israel : Israel un état plus juif que démocratique ?

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symbole-juif-300x225.jpgLe législateur veut faire d’Israël un Etat plus juif que démocratique, dénonce Haaretz
Le projet de loi controversé bénéficie d’un large soutien à la Knesset  

Quarante députés à la Knesset, le parlement israélien, appartenant tant à la coalition au pouvoir qu’à l’opposition, veulent abroger l’arabe  comme l’une des langues officielles en Israël.

"Le législateur veut faire d’Israël un Etat plus juif que démocratique", dénonce sur son site internet le grand quotidien israélien de tendance libérale "Haaretz".

La proposition controversée émane des députés Avi Dichter, du parti Kadima, Zeev Elkin, du Likoud, et David Rotem, du parti Yisrael Beiteinu, qui ont présenté mercredi à la Knesset le projet de loi visant à affirmer le statut d’Israël comme "Etat Juif", "patrie du peuple juif" et intitulé "loi fondamentale: L’Etat juif". Pour le moment, Israël ne dispose pas d’une constitution formelle, mais de "lois fondamentales.

Israël est régi par quatorze Lois Fondamentales votées par la Knesset.

De nombreux juristes estiment qu’il n’est pas nécessaire de légiférer à nouveau puisque la dixième loi votée en 1992, intitulée «Dignité humaine et liberté» stipule que «l'intention de cette loi est de protéger la dignité humaine et la liberté, pour établir dans une loi fondamentale les valeurs de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique».

Mais le législateur n’avait aucune intention de donner une valeur religieuse à ce concept.

Certes les fêtes juives sont des jours fériés en Israël, mais la référence «démocratique» de la loi tient dans la liberté qui est donnée aux autres communautés non-juives de vivre en tant que minorités dans le pays. Si la déclaration d’indépendance stipule que «l'Etat d’Israël sera ouvert à l'immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés», elle ne manque pas «d’inviter cependant les habitants arabes du pays à préserver les voies de la paix et à jouer leur rôle dans le développement de l'Etat sur la base d'une citoyenneté égale et complète et d'une juste représentation dans les institutions de l’Etat».

Certains politiques exigent des Palestiniens la reconnaissance de la judéité de l’Etat d’Israël alors qu’elle figure en toutes lettres dans la déclaration d’indépendance de 1948 sans pour autant instituer une religion d’Etat.

Les laïcs, qui ne voient aucune raison pour que des étrangers aient une ingérence dans les options de leur Etat, soupçonnent une volonté de mettre des obstacles à la reconnaissance mutuelle.

Ces propos avaient été qualifiés de racistes et, devant la polémique face à une vision ségrégationniste, il a alors adopté les dogmes du Livre Sacré afin de séduire les partis religieux, ses alliés au gouvernement. Il a proposé de modifier le serment des députés de la Knesset pour qu’ils jurent dorénavant leur loyauté non pas à «l'Etat d'Israël et à ses lois»,  mais «à l’Etat d’Israël en tant qu'Etat juif et démocratique».

100% juif ?

En donnant une connotation purement religieuse à un Etat qui s’appuierait sur les lois de la Halakha, les tenants de ce dogme combattent en fait les laïcs israéliens qui considèrent que leur identité s’exprime en dehors du rabbinat.

Ces derniers préfèrent la notion «d’Etat des juifs» qui enlèverait toute référence à la religion et qui permettrait, selon eux, la coexistence avec les musulmans et les chrétiens dans un pays qui est aussi le leur.

En cette période des grandes fêtes de Roch Hachana, le nouvel an, et de Kippour, la religion pèse sur un pays qui voit un demi-million de ses citoyens fuir vers des horizons étrangers pour échapper au poids des tenants du Livre sacré.

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