Bientôt des greffes d’utérus dans les hôpitaux israéliens ?

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Israël Hayom a appris qu'au cours des dernières semaines, le ministère de la Santé avait tenu des discussions approfondies sur la demande des hôpitaux israéliens de leur permettre de mener une expérience médicale unique en son genre en Israël, à savoir des greffes utérines.

Les discussions, qui sont révélées ici pour la première fois, se déroulent au Conseil national du ministère de la Santé sur l’obstétrique et la génétique, à la suite de l’intention des médecins expérimentés de l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva et Ziv de Safed de mener une opération expérimentale.

La transplantation d'utérus est considérée comme une opération médicale complexe, avec des risques réels et très importants pour la vie de la patiente qui fait don de son utérus, pour la patiente transplantée et pour le fœtus. En 2014, la première greffe d'utérus a été réalisée en Suède, où l'on dispose de la plus grande expérience dans ce domaine. On estime que depuis lors, environ 40 transplantations utérines ont été réalisées dans le monde, donnant naissance à 13 enfants.

Douze pays du monde, parmi eux les États-Unis, l'Inde, la Chine, la République tchèque, l'Allemagne, la Serbie, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Brésil ont participé à des expériences de transplantation utérine.

2 millions de shekels

Les greffes utérines sont destinées, entre autres, aux femmes nées sans utérus (syndrome de Meyer-Rotkanski). En Israël, on dénombre environ 10 cas chaque année. Environ 1 000 femmes en âge d'enfanter vivent avec ce syndrome en Israël. En outre, il existe des centaines de femmes dont l'utérus a été ôté ou gravement endommagé à la suite d'un cancer, d'une fausse couche ou d’opérations successives.

Jusqu’à présent, les seules possibilités pour ces femmes d’avoir des enfants étaient la maternité de substitution ou l’adoption, et les personnes intéressées par cette transplantation sont généralement des femmes appartenant à des communautés très religieuses (musulmanes ou juives orthodoxes) qui ne sont pas toujours en mesure, pour des raisons religieuses, halakhiques ou sociales, d’avoir un enfant par l’intermédiaire d’une mère porteuse. Selon les estimations, le coût d'une greffe utérine pourrait atteindre 2 millions de NIS en Israël (selon le tarif du ministère de la Santé).

bientôt des greffes d’utérus dans les hôpitaux israéliens ?

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"Un décision prématurée"

Les discussions en Israël soulèvent des arguments très graves émis par les médecins qui y participent et les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé. Certains d'entre eux pensent qu'il s'agit "d'une grande folie de médecins israéliens prêts à mettre en danger les patientes pour gagner une renommée" et "d'un caprice conçu uniquement pour satisfaire l’ego démesuré des gynécologues en Israël ". D'autres médecins pensent que cela devrait être approuvé en Israël car "tout le monde adopte la politique de l’autruche sur le sujet et Israël ne doit pas être laissé pour compte dans ce problème médical dramatique".

Le professeur Shlomo Mashiach, gynécologue israélien de haut rang, a déclaré à Israel Hayom: "Il n’est pas encore temps d’approuver la greffe utérine en Israël, en particulier lorsque la maternité de substitution est autorisée, ce qui est une solution beaucoup moins dangereuse, efficace et peu coûteuse. Il s'agit d'une procédure médicale qui met en danger la santé de la donneuse, de la personne greffée et du fœtus. Il s'agit d'opérations et de traitements qui coûteront des millions de shekels. Le système de santé israélien a des sujets beaucoup plus urgents à traiter que la greffe d'utérus. "

Un autre gynécologue de haut rang a déclaré: "La proposition de procéder à une greffe utérine en Israël semble n'être que le caprice d'un trop grand nombre de médecins en Israël, et elle ne doit être confirmée qu'après une expérience réussie dans le monde - et cela prendra au moins 20 ans."

De son côté, le professeur Arnon Viznitzer, directeur du service d’obstétrique et de gynécologie de l’hôpital Beilinson à Petah Tikva, a déclaré qu’à son avis, «il est déjà possible d’acquérir les compétences d’une greffe utérine en Israël après un examen approfondi de tous les aspects médicaux et éthiques. Cette greffe n’est pas plus compliquée que celle d’un cœur ou d’un foie. "

La première demande de greffe utérine a été soumise en Israël en 2016 par le service de gynécologie de l'hôpital Ziv de Safed. Mais le Comité suprême de Helsinki pour l'approbation des essais sur l'homme au ministère de la Santé a rejeté la demande en 2017 et a même refusé d'approuver une expérience de transplantation de l'utérus chez les animaux.

Il convient de noter que la plupart des greffes utérines dans le monde ont été effectuées grâce à une donneuse vivante, généralement une parente (mère, sœur, tante, amie). La chirurgie pour retirer l'utérus de la donneuse est particulièrement longue (jusqu'à 12 heures), très compliquée et particulièrement fatale, car l'utérus doit être retiré avec les vaisseaux sanguins qui y sont attachés. Dans ce type de chirurgie, de nombreux médecins interviennent dans les domaines de la chirurgie vasculaire, de la transplantation d'organes, des gynécologues, des oncologues etc.

Selon l'expérience mondiale, la greffe utérine est réalisée pour une période de cinq ans au maximum et permet la naissance de deux enfants au maximum, afin de prévenir les complications graves liées aux médicaments que doit recevoir la femme greffée afin d'éviter le rejet de l'utérus. Ces médicaments peuvent avoir des effets indésirables très graves pour les femmes et le fœtus, notamment des maladies rénales, des infections et le cancer. Selon les études, une grossesse dans un utérus transplanté présente une incidence plus élevée de pré-éclampsie et de graves problèmes de croissance du fœtus dans l'utérus greffé.

Source : Israel HaYom

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