Maltraitance en crèche à Ra'anana en Israël: un bébé de 11 mois hospitalisé, trois auxiliaires arrêtées

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Maltraitance en crèche à Ra'anana en Israël: un bébé de 11 mois hospitalisé, trois auxiliaires arrêtées

 

Trois auxiliaires d'une crèche de Ra'anana ont été arrêtées, soupçonnées de violences répétées sur des enfants en bas âge. Tout est parti de l'hospitalisation d'un bébé de 11 mois blessé à l'oreille.

Par Claudine Douillet I le 6 octobre 2023

Un bébé de 11 mois à l'hôpital, le point de départ

L'affaire commence aux urgences du centre médical Meir de Kfar Saba. Un nourrisson d'environ 11 mois y est amené avec une blessure à l'oreille. Le signalement qui accompagne son admission laisse soupçonner que la lésion n'a rien d'accidentel. Les enquêteurs du commissariat de Kfar Saba ouvrent alors une enquête discrète sur une crèche de la région du Sharon, selon le Jerusalem Post.

Les parents d'enfants accueillis dans l'établissement déposent plainte. Les investigations confirment rapidement que le cas du bébé n'est pas isolé et mettent au jour d'autres actes de violence visant des tout-petits.

Des enfants soulevés de force et jetés au sol

Les faits reprochés sont accablants. Selon les soupçons de la police, les auxiliaires ont été filmées en train de soulever brutalement des enfants avant de les projeter au sol, de leur tirer les oreilles et de leur lancer des objets. Ces images ont été recueillies au cours d'actes d'enquête ayant fait appel à des moyens technologiques, sans que la police précise lesquels.

Une fois le dossier de preuves consolidé, les policiers ont interpellé trois auxiliaires employées par la crèche. Toutes résident à Ra'anana. Deux tranches d'âge sont mentionnées : la trentaine et la cinquantaine.

Détention prolongée, identités sous embargo

Lundi, le tribunal a prolongé leur détention jusqu'à ce mardi. Les noms des trois suspectes, comme celui de la crèche, sont frappés d'une interdiction de publication. Cette mesure, courante en Israël au stade de l'enquête, vise à protéger les investigations en cours et l'identité des jeunes victimes.

La police doit désormais déterminer combien d'enfants ont subi ces violences et sur quelle période. Dans ce type de dossier, le visionnage des enregistrements prend souvent plusieurs jours et fait régulièrement apparaître de nouveaux faits.

Une série noire dans les crèches israéliennes

Ra'anana s'ajoute à une liste déjà longue. Ces derniers mois, la presse israélienne a rapporté des arrestations comparables à Petah Tikva, Kiryat Gat, Hadera, Eilat ou encore dans le nord de Tel Aviv. Le schéma se répète : une plainte de parents ou un signalement, la saisie des vidéos de surveillance, puis l'arrestation d'une ou plusieurs employées.

L'affaire d'Eilat reste dans toutes les mémoires. La gardienne d'enfants Ilana Kuber y a été poursuivie pour près de 400 faits de maltraitance visant 23 tout-petits, rappelle le site Walla. Lors de l'audience sur sa peine, des dizaines de parents avaient décrit devant le tribunal de Beer-Sheva le traumatisme durable de leurs enfants, selon la radiotélévision publique Kan.

À Hadera, c'est une mère qui, alertée par le repli soudain de sa fille, avait caché un enregistreur dans la crèche. Son initiative avait conduit à l'arrestation de trois auxiliaires, a rapporté Kan.

Des victimes qui ne peuvent pas parler

Le cœur du problème tient à l'âge des victimes. Un enfant de moins de trois ans ne peut ni raconter ce qu'il subit ni désigner son agresseur. Ce sont les marques sur le corps, un changement brutal de comportement, des pleurs au moment d'entrer à la crèche ou, comme ici, une blessure constatée à l'hôpital qui donnent l'alerte.

Le droit israélien impose désormais la présence de caméras dans les structures d'accueil des tout-petits. Ces enregistrements sont devenus la pièce maîtresse des enquêtes. Encore faut-il qu'un soupçon pousse quelqu'un à les regarder.

Ce que risquent les suspectes

Dans les affaires comparables, les parquets retiennent généralement les qualifications de maltraitance sur mineur ou personne sans défense et d'agression aggravée, des infractions lourdement sanctionnées par le code pénal israélien. À Ra'anana, l'enquête n'en est qu'à ses débuts. La décision de poursuivre, ou non, les trois auxiliaires dépendra de l'ampleur des faits que les enquêteurs parviendront à établir.

Pour les familles de la crèche, l'attente commence. Celle de savoir si leur enfant figure parmi les victimes.

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Sources :
Jerusalem Post, .

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