Pas d'accord en vue sur l'Israélien Shalit, dit Mahmoud Abbas

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SHALIT0.jpgAucun accord n'existe pour le moment entre Israël et le Hamas sur la libération du soldat israélien Gilad Shalit, en captivité à Gaza, déclare le président palestinien Mahmoud Abbas.

Après s'être entretenu avec le président égyptien Hosni Moubarak, Abbas a également dit que l'appel lancé mardi par l'Union européenne en faveur de pourparlers israélo-palestiniens sur le statut de Jérusalem était important mais restait en deçà de l'attente des Palestiniens.

L'Egypte s'efforce d'obtenir un accord dans le cadre duquel le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, libérerait Shalit en échange de plusieurs centaines de Palestiniens détenus en Israël.

"Les deux parties butent sur des détails concernant le nombre et l'identité des personnes qui doivent être libérées (...) Je peux vous dire que pour le moment il n'y a pas d'accord", a dit Mahmoud Abbas aux journalistes.

Le sergent Shalit, qui possède la double nationalité franco-israélienne, a été enlevé en juin 2006 en territoire israélien par des activistes de Gaza.

Les négociations sur le projet d'échange, placées sous le parrainage de l'Egypte et de l'Allemagne, ont achoppé sur un obstacle fin novembre, Israël refusant d'inclure des responsables de la branche militaire du Hamas parmi les détenus palestiniens susceptibles d'être remis en liberté.

Quelques jours plus tôt, un accord avait semblé à portée de main, des responsables ayant annoncé que l'Etat juif avait levé ses objections à la libération de 160 détenus dont le Hamas réclamait l'élargissement.

PROJET SUÉDOIS "DILUÉ"

Mardi, l'Union européenne a exhorté Israël à partager Jérusalem avec les Palestiniens aux termes d'un accord de paix en faisant de la ville sainte la capitale de deux Etats indépendants, ce que l'actuel gouvernement israélien exclut.

Le statut de Jérusalem - ville sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans - est une question ultrasensible pour Israël, qui considère la ville comme sa capitale indivisible. Les Palestiniens, eux, veulent faire de sa partie orientale la capitale de leur futur Etat.

Mahmoud Abbas a déclaré que l'UE avait dilué un projet suédois antérieur aux termes duquel un Etat de Palestine devait englober "la Cisjordanie, Jérusalem-Est comprise, et Gaza".

"S'agissant de la position de l'UE, nous savons tous que le projet suédois était un bon projet parce qu'il formulait clairement la question de Jérusalem-Est. Là-dessus est arrivée la formulation finale et vague", a dit Abbas après son entrevue avec Moubarak à la station de Charm el Cheikh, sur la mer Rouge.

"Nous pouvons dire que c'est une décision importante mais qu'elle ne (...) s'élève certainement pas au niveau du projet qui était présenté par la Suède, que nous avions accepté et dont nous étions satisfaits", a-t-il ajouté.

Nabil Abou Rdainah, proche conseiller d'Abbas, a aussi déclaré à Reuters par téléphone à Ramallah que la déclaration de l'UE ne contribuerait pas à modifier la position palestinienne ni à relancer le processus de paix.

Les dirigeants palestiniens refusent de reprendre les pourparlers de paix avec Israël, suspendus l'an dernier, tant que l'Etat juif ne gèle pas les constructions de logements. Ils ont rejeté le moratoire partiel de dix mois annoncé par les Israéliens.

"Ce qui peut favoriser un retour aux négociations, c'est d'arrêter l'extension des colonies et de reconnaître que les frontières de l'Etat palestinien sont celles de 1967 dans leur ensemble, Jérusalem comprise", a dit Abou Rdainah.

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