Amos Gitaï entre Terre et Exil dirigé par Lucie Dugas

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livregitai.gifLe nom et l'œuvre d'Amos Gitaï ont pris forme (qu') en 1999 avec la sortie de Kadosh- film ô combien controversé, on s'en souvient. Et pourtant, il s'agit là du dernier volet d'une trilogie urbaine auquel le réalisateur s'est confronté, où chaque film se déroulait dans une ville différente: Devarim en 1995 à Tel Aviv, Yom Yom en 1998 à Haïfa et Kadosh à Jérusalem. Aussi, grâce à ces trois films, il nous offre à nous spectateur/témoin, une large vision de la réalité israélienne de la fin du XXème siècle, un pas avant l'Intifada 2.

D'ailleurs, un passionnant chapitre y est largement consacré. Bref, dans Kadosh, on retrouve cette démonstration du fanatisme religieux qui étouffe les êtres et plus particulièrement les femmes. Par sa langueur et par sa rigueur, le film est à la fois beau et puissant. La marque de fabrique d'Amos Gitaï est désormais lancée: des personnages face à leur destin. En témoigne son film suivant, Kippour sorti en 2000, où il arrive à nous faire éprouver jusqu'à l'extrême l'impact de la guerre (le film évoquant sa propre expérience de soldat durant la guerre de 1973).

Il n'est pas un film de guerre conventionnel. Non, il a pour particularité de se détacher du film de genre en choisissant de filmer la Guerre après la Guerre; pendant plus de deux heures, le spectateur ne verra ni chars, ni ennemis, ni combats. Le seul matériel de guerre que l'on rencontrera sur l'écran, ne sera que décor. Les personnages rien que les personnages, durant degitaiamos.jpg longs plans séquences demeure l'un des fidèles aspects techniques du réalisateur. Comment oublier la scène d'ouverture de Free Zone, où les pleurs interminables de Natalie Portman se confondent aux textes de Pessah, pendant plus de neuf minutes! C'est éprouvant, mais ça marche.

Utilisation des Textes Sacrés chez Gitaï, une première? Pas du tout, comme nous le rappelle le livre Amos Gitaï entre Terre et Exil, dirigé par Lucie Dugas (édité chez Corlet Publications), la toute première fiction du réalisateur israélien n'est autre qu'une allégorie sur le Récit de la fête de Pourim au titre révélateur Esther. Amateurs d'Amos Gitaï vous savourerez ce livre si profond dans ses analyses; novices, vous découvririez que se cache derrière ce  réalisateur pas comme les autres, qui représentait à lui seul le cinéma israélien jusqu'en 2000.     

Laurent Bartoleschi

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