Une machine à soda met de l'eau dans le gaz à France 3

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Sodastream.jpgArticle paru dans "Le Point"

Pro-palestiniens et pro-israéliens se déchirent autour d'une machine à soda, offerte en lot aux candidats du jeu Slam sur France 3.

Le conflit israélo-palestinien prend une tournure inattendue, en France, à travers la polémique créée par... une machine à soda. Cet objet, commercialisé sous la marque Sodastream, est distribué en lot aux candidats du jeu Slam, diffusé les après-midi sur France 3.

Sodastream est une marque israélienne, distribuée en France par la société OPM France, basée à Nantes, contestée par l'Association France-Palestine solidarité (APFS) au motif que les produits Sodastream seraient fabriqués dans une usine de Cisjordanie, autrement dit dans un territoire palestinien occupé par Israël. APFS s'est donc indignée que France 3 puisse offrir une machine à soda fabriquée dans de telles conditions. De manière générale, les militants de l'APFS organisent des actions appelant au boycott de la marque Sodastream, inscrivant son action dans le mouvement de l'association BDS France (Boycott désinvestissement sanctions) à l'encontre d'Israël.

Et voilà que l'APFS et BDS France reproduisent sur leur site la réponse du service des relations téléspectateurs de France 3 qui va susciter l'embrasement. Dans ce courrier, la chaîne répond, d'une part, que "la fabrication des dotations distribuées au cours des jeux et émissions de divertissement de France Télévisions respecte les réglementations internationales en vigueur". Mais, d'autre part, le service des téléspectateurs annonce, avec "plaisir", que la "carafe soda slam.JPGclub" n'est plus "actuellement proposée aux candidats du jeu Slam.

Sodastream n'est pas boycotté par France 3

Une formulation peut-être un peu maladroite... qui provoque aussitôt la réaction des pro-israéliens. Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) interprète le courrier de France 3 comme une façon de céder aux pressions du mouvement BDS. Le BNVCA, qui dit avoir saisi le CSA, demande à France 3 de "revenir sur sa décision discriminatoire et illégale" et de "réhabiliter Sodastream sans délai".

Le BNVCA s'est un peu emballé car, vérification faite, "la machine à soda n'est absolument pas boycottée", répond Simone Harrari, la productrice du jeu Slam. Sodastream est distribué par session en rotation avec d'autres cadeaux (comme des chocolats). Du reste, la machine au centre du litige est, en ce moment, offerte aux candidats du jeu Tout le monde veut prendre sa place sur France 2... Même son de cloche du côté d'OPM France : "Nous n'avons aucun souci avec France Télévisions concernant Sodastream." De son côté, France 3 reconnaît une "certaine maladresse" dans sa réponse et confirme n'avoir cédé à "aucune pression, ni de l'un ni de l'autre camp".

Par ailleurs, l'Association France-Palestine Solidarité a saisi la direction départementale de la protection des populations (DDPP) sur le produit litigieux. Dans un courrier du 30 décembre 2010, l'inspectrice principale de la DDPP, Christine Gardan, souligne que le contrôle de ses services a fait "apparaître certains manquements aux réglementations applicables". Une suite contentieuse sera donnée, indique-t-elle.

Le procureur de la République est saisi d'un procès-verbal. Mais le courrier ne précise pas les "manquements constatés". Jointe par Le Point.fr, la société OPM France affirme ne pas connaître les griefs retenus... "Nous avons rencontré les services de la DDPP courant décembre. Nous avons eu avec eux une discussion à propos d'éventuelles anomalies de packaging, indique Philippe Chancelier, patron d'OPM France. Nous étions parfaitement disposés à la corriger, mais nous n'avons eu aucun retour de leurs services jusqu'à découvrir cette lettre sur le site de l'AFPS." Depuis juin 2008, OPM France a écoulé environ 350.000 machines à soda. Cet ustensile permet de gazéifier l'eau du robinet en y ajoutant, éventuellement, des arômes.

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