« Les Juifs ne font pas sauter de bus » : Robert F. Kennedy Jr. persiste et signe

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« Les Juifs ne font pas sauter de bus » : Robert F. Kennedy Jr. persiste et signe dans un texte de 3 700 mots

Par Claudine Douillet

Robert F. Kennedy Jr. ne retire rien. Accusé de racisme pour avoir affirmé que « 500 millions d'Arabes » ne produisaient pas de science, le secrétaire américain à la Santé a répondu le 30 octobre sur X par un plaidoyer de 3 700 mots, sans une ligne d'excuse.
Il y défend Israël, accuse les Frères musulmans, l'Iran et les monarchies du Golfe de financer une propagande digne de Goebbels, et pose une question frontale : pourquoi le monde hait-il les Juifs ?

Une phrase lancée au Michigan qui a mis le feu aux poudres

Tout part d'un meeting électoral à Grand Rapids, dans le Michigan, lundi 26 octobre. Robert F. Kennedy Jr. y soutient Mike Rogers, candidat républicain au Sénat. Il lance alors : « Il y a 500 millions d'Arabes dans le monde, et pourtant ils ne produisent pas de science. Ils ne gagnent ni le prix Nobel, ni la médaille Fields, ni le prix Wolf. Ils ne produisent pas de littérature. »

La réaction est immédiate. Scientifiques, médecins et organisations de défense des droits de l'homme condamnent ces propos et rappellent les lauréats arabes du prix Nobel, dont le chimiste égyptien Ahmed Zewail, l'écrivain Naguib Mahfouz et le chimiste Omar Yaghi. Associated Press, Reuters, le Washington Post et le New York Times reprennent l'accusation de racisme et d'islamophobie.

Islamisme et non islam : la ligne de défense de Kennedy

Au lieu de reculer, le ministre contre-attaque. « Mon discours n'était pas une critique des Arabes ou de l'islam, mais de l'islamisme, une idéologie toxique conçue et promue par l'organisation terroriste des Frères musulmans », écrit-il. Il reproche aux journalistes d'avoir omis ce contexte et martèle : « Critiquer l'islamisme n'est ni de l'islamophobie ni du racisme. »

Kennedy prend soin de saluer l'âge d'or de la civilisation musulmane, du VIIIe au XVe siècle, ses savants, ses bibliothèques et ses découvertes. Il cite aussi le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, qui qualifie l'islamisme de « faux islam ». Selon lui, c'est l'idéologie des Frères musulmans, née en Égypte en 1928, qui a fermé l'esprit musulman à la raison et à la science.

Goebbels, l'Iran et le Golfe : la machine de propagande

Le cœur du texte vise la guerre de l'information menée contre Israël. Kennedy affirme que les nazis furent les principaux financeurs des Frères musulmans dans les années 1930 et que Joseph Goebbels et ses propagandistes ont bâti leur appareil de communication. « L'afflux massif d'argent venu d'Iran et des États du Golfe à partir des années 1990 a transformé cette opération en une machine d'une puissance sans égal, qui fait passer Goebbels pour un amateur », écrit-il.

Cette propagande, poursuit-il, a convaincu les soutiens occidentaux du Hamas qu'Israël commettait un génocide à Gaza, détournant leur regard des véritables persécutions. Il rappelle qu'en 1948, 750 000 Juifs vivaient dans les pays arabes, au sein de communautés antérieures à l'islam, et qu'il n'en reste pratiquement plus aucun.

Gaza : « quatre fois le plan Marshall »

Pour rejeter l'accusation de génocide, Kennedy s'appuie sur le World Factbook de la CIA, selon lequel la population de Gaza a augmenté depuis le 7 octobre 2023. Il compare ensuite l'aide internationale reçue par les Palestiniens à celle du plan Marshall : plus de quatre fois supérieure par habitant. « L'Europe a utilisé son argent pour reconstruire 17 nations. Les Palestiniens n'ont pas réussi à en bâtir une seule. » Le Hamas, accuse-t-il, a dilapidé ces fonds en armes, en salaires extravagants pour ses dirigeants et en tunnels réservés à ses combattants, interdits aux civils.

