7 octobre : Avinatan Or a creusé six mois le mur de sa cellule à Gaza avant d'être repris et torturé

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7 octobre : Avinatan Or a creusé six mois le mur de sa cellule à Gaza avant d'être repris et torturé

Avinatan Or a creusé six mois le mur de sa cellule à Gaza avant d'être repris et torturé. L'ex-otage raconte aussi la menace de son geôlier du Hamas.

Avinatan Or a passé près de six mois à percer en secret le mur de sa cellule souterraine à Gaza. Repris à l'instant même où il franchissait la paroi, l'otage enlevé au festival Nova a été battu, affamé, enfermé dans une cage. À la veille du troisième anniversaire du 7 octobre, il raconte à la télévision israélienne son évasion manquée et la menace glaçante d'un de ses geôliers.

Par Claudine Douillet I le 6 octobre 2026

Un courant d'air dans l'obscurité

C'est un détail infime qui a tout déclenché. Dans le noir absolu de sa cellule souterraine, Avinatan Or tâtonne le long des parois. Sous ses doigts, une partie du mur n'est pas faite de roche mais de sacs de sable. Et à travers ces sacs, il sent passer de l'air. « Ça n'arrive pas dans un tunnel », a-t-il expliqué lundi soir dans l'émission d'investigation Ouvda, sur la chaîne israélienne N12.

L'ancien otage, détenu seul pendant l'essentiel de sa captivité, se souvient alors d'une leçon apprise sous l'uniforme. À l'armée, on lui répétait qu'aucune défense n'est parfaite à 100 % et qu'il existe toujours un point faible. Ce point faible, il vient de le trouver.

Six mois de travail avec un câble électrique

Commence alors un travail de patience obstiné qui va durer environ six mois. Pour échapper à la caméra de surveillance qui filme sa cellule, Avinatan Or se dissimule sous un sac poubelle. Son seul outil : une rallonge électrique de 60 mètres, avec laquelle il gratte et attaque les sacs de sable, jour après jour.

En parallèle, il prépare sa fuite dans les moindres détails. Il rassemble dans un sac les vêtements qu'il a pu trouver et inscrit le mot « Otage » sur un sac de toile. Conscient que l'évasion peut lui coûter la vie, il rédige aussi un testament et des lettres d'adieu à ses parents.

Repris au moment de percer le mur

Le jour où il parvient enfin à traverser la paroi, la liberté lui échappe. Il est découvert et immédiatement repris par ses ravisseurs. La punition est féroce. Avinatan Or décrit des tortures, des coups, la privation de nourriture et des conditions de détention considérablement durcies.

Son père, Yaron Or, avait déjà levé le voile sur cet épisode quelques jours après la libération de son fils, en octobre 2025, sur les ondes de la radio publique Kan Reshet Bet. Il avait raconté que son fils avait été frappé après sa tentative, puis enfermé dans une cage de la largeur d'un matelas et d'1,80 mètre de hauteur. Avinatan Or lui-même avait évoqué cette tentative lors d'une conférence à Washington, aux côtés de sa compagne Noa Argamani.

« Prends un sac et pars en Europe »

Le passage le plus saisissant de son témoignage concerne les jours qui ont précédé sa libération. L'un des terroristes du Hamas qui le gardaient vient alors le trouver. Selon le récit d'Avinatan Or, l'homme lui conseille de dire au revoir à son père et à sa mère, de revoir ses amis quelques jours, puis de faire ses valises et de partir pour l'Europe.

La raison avancée glace le sang. Le Hamas, lui explique le geôlier, commettra un nouveau 7 octobre. Tant qu'il restera un seul Juif sur la terre d'Israël, les Juifs seront massacrés « encore et encore ».

« C'est aussi ma maison »

La réponse de l'otage tient en quelques mots : « Je ne pars pas. » Intrigué, le terroriste lui demande pourquoi. Avinatan Or retourne alors la question. Il lui fait remarquer que la bande de Gaza n'est plus que ruines et mort, et lui demande s'il partira en Égypte quand la guerre sera finie et que les points de passage rouvriront. Le geôlier répond que non, parce que c'est chez lui. « Excellent, lui rétorque l'otage. Chez moi aussi, c'est ma maison. »

Cet échange, rapporté trois ans après le massacre, résume à lui seul l'intention affichée du Hamas : non pas une guerre de frontières, mais la volonté de chasser les Juifs de leur terre. Il dit aussi la force morale d'un homme affamé, isolé, battu, qui refuse jusqu'au bout de céder à l'intimidation.

738 jours entre les mains du Hamas

Avinatan Or avait été enlevé le 7 octobre 2023 au festival Nova, près du kibboutz Réïm, en même temps que Noa Argamani. Les images de la jeune femme emportée sur une moto, tendant les bras vers lui, avaient fait le tour du monde. Noa Argamani a été libérée par Tsahal lors d'une opération de sauvetage en juin 2024. Lui est resté captif.

Il n'a retrouvé la liberté qu'en octobre 2025, après 738 jours de détention, parmi les derniers otages vivants libérés dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu. Le 21 octobre 2025, des centaines de personnes l'attendaient pour célébrer son retour chez lui.

Un témoignage pour le troisième anniversaire

En choisissant de parler à la veille du troisième anniversaire du 7 octobre, Avinatan Or livre bien plus qu'un récit d'évasion. Son témoignage rappelle la réalité de la détention des otages dans les souterrains de Gaza, la cruauté de leurs geôliers et la menace explicite d'un nouveau massacre. Il oppose surtout à cette menace une réponse simple, que beaucoup d'Israéliens reprendront à leur compte : ici, c'est chez nous.

Sources : N12 (Ouvda), The Jerusalem Post, Kan, Walla

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