Un dirigeant flamand récuse les excuses d'Anvers aux juifs

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Article paru dans "Le Monde", le 01/11/07

Patrick Janssens, bourgmestre (maire) socialiste d'Anvers, a, dimanche 28 octobre, présenté des excuses officielles à la communauté juive de Belgique pour l'attitude de l'administration et de la police de sa ville durant la seconde guerre mondiale.

M. Janssens a délivré son message lors d'une réunion du Forum des organisations juives consacrée aux enfants de la Shoah. Ce geste, longtemps attendu, a été unanimement salué. Sauf par Bart De Wever, dirigeant du parti séparatiste Nouvelle Alliance flamande (NVA), une formation étroitement liée au chrétien démocrate flamand Yves Leterme, chargé de former le gouvernement belge.

"INSTRUMENTALISER"

M. De Wever a reproché à M. Janssens un acte "gratuit", destiné, selon lui, à discréditer l'extrême droite, qui réalise 30 % des suffrages à Anvers. Le dirigeant nationaliste a estimé que la communauté juive avait tendance à "instrumentaliser" l'Holocauste. Ces commentaires ont scandalisé.

D'autant plus que M. De Wever est associé aux actuelles discussions sur la formation du gouvernement fédéral. Ses rivaux, mais aussi l'ex-premier ministre chrétien-démocrate flamand Mark Eyskens, ont dénoncé un comportement "déplorable", "inqualifiable". La direction du parti chrétien-démocrate flamand a exigé des explications. Son président, M. Leterme, a cependant préféré ne rien dire, pour ne pas compromettre sa mission : l'appui du parti de M. De Wever lui est indispensable.

Bart De Wever a fini par présenter ses excuses mardi aux représentants des milieux juifs anversois. Mais l'affaire est vécue douloureusement par cette communauté victime en 1942 de trois rafles. Mille deux cents personnes, dont des enfants et des vieillards, furent arrêtées. C'était plus que ce que demandait la Gestapo, qui en réclamait 1 000. Anvers était, durant la guerre, dirigée par un maire membre du parti catholique. Jusqu'à sa mort, en 1978, celui-ci avait écarté toute idée d'excuses officielles. Ses successeurs, dont des socialistes, n'avaient pas jugé plus utile de le faire.
Au niveau national, un rapport d'historiens commandé par le Sénat a mis en cause en février la collaboration, "indigne d'une démocratie", apportée par l'administration, la justice et la police à la déportation. Le premier ministre sortant, le libéral Guy Verhofstadt, avait, en 2001, présenté officiellement ses excuses au peuple juif.

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