Interviewexclusive de Stéphane Freiss

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freiss1.gifDans ce jeu de l'Amour, du Hasard, et du Mensonge, UNE COMEDIE ROMANTIQUE est une œuvre résolument moderne et pétillante, servie par des comédiens qui n’en font jamais trop. Le couple vedette n'est autre que Stéphane Freiss et la fraîche Elodie Navarre (vue récemment au cinéma dans Une affaire d’état) est sublimement entouré d'excellents seconds rôles. Une pièce qui se joue actuellement au Théâtre Montparnasse, où des éclats de rires peuvent tomber d'un moment à l'autre.

L.B: Une comédie romantique n'est pas comme son nom l'indique une tragédie, mais encore?
Stéphane Freiss: C'est un texte qui se prête à pleins d'interprétations. Mais la vision de ce spectacle est beaucoup plus pragmatique et premier degré que l'on ne pense. Cette pièce amène une lecture vitale et organique. Elle exige de nous (ma complice et moi) que l'on soit très physique. Gérald Sibleyras, l'auteur, nous propose une succession de scènes extrêmement courtes dans lesquelles il est difficile de ne pas s'attacher aux personnages, il installe de véritables situations de jeu, et amène des dialogues plutôt sympathiques. Une histoire parmi tant d'autres. Du rire, des sentiments, un peu de rêve. Et c'est charmant.

L.B: Dans la pièce comme dans certains de vos films (5 X2, Betty Fisher…), on a l'impression que vous avez un caractère de dragueur, non?
S.F: On ne peut pas voir le personnage comme un dragueur mais plus comme un séducteur. Quand je suis séduis par quelque chose ou par quelqu'un, je fais agir effectivement mon pouvoir d'attirance et j'essaie de faire en sorte que le rapport se passe plus vite et mieux. Que ce soit pour un objet afin de se l'approprier ou d'une personne. C'est un homme qui n'est pas malhonnête. Il est assez franc, ce n'est pas du tout un dragueur de premier ordre. Cela dépend comrom.jpgaussi des soirs : si ma partenaire (Elodie Navarre, NDLR) me renvoie beaucoup d'amour, je joue plus la maladresse. C'est elle qui va mettre en jeu notre rapport de séduction. Cette dernière est un outil dans la société, on ne peut pas s'en défaire. J'aime le rapport à l'autre et en même temps, je suis quelqu'un de très curieux. J'aime créer des rapports de séduction entre les gens, puisqu'on crée quelque chose de ludique, par contre dragueur je ne l'ai jamais été : je suis très maladroit. D'ailleurs jeune, j'étais plutôt timide, je ne sortais pas en boite.

L.B: La pièce est très "adulte": ça parle cash, le couple se retrouve régulièrement au lit, etc. Ne trouvez vous pas que ce couple joue un peu comme des enfants où il n'y a que les jeux justement qui changent?  
S.F: On parle de sexe tout au long de la pièce c'est vrai, mais au fond tout est entreprise de jeu. Il n'y a pas d'âge pour se comporter avec de l'insouciance, de l'irresponsabilité et c'est plutôt intéressant. Lorsque la pièce se termine, on a l'impression d'avoir transmis, au public, une part de juvénilité. Les hommes ont comme une envie de séduire à nouveau leur propre femme (et vice-versa). Une réelle envie de retourner vers l'autre, et la pièce est bien réussie dans ce sens.

L.B: Là où la pièce est définitivement actuelle, c'est sur l'omniprésence de la technologie : la communication se fait aussi bien par téléphone que par l'envoi de mails; ne craignez vous pas comme disait Pierre Etaix que "trop de communication fait que l'on communique plus."
S.F: C'est un sujet vaste et pour ne rien vous cacher, personnellement, je suis resté encore à l'époque du crayon et de la gomme. De  l'ordinateur, j'envoie très peu de mail, idem pour tout ce qui est SMS, textos…; je dis cela mais en même temps, je me surprends parfois  à envoyer des messages qui vont plus loin de ce que j'aurai pu dire de visu à la personne. Déjà, on ne peut pas se défaire des propres instruments que l'on a nous même créé. Ensuite, l'auteur a voulu raconter ces instruments justement pour communiquer. Maintenant la question que vous posez : serait-ce un pas en avant vers le rapprochement ou au contraire un fossé qui se crée entre plein de solitude. Auparavant, on ne pouvait pas si rapidement prendre contact avec quelqu'un. Qu'est-ce qu'on y gagne? Qu'est-ce qu'on y perd? Pour la première, on retire La part de mystère au rapport à l'autre. Et dans l'autre on y révèle une part de vérité.

L.B: Léon rencontre au hasard Anita dans une boutique SNCF, et là c'est le coup de foudre : alors, êtes vous plus Hasard ou Destin, dans la vie?
S.F: Chacun a sa propre lecture et comme dirait Woody Allen, "le Hasard c'est le nom que prend D'ieu, quand il veut passer incognito". C'est plutôt complexe, pour ma part puisque mon niveau de conviction est très variable. Il y a des jours où l'on sème (in)consciemment la récolte que l'on aura un jour, ainsi après elle arrive comme elle arrive. Parfois elle arrive de manière évidente, et parfois de manière incongrue. Maintenant, il est clair que si l'on ne fait rien, il n'arrivera rien du tout.

Laurent Bartoleschi

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