Israël : le gynécologue Menahem Alkalai condamné à 14 ans de prison pour le viol de neuf patientes

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Par Claudine Douillet

Israël : le gynécologue Menahem Alkalai condamné à 14 ans de prison pour le viol de neuf patientes

Le professeur Menahem Alkalai, uro-gynécologue renommé, a été condamné jeudi à 14 ans de prison ferme par le tribunal de district de Tel-Aviv. Pendant huit ans, il a violé neuf de ses patientes en faisant passer ses actes pour des examens médicaux.

Dix viols par tromperie en huit ans

Le tribunal de district de Tel-Aviv a prononcé la peine jeudi 8 octobre. Menahem Alkalai avait été reconnu coupable à l'unanimité de dix viols par tromperie, commis sur neuf patientes entre 2013 et 2021. Les victimes avaient entre 23 et 66 ans au moment des faits.

Outre les 14 années de détention, le tribunal a prononcé une peine avec sursis et condamné le médecin à verser au total 920 000 shekels de dommages et intérêts aux victimes.

Le cabinet médical transformé en piège

Les juges ont établi que le praticien avait exploité les examens gynécologiques et son statut de spécialiste pour imposer à ses patientes des actes sexuels, sans leur consentement éclairé, en les présentant comme des gestes médicaux légitimes.

Le jugement est sévère sur la nature de la trahison. « Dans un acte médical aussi complexe et sensible, la patiente accorde une confiance totale : derrière la porte fermée du cabinet, il ne lui arrivera aucun mal », écrivent les juges. Seule avec son gynécologue, cette confiance est « la condition même de l'examen et sa seule protection ». C'est pourquoi l'atteinte portée à chacune des neuf patientes se situe, selon le tribunal, « au plus haut degré de gravité ».

« Une plaie encore ouverte »

Les juges se sont adressés directement aux victimes. « Pour certaines d'entre elles au moins, le traumatisme causé par l'accusé reste une plaie ouverte et qui saigne », souligne le jugement, qui espère que l'indemnisation contribuera, ne serait-ce qu'un peu, à leur reconstruction.

Les avocates de l'aide juridictionnelle du ministère de la Justice, qui représentent trois des victimes, saluent des femmes « impressionnantes et fortes », qui ont tenu à être entendues malgré les années écoulées et de longues heures de témoignage. Elles parlent d'une peine « retentissante » et annoncent qu'elles resteront aux côtés des victimes lors de la procédure d'appel.

Le tribunal interpelle le ministère de la Santé

Au-delà de la condamnation, le tribunal a adressé une recommandation au ministère de la Santé : encadrer la présence d'une tierce personne lors des examens gynécologiques, afin d'empêcher que de tels abus se reproduisent. Aujourd'hui, rien n'impose en Israël la présence d'un accompagnant dans la salle d'examen. L'affaire Alkalai pourrait changer la règle.

Sources : The Jerusalem Post, N12 (Mako)

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