Gilad ERDAN :les grévistes de la faim en prison,une nouvelle sorte de terroristes kamikazes !

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(Source Jérusalem Post)

Le cabinet du Ministère de la Sécurité Publique a approuvé une proposition de loi en faveur du gavage des prisonniers qui font la grève de la faim.

Cette proposition appelée « Prévention des dommages causés par les grévistes de la faim » est une modification d’une loi déjà adoptée l’été dernier par la Knesset.

Cette loi stipule, « qu’'un médecin ne peut pas être tenu d'appliquer le gavage et seul un juge, un président ou vice -président de tribunal de district peut approuver la mesure. Le juge sera tenu de consulter un comité d'éthique avant d'émettre sa décision ».

La loi actuelle veut que, «les autorités doivent avoir épuisé les efforts pour convaincre le prisonnier de mettre fin à sa grève de la faim et le prisonnier doit avoir été mis au courant des dangers pour sa santé de la poursuite de sa protestation ».

Monsieur Erdan a déclaré dimanche qu'il travaillera pour que son projet de loi soit adopté à la Knesset.

Il veut convaincre que «les prisonniers se servent des grèves de la faim comme d’une arme et que ces grèvent sont une nouvelle sorte d'attentats suicides qui menacent l'Etat d'Israël ».

Il continu en affirmant que ces grèves de la faim sont des actions qui conduisent à de nombreuses manifestations à l’extérieure des prisons. Ces manifestation finissent toujours en affrontement et provoquent des troubles à l’ordre public».

Il termine en affirmant que :

« Nous ne permettrons à personne de nous menacer, et nous ne permettrons pas que les prisonniers meurent dans nos prisons ».
La proposition de loi veut modifier le processus d’autorisation du gavage.

En effet, si cette loi est adoptée, il suffira que le médecin de la prison déclare que son patient est en grave danger de mort, pour que le comité d’éthique de l’hôpital où se trouve le détenu autorise le gavage et ce contre la volonté même du prisonnier.

Ce qui raccourci grandement le processus et permettrait de sauver plus de vies.

Cette proposition insiste sur le fait que: "La force pourrait être utilisée, si nécessaire".

La proposition de loi veut également que :

« La sécurité de la prison, la sécurité du public, soient pris en compte au moment d'approuver ou non le gavage d’un prisonnier ».

Cette proposition de loi est controversée par de nombreux rétracteurs.

Parmi eux, l’ONG « Physicians for Human Rights-Israel » qui déclare :

« Le gouvernement israélien a de nouveau proposé une loi honteuse qui est condamnée par la communauté médicale en Israël et dans le monde. Cette proposition de loi veut légaliser la torture et les violations flagrantes de l'éthique médicale et des conventions internationales. Au lieu de vouloir gaver des prisonniers déjà humiliés et dont les vies sont en danger, Israël devrait écouter les demandes des grévistes de la faim et mettre fin au système des détentions administratives ».

Il est à préciser ici qu’en Israël, ceux qui sont en détention administrative peuvent l’être indéfiniment sans procès et ce, tout le temps nécessaire à l’instruction de leur dossier. Cette pratique a très souvent été la source d’inspiration de ces grèves de la faim.

Mais cette ONG n’est pas la seule à critiquer cette proposition.

Dimanche, l'Association pour les droits civils en Israël a déclaré que :

« Le gavage est interdit en ce qu'il viole les droits des individus à refuser un traitement et viole l'intégrité et la dignité de leur corps ». L’association a ajouté : « La question est rendue encore plus complexe par le fait que la majorité des grévistes de la faim sont les Palestiniens qui sont en détention administrative pour de longues durées, ce qui est une pratique injuste et grave ».

La réaction de Madame ZEHAVA GALON, Chef du parti MERETZ ne s’est pas faite attendre :

« Cette proposition de loi est immorale !» déclare-t-elle. Elle affirme que : « cette loi n’est pas faite dans l’intérêt du détenu mais dans l’intérêt du gouvernement".

L’Association médicale mondiale ainsi que l'Association médicale israélienne se sont également élevés contre cette proposition.

Le Dr Avinoam Reches, ancien président de la commission de l'IMA de l'éthique a qualifié ce gavage de torture.

L’ONG « Physicians for Human Rights-Israël » rapporte qu’un total de cinq prisonniers palestiniens sont morts de gavage dans les années 1970, 1980 et 1992.

Cette procédure de gavage a pourtant reçu le soutien de la Cour Européenne des droits de l’homme en 2005, 2007 et plus récemment en 2013.

La cour est officiellement contre cette procédure, mais la tolère afin d’éviter des souffrances inutiles au patient mais également dans le cas où il y a un danger de mort.

Face à cette levée de bouclier, on se demande pourquoi travailler sur une proposition de loi internationalement impopulaire et ceci pour sauver une catégorie de gens qui vénèrent plus la mort que la vie.

David BRISSET.


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