Le voyage de Netanyahu met en lumière la minuscule communauté juive de l'Inde

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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu effectuera une visite émouvante cette semaine dans un centre juif ciblé par les attentats de 2008 à Mumbai. La toute petite communauté juive de l'Inde attend beaucoup de ce voyage qui, elle l’espère, renforcera son image.

Netanyahu parlera du commerce à New Delhi et s'émerveillera devant le Taj Mahal avant d'achever sa visite à Mumbai, où vivent la majorité des 4 500 Juifs de l'Inde.

Il accompagnera le jeune Moshe Holtzberg, 11 ans, alors que le garçon revient pour la première fois dans la maison où ses parents ont été tués dans les attentats terroristes du 26 Novembre 2008 qui ont fait 166 morts.

À la synagogue Magen David de Mumbai, les fidèles sont enthousiasmés par la première visite en Inde d'un dirigeant israélien depuis près de 15 ans.

"C'est une très bonne nouvelle pour nous, nous avons beaucoup de chance de voir le Premier ministre ici", a déclaré Joel Gershon Awaskar à l'AFP après avoir conclu ses prières du matin.

Netanyahou sera seulement le deuxième Premier ministre israélien à se rendre en Inde et le premier depuis Ariel Sharon en 2003. Il arrive six mois après la visite du leader indien Narendra Modi en Israël.

Pour Jonathan Solomon, président de la Fédération juive indienne, les visites réciproques et les liens chaleureux entre les deux pays sont de la "plus haute importance" pour les Juifs en Inde.

"Plus la coopération est étroite, plus la communauté juive en Inde se sent proche d'Israël. Nous nous sentons donc reconnus et nous nous sentons en sécurité ", a-t-il déclaré à l'AFP.

Ce n'est pas seulement la reconnaissance de l'étranger que beaucoup de Juifs indiens recherchent.

Bien que les historiens croient que les Juifs sont arrivés en Inde il y a 2000 ans, leurs descendants disent aujourd'hui qu'ils sont pratiquement inconnus dans un pays où ils sont largement dépassés par les hindous, les musulmans, les sikhs, les chrétiens, les bouddhistes, les jaïns et les zoroastriens.

Les Juifs ne sont pas officiellement reconnus comme une communauté minoritaire par le gouvernement indien.

L'Inde abrite réalité plusieurs groupes juifs distincts.

Ceux-ci incluent notamment une importante communauté à Cochin dans le sud de l'Inde, les Bene Menashe, les Bene Israelis, qui ont la plus longue histoire en Inde, et les Juifs de Bagdad, qui ont fui la persécution au Moyen-Orient aux 18ème et 19ème siècles.

Bien qu'il n'y ait pas de chiffres officiels, les universitaires disent que la population juive de l'Inde a atteint un sommet d'environ 20 000 au milieu des années 1940.

Les effectifs ont rapidement diminué à cause de l'émigration depuis la création d'Israël en 1948.

La synagogue de Calcutta

La synagogue de Calcutta

«Beaucoup de gens ici ne connaissent pas la communauté juive, nos coutumes et nos fêtes», a déclaré Awaskar, qui espère que la visite de Netanyahu aidera à sensibiliser les Indiens à la foi juive.

"Ce sera bon pour nous, nous deviendrons bien connus", a-t-il ajouté, une kippa à carreaux noirs et blancs reposant sur le dessus de sa tête.

La synagogue Magen David, avec ses murs bleu clair, située dans le quartier historique de Byculla, à Mumbai, est l'une des huit synagogues de la capitale financière de l'Inde et des banlieues environnantes.

Chaque matin, une quinzaine d'hommes y récitent leurs prières, dans un espace qui pourrait facilement en accueillir des centaines.

Ensuite, ils s'installent pour un petit-déjeuner composé de pain, d'œufs et de fromage, arrosé d'une tasse de thé indien au lait.

D'autres prières sont lues, puis des bananes et des tranches de pommes sont servies.

"Toute cette zone était juive", se souvient Ellis Jacob David, un responsable de la synagogue. "Mais beaucoup ont migré vers Israël, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et les Etats-Unis."

La communauté juive de l'Inde n'a pas connu la discrimination observée dans d'autres pays, un fait que l'historienne juive Leora Pezarkar attribue en partie à son adoption des coutumes indiennes, de l'habillement et de la langue.

"La communauté s'est très bien mélangée avec la population locale sans pour autant dévier de ce qu'elle était en tant que juive", a-t-elle déclaré à l'AFP.

David, dont les parents ont fui les persécutions en Irak pour venir en Inde il y a 125 ans, dit qu'il n'a jamais expérimenté ou entendu parler de quiconque étant victime d'antisémitisme en Inde.

Lors de l'attentat de Novembre 2008, six personnes ont été tuées au Beit Habad Chabad House, un centre juif dans le sud de Mumbai, lorsque des militants pakistanais ont mené des attaques coordonnées à travers la ville.

Moshe Holtzberg n'avait que deux ans lorsque ses parents, qui dirigeaient le centre, ont été abattus. Il a été sauvé par sa nounou qui a réussi à s'échapper et il vit maintenant en Israël.

Jeudi, Moshe, avec Netanyahu, visitera son ancienne maison où un mémorial aux victimes sera dévoilé.

"Sa visite va être très émouvante pour nous, c'est l'endroit où ses parents l’ont serré pour la dernière fois dans leurs bras", a déclaré à l'AFP Israël Kozlovsky, le rabbin du centre.

Netanyahu se rendra également dans l'État du Gujarat, où réside Modi, et organisera une fête pour les producteurs de Bollywood, où il fera la promotion d'Israël comme lieu de tournage.

Les dirigeants juifs espèrent que cette visite aidera à persuader le gouvernement indien de les reconnaître officiellement en tant que communauté minoritaire, ce qui signifie qu'ils seraient inclus dans le recensement.

En 2016, l'État du Maharashtra a accordé le statut de minorité aux Juifs, facilitant l'enregistrement des mariages et l'obtention de fonds pour les institutions, mais le gouvernement central n'a pas encore emboîté le pas.

"Bien que ce soit juste une reconnaissance symbolique, c'est important pour la communauté", a déclaré Salomon.

Source : Ynet

Copyright: Alliance

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