Les réfugiés juifs, de Shanghai à Haïfa

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Article paru dans "Israel Infos"

Un long périple a conduit les juifs nés dans la concession francaise de Shangaï jusqu'à Haïfa.

Des Juifs ashkénazes ont fui les pogroms d'Ukraine et se sont installés en Chine, à Harbin parfois, surtout à Shanghai, du temps de la concession française.
Le Japon, avec ses soldats et ses parades militaires dans les rues, occupe bientôt la ville .

Puis, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale vinrent les troupes américaines, et les barres de chocolat distribuées aux enfants.
De nombreux Juifs vivaient alors dans la ville, avec parmi eux ceux qui avaient pu s'échapper d'Allemagne et d'Autriche avant le début de la guerre.

"La ville n'avait pas mis en place de restrictions sur l'immigration.
Y vivaient près de 4 millions de Chinois et 100 000 étrangers, qui bénéficiaient de privilèges particuliers.

Étonnamment, les réfugiés juifs pouvaient y entrer sans visa ou sans papier d'admission d'aucune sorte", explique la professeure Dalia Ofer.
A l'automne 1948, le représentant du Joint comptait 5343 réfugiés juifs à Shanghai. Alors que les communistes chinois se rapprochaient, un appel fut lancé aux différentes nations pour les accueillir.

"Malgré l'urgence de la situation", indique Ofer, "les Etats-Unis ou les autres pays n'ont pas émis de permis d'immigration supplémentaires.
Les demandes de l'Organisation internationale pour les réfugiés à l'Australie, le Japon et les Philippines d'accorder un statut temporaire aux réfugiés ont toutes été rejetées. Heureusement un Etat juif, Israël, existait alors".

Le Congrès américain avait fait passer une loi qui facilitait l'accueil des personnes déplacées, mais elle ne s'appliquait qu'à celles se trouvant en Europe; Shanghai n'était donc pas concernée.
Israël attendait ces réfugiés, mais l'Organisation internationale pour les réfugiés (OIR) devait s'occuper de leur transport.

Des bateaux vinrent les chercher pour les y conduire, après différentes étapes, dont l'Italie et pour certains bateaux, les Etats-Unis.
C'est là-bas que les réfugiés de Shanghai durent emprunter les "Trains de la liberté": sans visa d'immigration pour les Etats-Unis, ils ne purent traverser le pays de San Francisco jusqu'au port de New York que sous la surveillance de gardiens, enfermés dans des wagons.
Lors des différents arrêts, ils étaient hébergés pour la nuit par les communautés juives locales.

Quittant le sol américain, ils naviguèrent vers Naples, puis vers Haifa, où il furent conduits dans des camps d'accueil.
"En mars 1949, un camp d'arrivée a été ouvert, vers lequel tous les nouveaux arrivants étaient immédiatement dirigés à leur débarquement", explique le professeur Ernest Stock.

"Situé dans des anciens baraquements de l'armée anglaise au sud de Haïfa, le camp est finalement devenu le premier arrêt dans leur nouveau foyer pour des centaines de milliers d'immigrants.
En mars 1950, 120 000 personnes étaient passées par ce camp".

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