Inondations au Brésil: plus de 600 morts

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carte-bresil.gifEpuisés par des jours de pluies incessantes, les rescapés des coulées de boue qui ont fait plus de 610 morts au Brésil ont apporté ce week-end nourriture, eau et couvertures à des amis, des voisins et des proches toujours bloqués dans les localités sinistrées, alors que de violents orages étaient prévus pour dimanche.

Les coulées de boue ont touché une zone de près de 2.330 kilomètres carrés dans les montagnes situées à quelque 65km au nord de Rio de Janeiro.

Les décès ont été signalés à Teresopolis et dans trois autres localités, où nombre d'habitants aisés de Rio possèdent des maisons secondaires. Les services de la Défense civile de l'Etat de Rio ont déclaré samedi sur leur site web que 263 personnes avaient péri à Teresopolis, et 274 à Nova Friburgo, à 75 kilomètres à l'ouest, qui attire randonneurs et campeurs. Par ailleurs, 55 personnes sont mortes dans la localité voisine de Petropolis et 18 autres dans la ville de Sumidouro.

Samedi, 50 corps non identifiés ont été déposés dans des tombes par l'armée à Nova Friburgo. Des empreintes digitales, des photos et du matériel génétique ont été rassemblés afin que les défunts puissent être identifiés ultérieurement, selon un communiqué d'un responsable de la ville de Nova Friburgo, Hedel Nara Ramos.

Dans le centre de Teresopolis, des centaines de personnes sans abri ont été accueillies dans un gymnase, où vivres sont distribués et soins médicaux dispensés. Les petites morgues sont complètement submergées par l'afflux de corps.

Les services d'incendies et de secours ont déclaré qu'ils avaient déployé 2.500 sauveteurs, tandis que 225 policiers fédéraux sont présents dans la région pour maintenir l'ordre. Le gouvernement fédéral a tenté d'envoyer 11 hélicoptères vers les zones éloignées, mais les opérations ont été rendues difficiles par la pluie et les nuages à basse altitude.

Des rescapés apportaient ce week-end leur aide à des sinistrés toujours bloqués. Aucune assistance -nourriture, eau, médicaments- autre que celle que des habitants ont pu apporter n'avait été dispensée samedi aux survivants dans des secteurs isolés comme Cascata do Imbui.

La présidente Dilma Rousseff a annoncé l'équivalent de 60 millions de dollars d'aide (44,8 millions d'euros) pour l'Etat de Rio de Janeiro et les localités les plus touchées. Le ministre de l'Intégration nationale Fernando Bezerra a déclaré que la moitié de l'enveloppe serait versée d'ici lundi sur les comptes de l'Etat de Rio et de municipalités, six jours après la catastrophe.

L'Etat a décrété une période de deuil de sept jours à la mémoire des victimes de la plus grave catastrophe naturelle au Brésil depuis quatre décennies. La présidente Dilma Rousseff a, elle, annoncé trois jours de deuil national.

Dans la région sinistrée, plusieurs habitants critiquent cependant la réaction des autorités. "Où est le gouvernement? Que font-ils? C'est honteux", lançait ce week-end Adriana Aguiar Pereira, 34 ans, qui portait dans des sacs du lait, des gâteaux secs, des bougies et des couches. Avec sa petite fille âgée d'un an et sa mère, la jeune femme vit dans le quartier isolé de Campo Grande à Teresopolis.

Trois experts de l'aide humanitaire suisse devaient arriver dimanche soir à Rio de Janeiro et se rendre dès le lendemain à Nova Friburgo, ville fondée en 1819 par des Suisses, afin d'évaluer la situation et identifier les besoins les plus urgents. La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a exprimé ses plus sincères condoléances aux proches des victimes, précisant au "Matin Dimanche" qu'il n'était "pas question de n'aider que Nova Friburgo".

Dans une lettre à Dilma Rousseff, rendue publique dimanche par l'Elysée et datée de jeudi, le président français Nicolas Sarkozy a de son côté exprimé sa "tristesse" et son "émotion" devant le "très lourd bilan humain des intempéries" frappant le Brésil. Il lui adresse ses "très sincères condoléances" et tient à "assurer de la solidarité de la France en ces moments dramatiques".

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