The Housemaid, à Cannes

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CANNES2010.jpgDeuxième jour à Cannes, et mon premier coup de cœur revient très nettement au sixième film du coréen Im Sang-Soo, The Housemaid. Œuvre ô combien superbe, tant par sa mise en scène que par le jeu de ses comédiens. L'histoire se résume à celle de Lee Euny qui vient d'être engagée comme seconde gouvernante au sein d'une riche famille bourgeoise où la maitresse de maison est sur le point d'accoucher des jumeaux d'un moment à l'autre.

Tout parait plus ou moins paisible le jour où, le mari, puissant homme d’affaires et méfié des siens, prend pour maîtresse la nouvelle servante. Mais, lorsque la nouvelle éclate, la vie de la maison, jusqu’alors paisible, se verra bousculée. Alors que la première partie de The Housemaid déborde d’érotisme et de sensualité (sans tomber dans le vulgaire), la deuxième moitié du film vire plutôt dans la cruauté, où les codes de l’Honneur sont tous renversés. Malgré sa violence morale et physique, ce superbe film détient les thèmes majeurs du cinéma asiatique: la famille et le respect où les hommes paraissent dominer cette société dans les deux cas, mais s'ils sont les détonateurs des événements, ce sont les femmes qui se chargent d'en subir les conséquences, et de manière brutale. Ici, viennent s’ajouter férocité et voyeurisme.

Une fois de plus Im Sang-Soo, nous prouve qu’il est un réalisateur de génie et que sa mise en scène est lisse et bien soignée; tout comme ses travellings d’une rare beauté. La photographie est tout simplement exceptionnelle: l’omniprésence de couleurs froides rend le film glaçant. La seule couleur chaude, rouge en l’occurrence demeure être celle du vin que boit régulièrement le chef de famille. Entre l’époux et la jeune gouvernante se liera un jeu sado/maso, un peu à la manière du chef d’œuvre de Joseph Losey The Servant, où le dominant prend un plaisir à être dominé.

The Housemaid sortira sur les écrans français le 15 septembre prochain.


Laurent Bartoleschi

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