Interview exclusive de Michèle Bernier

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pasuneride.jpgEt pas une ride ! est un succès. Et ce n’est pas un spectacle mensonger, car le rire fait son travail sur la souplesse de votre visage ! La cinquantaine ? Michèle Bernier a choisi d’en rire, évoquant sans tabous, les seniors, la ménopause ou la mammographie. Elle offre au public un show visuel, chante et danse ! L’humoriste nous a reçus pour un entretien à son image, drôle et chaleureux.(Copyright : ©NMazéas) Et pas une ride ! de Michèle Bernier et Marie Pascale Osterrieth.  Théâtre de la Renaissance, 20 Boulevard Saint-Martin, 75010 Paris. Rens. : 01 42 08 18 50.

Propos recueillis par Paula Haddad

Vous évoquez au début du spectacle, les anniversaires de cinquantenaires où l’on rencontre des chauves dégarnis et leurs enfants qui ont grandi. Qu’avez-vous fait pour vos 50 ans ?
J’ai pensé faire une fête, mais comme je suis née en août, je suis partie en Grèce avec mes enfants. J’ai assisté à plein d’anniversaires que j’ai adorés, je suis d’une mauvaise foi totale !

Vous abordez les publicités pour séniors, le divorce, la ménopause, la mammographie, et vous organisez même vos propres obsèques ! Est-ce une manière d’exorciser vos démons ?

Non, je n’ai pas d’angoisse là-dessus. C’est plus un jeu dans le spectacle, pour égratigner ce monde qui veut vous faire arrêter de travailler avant l’âge, vous faire mourir avant l’âge ! A force d’entendre à la télé, à la radio, qu’on me « prépare » ma mort, ça me fatigue ! On est poursuivis !

Vous dites aux femmes « Quand vos rides apparaissent, vos maris deviennent presbytes ». Mais les femmes restent conditionnées par la dictature du jeunisme…

Je ne suis pas contre la chirurgie esthétique, même si moi j’aurais peur de confier mon visage,MBERNIER.jpg mais contre cette obsession de la jeunesse, on veut nous faire croire que c’est la clé du bonheur !

On sent les femmes dans le public faire corps avec votre discours…
Oui, parce c’est un spectacle qui déculpabilise ! Oui, c’est dur le départ des enfants, oui, ça fait mal la mammographie, oui parfois le corps médical nous traite mal, mais ce n’est pas la fin du monde ! On peut peut-être se dire que les 50 années à venir seront heureuses avec d’autres étapes.

Est-ce parce que vous mettez votre cœur à nu que vous touchez autant le public ?
Oui, je suis sincère, et si les femmes se reconnaissent plus en moi qu’en d’autres, c’est peut-être parce que je ne leur fait pas d’ombre, qu’on rencontre les mêmes soucis. J’ai choisi de raconter une partie de mes expériences et finalement je ne parle que de choses qui concernent les gens.

Vous êtes également très émouvante quand vous évoquez sur scène vos parents disparus…
Oui, je leur parle. Après la mort de ses parents, on se rend compte qu’on n’est plus l’enfant de quelqu’un. On ne peut plus appeler papa, maman au secours. Ce manque fait de nous des adultes.

Dans le spectacle, vous faites allusion au Yom Kippour. Pourquoi ?

Avec Marie Pascale Osterrieth, co-auteur, on cherchait dans les religions ce qui symbolisait la paix, et le Grand Pardon nous a semblé évident parce qu’on décide ce jour-là, de prendre du recul. C’est un acte d’amour et tranquillité de l’esprit. Quand je parle de pardon, c’est aussi demander soi pardon, dire « je sais, je n’en fais pas assez ». L’exprimer, c’est un peu le partager.

Et pas une ride ! de Michèle Bernier et Marie Pascale Osterrieth.
Théâtre de la Renaissance, 20 Boulevard Saint-Martin, 75010 Paris. Rens. : 01 42 08 18 50.

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