flydubai : pourquoi l'exemption de visa américaine des Israéliens est menacée

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flydubai : pourquoi l'exemption de visa américaine des Israéliens est menacée

flydubai : pourquoi l'exemption de visa américaine des Israéliens est menacée

Visa pour les États-Unis : les Israéliens pourraient payer l'aveuglement du ministère des Transports / flydubai : 1 200 équipages de pays hostiles non contrôlés, l'exemption de visa en jeu

Israël a promis aux États-Unis de contrôler tous ceux qui entrent sur son sol. L'affaire flydubai révèle qu'il ne l'a pas fait pour les équipages étrangers. Ce manquement touche au cœur du contrat qui permet aux Israéliens de voyager en Amérique sans visa, et Jérusalem craint désormais un réexamen américain.

Par Claudine Douillet I 7 octobre 2026

Depuis trois ans, un Israélien qui part à New York ou à Miami n'a plus besoin de faire la queue au consulat américain. Une autorisation électronique remplie en ligne suffit. Cet acquis, arraché après des années de négociations, pourrait vaciller. Selon Walla, qui cite une source au fait du dossier, Israël redoute que les États-Unis réexaminent son respect des conditions du programme d'exemption de visa. En cause : la tentative d'attentat à bord du vol flydubai, et surtout ce qu'elle a révélé des contrôles israéliens.

Un privilège qui se mérite

Pour comprendre la menace, il faut comprendre le programme. Le Visa Waiver Program permet aux ressortissants d'une quarantaine de pays d'entrer aux États-Unis jusqu'à 90 jours sans visa. Israël y a été admis le 26 septembre 2023 par le département de la Sécurité intérieure. Les Israéliens peuvent en profiter depuis le 19 octobre 2023, en remplissant le formulaire électronique ESTA, valable deux ans.

Ce n'est pas un cadeau diplomatique. C'est un contrat de sécurité. Washington renonce à examiner lui-même chaque voyageur parce qu'il fait confiance au filtrage du pays partenaire. En échange, ce pays s'engage à partager ses informations sur les terroristes connus ou suspects, à contrôler systématiquement les personnes qui franchissent ses frontières à partir des données antiterroristes américaines, et à collecter et analyser les données des passagers aériens. Israël a dû voter des lois spécifiques et créer une base de données nationale sur les entrées et sorties pour être admis.

Le contrat se surveille. La loi américaine impose au département de la Sécurité intérieure de réévaluer chaque pays membre au moins tous les deux ans. Un pays qui manque à ses obligations de partage d'informations peut être placé en période probatoire, voire exclu du programme.

Le maillon manquant : les équipages

C'est ici que l'affaire flydubai devient explosive. Selon la source de Walla, l'une des conditions posées par Washington est précisément que l'État hébreu reçoive et vérifie l'ensemble des informations sur les passagers et les équipages qui arrivent sur son territoire. Or cette obligation n'a manifestement pas été remplie.

La division sécurité du ministère des Transports l'a reconnu elle-même, selon Maariv : Israël n'avait pas reçu les noms des pilotes du vol flydubai. Plus grave, il ne reçoit en règle générale ni les noms des pilotes étrangers ni de contrôle sécuritaire ou de renseignement à leur sujet. Il se contente d'une déclaration de la compagnie aérienne assurant que ses équipages ont été vérifiés, conformément à la réglementation internationale.

Le 30 septembre, ce système a failli coûter la vie à tous les passagers du vol FZ1073 Dubaï-Tel-Aviv. Le copilote omanais, Hamam al-Hammami, a attaqué le commandant de bord indien Smit Machchhar avec la hache de secours du cockpit pour s'emparer de l'appareil. L'avion a plongé vers 4 500 mètres avant d'être dérouté vers l'Arabie saoudite. Des passagers israéliens ont maîtrisé l'assaillant. Les Émirats ont qualifié l'attaque d'acte terroriste dangereux.

1 200 équipages de pays hostiles

L'enquête a ensuite levé un lièvre bien plus gros. Lors d'une réunion de la sous-commission du renseignement de la Knesset, rapportée par N12 puis par le Jerusalem Post, il est apparu que plus de 1 200 membres d'équipage originaires de pays sans relations diplomatiques avec Israël sont entrés dans le pays depuis janvier. Parmi eux, des ressortissants du Liban, de Syrie et d'Oman. Le Jerusalem Post évoque aussi des Iraniens.

Le représentant du ministère des Transports a paru découvrir le problème. Une directive de sécurité envoyée aux compagnies étrangères après l'attentat rappelle pourtant que c'est à elles de consulter la liste des nationalités interdites lorsqu'elles composent leurs équipages pour Israël. Dans les faits, le ministère n'exigeait plus le croisement des listes d'équipage avec cette liste et n'effectuait pas les inspections prévues. Une vérification rétroactive de toutes les entrées est en cours et une délégation israélienne doit se rendre à Dubaï.

Pourquoi Washington s'en inquiète

Le raisonnement américain est simple. Si Israël ne sait pas qui entre sur son territoire par la porte des cockpits, la fiabilité de son filtrage est en question. Et c'est précisément cette fiabilité qui justifie que les Israéliens entrent aux États-Unis sans visa. Le précédent est d'autant plus sensible que l'assaillant a réussi à monter à bord d'un vol à destination d'un pays membre du programme.

Interrogé par Walla, un haut responsable du département d'État n'a ni confirmé ni démenti. Il s'est borné à rappeler que Washington ne communique pas à l'avance sur ses actions.

Ce que risquent les Israéliens

À ce stade, aucune procédure n'est annoncée. Un réexamen peut se conclure par de simples exigences correctives. Mais le scénario le plus dur ferait revenir les Israéliens au régime du visa classique : dossier, frais, entretien au consulat et délais. Pour des centaines de milliers de voyageurs, familles, étudiants et hommes d'affaires, ce serait un retour de plusieurs années en arrière.

Le gouvernement a donc tout intérêt à combler la brèche vite et à le faire savoir à Washington. La première leçon de flydubai était sécuritaire. La seconde pourrait être diplomatique.

 

Sources : Walla, Maariv, Jerusalem Post,

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