Israël, « avant-poste héroïque de la liberté »

En contrepoint, le secrétaire à la Santé dresse un portrait élogieux de l'État hébreu, territoire de marais et de désert 600 fois plus petit que ses voisins arabes, devenu une superpuissance agricole, économique et technologique. Juifs et Arabes y votent librement, servent côte à côte dans la justice, l'armée et la vie politique. « Les femmes et les homosexuels jouissent en Israël des mêmes droits que les hommes, et la plus grande fête annuelle du pays est la Gay Pride de Tel-Aviv », souligne-t-il, avant de qualifier Israël d'« avant-poste héroïque de la liberté et des valeurs occidentales ».

0,2 % de la population mondiale, 22 % des prix Nobel

Kennedy élargit ensuite son propos au peuple juif tout entier. « Aucun groupe ethnique ou religieux n'a davantage contribué au bien-être de l'humanité ou au progrès de la démocratie libérale », affirme-t-il. Les Juifs représentent 0,2 % de la population mondiale mais ont reçu environ 22 % des prix Nobel depuis 1901.

Ironie relevée par la presse israélienne, l'homme longtemps figure de proue du mouvement antivaccin rend hommage à Jonas Salk et Albert Sabin, pères du vaccin contre la polio, à Paul Ehrlich, Selman Waksman et Ernst Chain, pionniers de l'immunologie et des antibiotiques. Il cite aussi Einstein, Niels Bohr et les fondateurs de Google, Meta et Oracle. « Dans un univers rationnel, les non-Juifs ne devraient-ils pas célébrer ces contributions avec gratitude ? », interroge-t-il.

Ce que « les Juifs ne font pas »

Le passage le plus commenté énumère ce que, selon lui, les Juifs ne commettent pas : attentats-suicides, décapitations, mariages forcés de fillettes, meurtres d'homosexuels, femmes défigurées à l'acide, avions détournés et précipités sur des immeubles, bus et restaurants bondés que l'on fait exploser. « Voilà les cadeaux que l'islamisme a offerts au monde », conclut-il, avant de poser la question qui donne son titre au texte repris par Ynet : « Pourquoi le monde hait-il les Juifs et embrasse-t-il les islamistes ? » Sa réponse : une campagne de propagande massive et sophistiquée qui inverse la réalité pour faire d'Israël le méchant de la planète.

Abdul El-Sayed, la véritable cible électorale

La fin du texte révèle l'enjeu politique. Mike Rogers affronte mardi 3 novembre le démocrate Abdul El-Sayed, médecin américain musulman d'origine égyptienne. Avec Donald Trump, Kennedy tente de le lier aux Frères musulmans et l'accuse d'avoir dirigé un programme de recrutement lycéen au sein d'une organisation qu'il présente comme une vitrine de la confrérie. El-Sayed nie tout lien et a déjà condamné publiquement le mouvement, ce que Kennedy juge insuffisant : « Un désaveu qui ne nomme rien et ne condamne rien n'est qu'un désaveu de façade. »

Kerry Kennedy : « J'ai profondément honte de lui »

Le clan Kennedy se fissure. Sa sœur Kerry Kennedy, militante des droits de l'homme, a réagi publiquement après le meeting du Michigan : « Aujourd'hui, j'ai profondément honte de lui. »

Un précédent effacé le 7 octobre

Ce n'est pas la première fois que Kennedy invoque Goebbels. Le 7 octobre dernier, troisième anniversaire du massacre, il avait écrit sur X que la propagande des Frères musulmans financée par le Qatar faisait passer Goebbels pour un amateur. Le message, vu environ 336 000 fois, avait été supprimé sans explication. Dans le nouveau texte, le Qatar a disparu, remplacé par « l'Iran et les États du Golfe ».

Source : Ynet, Daniel Edelson (New York), 1er novembre 2026 : https://www.ynet.co.il/health/article/b18ujpvtzx

Accusé de racisme, RFK Jr. publie 3 700 mots sans excuse : il défend Israël, rejette l'accusation de génocide à Gaza et accuse l'Iran et le Golfe.

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