Barack Obama doit signer ce jeudi le décret de fermeture de Guantanamo

International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Le président Barack Obama devait entamer jeudi une révision importante de la politique de la sécurité nationale en ordonnant la fermeture d'ici un an du centre de détention de Guantanamo, le réexamen du fonctionnement des tribunaux militaires jugeant des terroristes présumés et l'arrêt des techniques d'interrogatoires "musclées", assimilées à de la torture par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Quatre décrets au total devaient être signés, ont précisé sous le couvert de l'anonymat deux hauts responsables de la nouvelle administration américaine. Le nouveau chef de la Maison Blanche, explique l'un de ces responsables, devait en premier lieu signer jeudi le décret ordonnant la fermeture de Guantanamo.

Barack Obama, durant sa campagne électorale, s'est engagé à fermer rapidement le centre de détention controversé ouvert en 2002, après les attentats du 11 septembre 2001. Quelque 245 terroristes présumés y sont toujours détenus, la plupart sans inculpation ni jugement en dehors de tout cadre légal. L'ancienne administration Bush a toujours considéré les prisonniers de Guantanamo comme des "combattants ennemis" -statut créé pour l'occasion-, ne bénéficiant pas des droits conférés par la loi fédérale américaine ou les Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre.

Le projet de décret, dont l'Associated Press a obtenu copie mercredi, souligne que la fermeture du camp situé sur la base navale américaine à Cuba servirait "les intérêts de la sécurité nationale, de la politique étrangère et de la justice américaines", à la lumière des "importantes préoccupations suscitées, tant aux Etats-Unis qu'à l'étranger" par la détention actuelle des prisonniers du camp.

Le texte prévoit un rééxamen systématique des dossiers, pour chaque détenu. "Il est dans l'intérêt des Etats-Unis d'évaluer si chacun de ces individus peut et doit être poursuivi en justice", explique ce document.

En attendant, le ministère de la Défense a demandé mercredi une suspension de 120 jours de la procédure judiciaire pour les détenus de Guantanamo inculpés de crimes de guerre. Deux magistrats militaires en charge du dossier de six accusés ont rapidement fait droit à cette requête.

Un groupe de travail, créé par un autre décret, va par ailleurs être chargé de recommander dans un délai d'un mois les procédures à suivre pour l'incarcération à l'avenir des suspects de terrorisme. Ce groupe se penchera en particulier sur la question des lieux de détention après la fermeture de Guantanamo.

Un décret spécifique ordonnera à tout le personnel militaire américain de son conformer aux dispositions du Manuel de terrain de l'armée pour l'interrogatoire des détenus. Ce manuel interdit explicitement le recours aux menaces, à la coercition, aux violences physiques et au simulacre de noyade ou "waterboarding".

Cette technique consiste à attacher un détenu sur une planche, lui envelopper la tête de Cellophane et verser de l'eau dessus. Ceci provoque des réflexes de suffocation et une peur panique de la noyade chez le prisonnier, pour le forcer à parler.

Le ministère de la Justice, enfin, recevra par décret des instructions pour se pencher sur le cas d'Ali al-Marri, originaire du Qatar et seul "combattant ennemi" actuellement détenu sur le sol américain. Il s'agit de déterminer si Al-Marri, soupçonné d'être un agent dormant d'Al Qaïda, a le droit de poursuivre le gouvernement pour obtenir une remise en liberté, un droit que la Cour suprême a déjà accordé aux détenus de Guantanamo.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi