Bronislaw Komorowski élu président de la Pologne

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Le candidat libéral pro-européen Bronislaw Komorowski a remporté l'élection présidentielle de dimanche en Pologne face au conservateur Jaroslaw Kaczynski, qui espérait succéder à son frère jumeau Lech tué dans un accident d'avion en Russie en avril.

La commission électorale a déclaré que M. Komorowski, candidat de la Plate-forme civique (PO) du Premier ministre Donald Tusk, avait obtenu 53% des voix au second tour de dimanche, contre 47% à Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et Justice (PiS).

Jaroslaw Kaczynski a reconnu sa défaite dès dimanche soir devant ses partisans à Varsovie. "Je félicite le vainqueur, je félicite Bronislaw Komorowski", a-t-il déclaré.

Initialement prévue pour l'automne, l'élection présidentielle a été avancée à la suite de la mort du président Lech Kaczynski, frère jumeau de Jaroslaw, le 10 avril dernier dans un atterrissage manqué à Smolensk, en Russie. L'accident a également coûté la vie à son épouse et 94 autres membres d'une délégation polonaise comportant de nombreux hauts responsables civils et militaires.

Président de la Diète, la chambre basse du Parlement, Bronislaw Komorowski, 58 ans, assurait depuis l'intérim de la présidence. Sa victoire renforce la position de PO dans la perspective des élections législatives prévues pour la fin 2011.

Le président exerce un rôle essentiellement honorifique mais il peut mettre son veto à des lois, et Lech Kaczynski y a souvent eu recours pour freiner le programme de libéralisation du gouvernement Tusk, quitte à y perdre beaucoup en popularité.

M. Komorowski s'est engagé à servir tous les Polonais. "Nous avons une raison d'être fiers" car la "démocratie polonais a vraiment prévalu", a-t-il lancé dimanche soir devant ses partisans en liesse. La campagne électorale a "prouvé que l'Etat polonais, même dans les moments les plus difficiles, a passé le test", a-t-il dit, faisant référence à la tragédie de Smolensk.

"Si ces résultats sont confirmés, ce sera l'un des jours les plus heureux de ma vie", a confié de son côté le Premier ministre Donald Tusk, avant l'annonce des scores définitifs.

Maintenant qu'il possède le soutien du nouveau président, il devra mener les réformes même douloureuses, comme le recul de l'âge de la retraite, qui pourraient coûter cher au PO aux législatives. "Plate-forme civique! Vous avez désormais le pouvoir entier. Montrez-nous ce que vous pouvez faire: vous avez un an!", titrait ainsi le journal "Fakt" lundi en "Une".

Bromislaw Komorowski s'est présenté pendant la campagne comme l'homme du rassemblement. Il souhaite poursuivre la libéralisation de l'économie avec le gouvernement Tusk, entend faire passer le pays à l'euro d'ici cinq ans environ, et veut mettre fin au déploiement impopulaire en Afghanistan d'ici 2012. Il soutiendra aussi les efforts du gouvernement pour panser les blessures avec l'Allemagne et la Russie.

Jaroslaw Kaczynski, âgé de 61 ans, a pour sa part défendu la protection sociale, promis de lutter contre le crime et la corruption, et de préserver les valeurs catholiques. Eurosceptique, Il juge prématuré de fixer un calendrier pour le passage à l'euro, de peur que cela n'entraîne une hausse des prix.

Mal vu de nombreux Polonais après son passage chaotique à la tête du gouvernement en 2006-2007, il s'est efforcé de prendre un ton moins dur pendant la campagne. "De prochaines élections nous attendent, locales, législatives. Nous devons rester mobilisés, nous devons gagner", a-t-il lancé dimanche soir.

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