samedi » immortalisée par un film et interdisant tout allumage de feu, lumière, téléphone, etc, le jour de « shabbat ».

M. Hammel a expliqué la symbolique de la synagogue où officie un rabbin de Bordeaux tous les quinze jours. Son épouse Anny-Claude a évoqué la place si spéciale de la femme dans le judaïsme. Et il a souligné que celui-ci « est plus une façon de vivre qu'une religion ». Clin d'oeil : « S'il est parfois difficile d'être juif, il l'est encore plus de le devenir ! »

Avant de guider à deux expositions sur place (évacuation alsacienne, histoire de la synagogue), Raymond Hammel a rappelé le sens des grandes fêtes du calendrier lunaire juif : Kippour (Grand pardon), Pessah (Pâques), Hannouka (Lumières) ...

(1) Prochain rendez-vous samedi 16 janvier à 15 heures, à l'Office de tourisme, pour des hôtels anciens.