Baisse en trompe-l'oeil de la production d'opium en Afghanistan

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opium.jpgUne maladie d'origine inconnue a réduit de près de moitié la production d'opium en Afghanistan cette année, mais la superficie des champs de pavot n'a pas varié par rapport à 2009 et les revenus ont progressé, ont rapporté jeudi les Nations unies.

Ces deux derniers points relativisent les mesures d'incitation mises en oeuvre pour persuader les producteurs d'opium à se tourner vers d'autres cultures.

Même si les autorités peuvent se targuer de quelques succès, comme dans la province du Helmand (Sud), où les surfaces cultivées ont légèrement reculé.

La hausse des courts de l'opium, qui a compensé le manque à gagner des producteurs, devrait en effet attiser l'intérêt des paysans afghans pour le pavot, et suggère une récolte plus importante l'année prochaine, relève l'Office de l'Onu contre la drogue et le crime (UNODC).

"C'est notre grave inquiétude", a confirmé Zarar Ahmad Moqbel, le ministre afghan chargé de la lutte contre les narcotiques, lors de la présentation de l'enquête de l'UNODC.

L'Afghanistan compte pour 90% environ de la production mondiale d'opium, base servant à la fabrication de l'héroïne.

Sa production et sa revente participent au financement de l'insurrection contre l'administration de Hamid Karzaï et les forces étrangères stationnées dans le pays depuis bientôt neuf ans. Selon des agences étrangères, les insurgés en tireraient jusqu'à 100 millions de dollars.

L'an dernier, l'évolution croisée des cours du blé, en hausse, et du pavot, en baisse, avait joué en faveur de la lutte contre le trafic de drogue en amenant des paysans à se détourner du pavot lors des semailles. Mais cette année, les tendances se sont renversées: le kilogramme d'opium sec passant à 169 dollars contre 64 dollars en 2009.

"Cette augmentation spectaculaire est une réponse des marchés à la réduction drastique de la production d'opium", a souligné le directeur de l'UNODC, Iouri Fedotov, lors d'une conférence de presse à Vienne.

"L'objectif visant à augmenter le nombre de provinces (afghanes) débarrassées des cultures du pavot est aujourd'hui menacé du fait de ces cours élevés", a-t-il ajouté.

Selon les estimations de l'Onu, il se sera produit à la fin de l'année 3.900 tonnes d'opium contre 6.900 tonnes en 2009 pour une superficie totale des champs de pavot stable (de l'ordre de 120.000 hectares).

Mais en dépit de cette production au niveau le plus bas depuis 2003, l'opium représente 5% du PIB afghan, contre 4% l'année dernière. L'UNODC souligne que "98% des zones de culture sont concentrées dans neuf provinces des régions du Sud et de l'Ouest (où l'insurrection est la plus présente-NDLR)".

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