Sujet très sensible pour les enseignants

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sujet-tres-sensible.jpgArticle paru "La Voix du Nord"

Céline Ghys et son groupe du lycée Lavezzari de Berck-sur-Mer ont travaillé sur l'histoire de deux Berckoises déportées. Céline Ghys et son groupe du lycée Lavezzari de Berck-sur-Mer ont travaillé sur l'histoire de deux Berckoises déportées.

C'est une petite phrase lancée, l'air de rien, par un jeune à son copain au détour de la visite : «  Imagine, si on leur criait "Vive la Palestine libre ?" » Une petite phrase alors que des dizaines de lycéens israéliens visitent le camp, ce mercredi-là, en même temps que les Nordistes. ...

Tous en T-shirts blancs floqués de l'étoile juive avec de grands drapeaux israéliens qu'ils agitent dans l'air, chantant comme en procession.

Remarque à la légère ? Comme une boutade dans une journée chargée en émotion ? Une remarque qui illustre en tout cas la difficulté à enseigner ce pan d'histoire, notamment dans la région. Rainier Bosak, professeur au lycée professionnel Auguste-Béhal à Lens, résume : « C'est très sensible, comme l'histoire des religions en seconde. Parce qu'il y a une forte communauté maghrébine. Les élèves parlent du conflit israélo-palestinien.

Pour qu'il n'y ait pas d'amalgames, il faut bien expliquer, bien définir les mots et les dates pour éviter les raccourcis. D'un autre côté, il y a une forte communauté polonaise pour qui c'est un héritage lourd à porter. Beaucoup de questions se posent : pourquoi avoir choisi la Pologne pour exterminer ?

 La Shoah et la Seconde Guerre mondiale sont au programme de la classe de 1re en lycée général (et donc pas au programme du bac, ce que certains enseignants regrettent) et à celui de seconde professionnelle. Le devoir de mémoire est aussi abordé en éducation civique (ECJS).

Éviter les raccourcis

Et tous les professeurs d'histoire-géo le soulignent, le sujet requiert une attention toute particulière dans la région. «  C'est la période qui marque le plus mais avec la jeune génération, le décalage est de plus en plus important. C'est pour cela qu'on parle de plus en plus du devoir de mémoire. Ce n'est pas évident de leur faire prendre conscience. Ou ils ont du mal à accepter », explique Cathie Vasseur, professeur d'histoire-géo à Giraux-Sannier à Saint-Martin-Boulogne. « Il faut savoir où on va et être très bien documenté. Car c'est le moyen de faire passer des messages », poursuit Céline Ghys, enseignante au lycée professionnel Lavezzari de Berck-sur-Mer. D'où l'importance de ce type de journée. Parce que, comme le souligne Rainier Bosak : « Les gamins ont plus confiance quand cela vient des élèves qui racontent ce qu'ils ont vu, que des profs. Pour cette histoire sensible, c'est important. »

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