Otages tués au Niger : Juppé met en cause Al-Qaïda

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niger.gifAu lendemain de la mort des deux otages, le ministre de la Défense, Alain Juppé, a affirmé, dimanche soir sur TF1, avoir «peu de doute» sur une implication d'Al-Qaïda, «compte tenu des circonstances dans lesquelles s'est déroulé cet enlèvement».
    
Le porte-parole de l'état-major des armées, Thierry Burkhard, avait fait état auparavant d'«un faisceau de présomptions» pour imputer la mort des deux otages français à Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamiste), soulignant toutefois qu'il n'y avait «pas de certitudes pour l'instant».

Dès la prise d'otages, les ravisseurs ont été pris en chasse. Les agresseurs ont d'abord été poursuivis par la garde nationale nigérienne, donnant lieu à un premier accrochage armé à une centaine de kilomètres au nord de Niamey. Puis, ils ont été localisés par un avion de surveillance français. Il a alors été décidé de les stopper, afin d'éviter à tout pris qu'ils ne passent au Mali. Un détachement français a été engagé pour tenter de mettre un terme à la progression des ravisseurs et de libérer les otages. Lors de l'opération, au cours de laquelle les deux otages ont perdu la vie, trois gendarmes nigériens ont également été tués et deux militaires français ont été blessés.

«Ne rien faire, c'était prendre un double risque»

Alain Juppé a affirmé «assumer pleinement» l'opération militaire franco-nigérienne destinée à libérer les deux jeunes hommes originaires du Nord. «La décision, grave, a été prise par le chef de l'Etat, chef des armées, en étroite coordination avec le Premier ministre et moi-même, a précisé le ministre. Ne rien faire, c'était prendre un double risque. D'abord le risque de voir nos otages emmenés par les ravisseurs dans l'une de leurs bases refuge au Sahel, et l'on sait ensuite comment ils sont traités. Ensuite un deuxième risque, plus global : ne rien faire c'est donner un signal que la France ne se bat plus contre le terrorisme.»

Sur les circonstances de ce «drame épouvantable», «tout donne à penser aujourd'hui» que les deux otages «ont été exécutés par les ravisseurs» a assuré le ministre. «Pour en avoir la preuve formelle, il faut que l'enquête judiciaire, de médecine légale, qui va être en cours avec les autorités nigériennes, mais aussi sous la responsabilité de la France, puisse aboutir à des conclusions définitives», a-t-il ajouté.

Le ministre sera lundi au Niger

Un peu plus tôt dimanche, Nicolas Sarkozy avait assuré que la France n'accepterait «jamais le diktat du terrorisme et des terroristes». Une condamnation reprise unanimement par l'ensemble de la classe politique. Le président a également annoncé qu'il recevrait très prochainement les familles des deux otages.

Alain Juppé doit se rendre lundi à Niamey, au Niger. «Je demanderai (aux ressortissants français, ndlr) de prendre les plus grandes précautions possibles (...). Il faut aussi que les touristes qui se préparaient à aller dans cette zone diffèrent leur déplacement», a-t-il dit. Dimanche, Paris a appellé ses ressortissants à «la plus grande vigilance» dans les pays du Sahel, «aucun endroit ne pouvant plus être considéré comme sûr».

Il reste huit otages Français de par le monde, dont cinq qui ont été enlevés au Niger en compagnie d'un Togolais et d'un Malgache, le 16 septembre dernier, et sont détenus par Aqmi au Mali.

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