Hillary Clinton en visite au Yémen

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hilayem.jpgLa secrétaire d'Etat Hillary Rodham Clinton, actuellement en tournée dans les pays du Golfe, a effectué mardi une détour non-annoncé par le Yémen, cherchant à restaurer les liens avec un allié fragile et problématique. Il s'agit de la première visite d'un chef de la diplomatie américaine à Sanaa depuis 20 ans.

"Nous sommes confrontés à une menace commune posée par les terroristes et Al-Qaïda, mais notre partenariat va au-delà", a-t-elle déclaré aux journalistes après avoir rencontré le président Ali Abdallah Saleh. Et d'affirmer que les discussions avaient également porté sur "les défis à long terme", l'extrême pauvreté du pays notamment, Washington prônant une "approche équilibrée".

"Nous avons rééquilibré notre aide, afin qu'elle ne consiste pas de manière disproportionnée en financement pour les questions antiterroristes, mais tienne compte aussi des autres priorités" que sont l'assistance économique, sociale et politique, a-t-elle ajouté.

Mais Mme Clinton, venue à Sanaa sous très haute sécurité, a surtout fait pression sur les dirigeants yéménites pour qu'ils répriment les différents extrémismes: l'idéologue religieux américano-yéménite Anwar al-Awlaki, recherché par Washington, se cacherait au Yémen.

"Le Yémen reconnaît la menace" posée par Al-Qaïda dans la péninsule arabique, la branche locale du groupe terroriste, et "est de plus en plus engagée envers une stratégie anti-terroriste plus vaste", a estimé la secrétaire d'Etat.

Le Yémen, pays d'origine de la famille d'Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda, où le pouvoir central est confronté à la fronde des tribus, à une insurrection chiite dans le Nord et à la résurgence du séparatisme dans le Sud, est en proie à un chaos croissant. Le Yémen a connu plusieurs attentats anti-américains depuis celui de 2000 contre l'USS Cole dans le port d'Aden (sud) qui coûta la vie à 17 marins.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique est considérée comme étant derrière l'attentat manqué de Noël 2009 contre un avion américain se rendant à Detroit, et ses combattants ont attaqué deux fois l'ambassade américaine à Sanaa en 2008. Washington a investi ces cinq dernières années plus de 250 millions de dollars dans la lutte contre le terrorisme au Yémen et ce chiffre devrait être à nouveau investi en une seule fois en 2011.

Même si ses forces sont impliquées dans les combats sur le terrain, Washington se plaint fréquemment en parallèle du manque de détermination et de coopération de la part des autorités de Sanaa dans cette lutte, qui se renforce avec l'installation d'unités anti-terroristes spécialisées dans toutes les régions du pays, même les plus reculées, considérées comme des bastions d'Al-Qaïda. Selon les responsables américains, les commandos des forces spéciales américaines pourraient y travailler avec les forces yéménites.

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