Le faux taliban a vite été repéré, assure Washington

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Les Etats-Unis soupçonnaient depuis longtemps un homme qui s'est présenté comme un commandant des taliban d'être un imposteur, même s'ils l'ont laissé prendre contact avec Kaboul, assure l'amiral Mike Mullen, chef d'état-major interarmes, dans une interview à CNN.

Le New York Times a raconté mardi l'histoire de ce faux taliban, qui se présentait comme le numéro deux de la milice islamiste sous le nom du mollah Akhtar Mohammad Mansour et qui aurait monnayé ses services aux Occidentaux dans l'idée de faciliter des contacts entre Kaboul et les taliban.

"Il y a eu très vite des soupçons. Et il a fallu peu de temps pour vérifier qui il était et qui il n'était pas", déclare l'amiral Mullen dans cet entretien qui sera diffusé dimanche.

"A ma connaissance, cet individu n'a pas rencontré (le président afghan Hamid) Karzaï. Il rencontrait ses intermédiaires", ajoute l'officier qui rejette l'idée que les services de renseignement aient été bernés dans cette affaire. "Les renseignements nous ont dirigés dans la bonne direction", souligne-t-il.

Le New York Times a rapporté que l'homme avait pris part à trois rencontres avec des représentants de l'Otan et du gouvernement afghan et qu'il avait même rencontré Hamid Karzaï après avoir été acheminé à Kaboul dans un avion de l'Alliance.

Selon le Washington Post, il s'agirait en fait d'un commerçant de Quetta, ville de l'ouest du Pakistan où l'état-major des taliban a trouvé refuge après son renversement fin 2001.

Le quotidien britannique The Times écrit vendredi que des agents du SIS (Secret Intelligence Service) ont versé des sommes à cet individu à partir du mois de mai dernier, croyant avoir réussi là une "percée historique" en établissant une ligne de contact entre les taliban et le gouvernement afghan.

L'amiral Mullen minimise pour sa part les efforts de réconciliation jusqu'ici engagés: "Ce sont des discussions à propos de discussions. Nous n'avons pas réellement progressé", dit-il. "Nous devons (pousser en faveur de la réconciliation) en partant d'une position de force, ce que nous sommes justement en train d'établir."

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