La fin du courage . Cynthia Fleury édition Fayard .Qu'est-ce qu'être courageux ?

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14GUTT_3046300_1_apx_470_.jpgArticle paru dans "oeil-laser.com"

La fin du courage. Cynthia Fleury (Éd. Fayard)

Pour Cynthia Fleury il n'y aurait plus que dans les jeux vidéos et dans certains films hollywoodiens que l'on fait encore preuve de courage. La société meurt par manque de courage écrit-elle, car la peur est telle que l'on en oublie d'y avoir recours, que ce soit dans le travail ou dans la vie quotidienne. Une "érosion de soi" progressive qui s'exprimerait à travers une somme de petites démissions et dont l'origine tiendrait à ce que, bien se conduire, faire preuve de courage, ne rapporterait rien dans un modèle où ce qui prime n'est plus l'exemplarité.

Ainsi, dans la vie professionnelle, "à défaut  de faire exploser le système, les individus, se font imploser eux-mêmes : ce sont les suicides au travail" constate l'auteur.

Les actes courageux sont de plus en plus rares et nous serions, au mieux, devenus des "intermittents du courage".

Non seulement nous commettons de moins en moins cet "acte sacrificiel qui consiste à savoir ce que l'on peut perdre sans connaître ce que l'on peut gagner", mais nous souffririons aussi que personne ne nous l'apprend. Plus que l'absence, c'est le manque d'apprentissage du courage qui caractérise notre société souligne Cynthia Fleury… manque d'autant plus préjudiciable que le courage est une démarche solitaire…

Il est aussi une valeur nécessaire au progrès de la démocratie poursuit l'auteur.
Car la démocratie n'est pas un statut quo, un ordre spontané de l'égalité, mais une dynamique 73.jpgentre plusieurs forces, celles qui portent les valeurs d'égalité et de liberté et celles qui s'y opposent. Le courage est le pilier de cette régulation.
Qu'est ce qu'être courageux ? se demande-t-elle enfin.
C'est choisir de vivre ses peurs au lieu de laisser croire que rien ne nous fait peur. C'est résister, par tous les temps, à la mélancolie ("l' ennemie").
C'est ne jamais confier à un tiers l'invention de sa propre vie.
C'est "vaincre chaque jour les petits ennemis au lieu d'attendre les grandes occasions pour triompher".
Le courage contribue à restaurer le moi, son unicité et sa légitimité, il permet de sortir de l'anonymat et de l'interchangeabilité des hommes.
Il faut apprendre à en faire un réflexe car si l'homme courageux est toujours solitaire, l'éthique collective du courage est seule durable.

Cynthia Fleury, 35 ans, est chercheuse à l'Institut des sciences de la communication du CNRS, enseignante à Sciences Po et professeur associée à l'American University of Paris (School of Government).

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