Eyal Ben Reuven mobilise 30 anciens officiers de Tsahal pour la récolte des olives palestinienne

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Par Claudine Douillet

Anciens officiers de Tsahal aidant des agriculteurs palestiniens lors de la récolte des olives en Judée-Samarie

Une trentaine d'anciens officiers supérieurs de Tsahal, dont six généraux, ont cueilli mardi des olives aux côtés d'agriculteurs palestiniens en Judée-Samarie. À l'origine de l'initiative, le général de division de réserve Eyal Ben Reuven veut répondre à la montée des violences commises par des extrémistes issus des implantations, un phénomène qui inquiète jusque dans les rangs de l'ancienne hiérarchie militaire israélienne.

Des galons au service de la récolte

Le geste est inhabituel et il est voulu comme tel. Mardi 3 novembre, des hommes qui ont commandé des brigades, des divisions et des unités d'élite de Tsahal se sont retrouvés dans des oliveraies palestiniennes de Judée-Samarie, sécateurs et bâches en main. Selon l'agence Reuters, reprise par le Jerusalem Post, il s'agit d'un acte de solidarité envers des agriculteurs dont la récolte, chaque automne, est devenue un moment de forte tension.

Le groupe compte une trentaine d'anciens officiers supérieurs, dont six généraux. Il a été constitué il y a plusieurs mois par le général de division de réserve Eyal Ben Reuven, ancien commandant adjoint des forces terrestres, en réaction à la multiplication des agressions attribuées à des extrémistes juifs contre des Palestiniens.

Eyal Ben Reuven invoque la mémoire de ses parents

Le général à la retraite ne cache pas la dimension personnelle de son engagement. Face aux images d'hommes qui s'en prennent à des femmes et à des enfants, il dit penser aux récits que lui faisaient ses parents sur les persécutions subies par le peuple juif. Il est allé jusqu'à comparer certaines de ces attaques à des pogroms, une formule forte qui n'engage que lui mais qui dit l'ampleur de son malaise.

Ce rappel de l'histoire juive n'est pas anodin dans la bouche d'un officier qui a passé sa carrière à défendre Israël. Il traduit une conviction partagée par ce groupe : la violence d'une minorité extrémiste trahit les valeurs que l'armée israélienne revendique.

L'image d'Israël en Occident au cœur des inquiétudes

Au-delà de l'aspect moral, plusieurs participants s'inquiètent des conséquences stratégiques. L'ancien général de brigade Jonatan Yoni estime que ces violences créent de réels problèmes pour l'État d'Israël, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis, son principal allié. Il dit également agir par opposition à une annexion de la Judée-Samarie et par souci du sort des agriculteurs palestiniens.

À l'heure où Israël mène une bataille diplomatique et médiatique permanente depuis le 7 octobre 2023, chaque image d'agression contre des civils palestiniens est exploitée par ses adversaires. Pour ces anciens officiers, laisser faire une poignée d'extrémistes revient à offrir des munitions à ceux qui cherchent à délégitimer l'État juif.

Des accusations portées contre l'armée

Le colonel de réserve Doron Meinert, qui consacre désormais une grande partie de son temps au bénévolat auprès des Palestiniens, va plus loin. Il accuse Tsahal d'aider ces extrémistes et affirme que certains soldats partagent leur idéologie, selon laquelle seuls les Juifs auraient des droits sur ce territoire. Il présente le conflit avec les Palestiniens comme le problème central de la société israélienne, appelant à le régler avec eux.

Ces propos, tenus par un ancien officier, relèvent de son appréciation personnelle et ne reposent dans l'article source sur aucun élément vérifiable présenté.

La réponse de Tsahal

L'armée israélienne rappelle qu'elle condamne toute forme de violence et qu'elle agit pour maintenir la sécurité en Judée-Samarie. Elle souligne aussi qu'elle est l'armée du peuple et qu'elle reflète la diversité des opinions de la société israélienne, une manière de répondre aux accusations de complaisance sans nier l'existence de sensibilités différentes dans ses rangs.

Un débat qui traverse la société israélienne

L'initiative d'Eyal Ben Reuven illustre un débat qui dépasse largement le cercle des anciens militaires. La violence d'extrémistes issus des implantations est régulièrement dénoncée par les responsables sécuritaires israéliens, qui y voient une menace pour l'ordre public et pour la crédibilité d'Israël. La saison de la récolte des olives, qui s'étend chaque année d'octobre à novembre, cristallise ces tensions.

En choisissant de se rendre sur le terrain plutôt que de signer une tribune, ces anciens généraux envoient un message clair : défendre Israël, c'est aussi refuser que des extrémistes agissent en son nom.

Source : The Jerusalem Post (Reuters), https://www.jpost.com/israel-news/article-913755

Six généraux de Tsahal à la retraite et une trentaine d'officiers ont aidé des agriculteurs palestiniens à récolter leurs olives en Judée-Samarie face aux violences extrémistes.

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