Des jeunes filles en quête de célébrité piégées par un faux "Big Brother" en Turquie

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loft-story-big-brother.pngArticle paru dans LE MONDE

Des images de jeunes filles qui commencent une danse du ventre en minijupe ou qui se trémoussent autour d'une piscine en bikini... C'est en résumé ce que proposait le site payant d'une chaîne de télévision sur Internet, émettant depuis la Turquie. "Je suis venue ici pour être découverte. Mon plus grand rêve est de devenir mannequin", minaudait devant la caméra la jeune Tugce, 18 ans, en maillot de bain violet.

Avec huit autres jeunes filles, âgées de 16 à 21 ans, Tugce a pourtant été libérée par la police le 7 septembre. Elles étaient enfermées depuis plus de deux mois dans une villa de Riva, un quartier de la rive asiatique d'Istanbul.

Les neuf starlettes, recrutées dans les régions d'Izmir et d'Antalya, croyaient participer à une émission de télé-réalité, intitulée "Nous sommes à la maison". Un huis clos filmé, conçu sur le modèle de "Big Brother", qui devait leur assurer gloire et fortune. Les jeunes femmes avaient répondu à une petite annonce et signé un contrat avec un producteur, qui précisait qu'elles seraient coupées du monde, y compris de leur famille, pendant trois mois, et qu'elles devraient s'acquitter d'une amende de 23 000 euros si elles renonçaient avant la fin.

"Nous n'attendions pas d'argent, nous pensions que notre fille pouvait devenir célèbre en prenant part à ce concours", a reconnu la mère de l'une des participantes, interrogée par la presse turque.

La police est intervenue dans la villa après avoir été alertée par les parents d'une candidate, inquiets de ne pas pouvoir entrer en relation avec leur fille. Les jeunes filles étaient en fait séquestrées et le gardien de la maison a été arrêté, a déclaré la gendarmerie turque. L'avocat de la société de production, Hilmi Tufan Cakir, réfute cette version et estime qu'"elles n'ont absolument jamais été retenues de force". "Elles savaient que cette compétition serait diffusée sur Internet avec un accès limité", assure-t-il.

Succès de la télé-réalité

Les téléspectateurs turcs sont de grands consommateurs de ces reality shows diffusés à une heure de grande écoute. Sur une chaîne, un imam, un prêtre, un rabbin et un moine bouddhiste doivent convertir, en direct, un groupe d'athées. Sur une autre, un couple issu de la classe moyenne a remporté une voiture neuve et une semaine de vacances pour avoir tenu le pari de vivre un mois avec la somme de 60 euros, sous l'oeil des caméras.

Mais ces sagas peuvent parfois finir mal. En 2005, l'un des participants de "Seras-tu ma belle-fille ?", où les mères "aident" leur fils à choisir une femme, était mort d'une overdose.

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