Succès limité pour Kadima

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                        Succès limité pour Kadima, Ehud Olmert ferme sur ses projets

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JERUSALEM - Ehud Olmert, jugeant sa victoire acquise aux élections législatives israéliennes, a confirmé son intention de procéder à des retraits partiels de Cisjordanie afin de tracer d'ici 2010 les frontières définitives de l'Etat juif.

Kadima, la formation centriste dont Olmert a pris les rênes après l'hémorragie cérébrale d'Ariel Sharon le 4 janvier, est arrivée en tête du scrutin législatif, mais avec une avance nettement moins confortable que prévu.

Avec de 29 à 32 députés, d'après les sondages réalisés à la sortie des urnes, Kadima va devoir nouer des contacts avec d'autres partis en vue de rassembler une majorité de gouvernement parmi les 120 élus de la Knesset.

Le premier partenaire de Kadima devrait être le Parti travailliste, arrivé en deuxième position avec de 20 à 22 sièges.

Le grand perdant du scrutin semble être le Likoud, en ruines après le départ de Sharon, qui en claqué la porte en novembre pour se libérer de l'influence des opposants à son plan de "désengagement" du conflit avec les Palestiniens. Le parti de droite ne recueillerait que 12 sièges.

Olmert, qui préfère parler de "consolidation" de l'Etat juif, a jugé que les électeurs israéliens avaient approuvé ses projets de démantèlement de colonies isolées en Cisjordanie, inspirés du retrait de la bande de Gaza achevé en septembre à l'initiative de Sharon.

"Aujourd'hui, la démocratie israélienne s'est clairement exprimée. Israël veut Kadima", a déclaré Olmert au QG de son parti.

Le chef du parti centriste, dans un appel à Mahmoud Abbas, a affirmé que les Juifs souhaitaient depuis des millénaires créer une patrie sur la terre d'Israël, territoire biblique incluant la Cisjordanie.

"Israël prendra son destin en main"

"Mais, conscients de la réalité et des circonstances, nous sommes prêts à des compromis, à renoncer à certaines parties de la terre bien-aimée d'Israël (...) et à évacuer, avec une grande souffrance, les Juifs vivant dans ces endroits, afin de créer les conditions qui nous permettrons d'atteindre notre rêve et de vivre côte-à-côte", a lancé Olmert au président palestinien.

Si les Palestiniens ne font pas les efforts réclamés par les Israéliens pour progresser vers la paix, "Israël prendra son destin en main" et il fixera ses frontières de manière unilatérale après consultations avec les Etats-Unis et d'autres pays, a prévenu Olmert.

Ce dernier refuse toute négociation avec le Hamas, dont le gouvernement devrait officiellement entrer en fonctions mercredi après sa victoire aux législatives palestiniennes du 25 janvier.

Le mouvement islamiste refuse de reconnaître l'Etat juif et de déposer les armes.

Le Premier ministre palestinien désigné, Ismail Haniyeh, a dit vouloir attendre "de voir comment les choses vont évoluer. Pour le moment, ce que nous constatons et ce qui est annoncé, c'est le plan de séparation unilatérale d'Olmert. Ce plan est rejeté par le peuple palestinien."

Les résultats quasi définitifs des élections israéliennes devraient être connus mercredi matin.

D'après des résultats partiels rapportés par les médias israéliens, Kadima obtiendrait 28 députés, le Parti travailliste 20, le parti ultra-orthodoxe Shas 13 et Israel Beitenu (extrême-droite) et le Likoud 12 chacun.

Malgré ce revers, Benjamin Netanyahu a dit vouloir conserver la tête du Likoud, dont les partisans des colons semblent s'être détournés au profit des formations religieuses et, notamment, du chef de file d'Israel Beitenu, Avigbor Lieberman, lui-même colon et ancien collaborateur de Netanyahu.

Le président israélien Moshe Katzav devrait confier dimanche à Olmert la tâche de former un gouvernement, qui revient habituellement au chef de la formation arrivée en tête des élections.

Olmert disposera ensuite de 42 jours pour former son cabinet.

Certains observateurs lui prédisent toutefois des négociations ardues, y compris au sein de son propre camp. Ces experts soulignent qu'Olmert s'était lui-même fixé pour objectif 40 députés et que les sondages ont longtemps prédit à Kadima une victoire plus éclatante, notamment lorsque le parti était dirigé par son fondateur Ariel Sharon.


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