Salon du livre: la littérature israélienne dans tous ses états

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PARIS ,le 17/03/08- Trois générations d'écrivains israéliens invités du Salon du livre de Paris témoignent de la vitalité d'une littérature en plein essor, entre mémoire de la Shoah et déchirements de la société israélienne.

"C'est un panel représentatif de la richesse et du dynamisme d'une littérature", souligne Serge Eyrolles, président du Syndicat national de l'édition (SNE) qui organise le salon (14-19 mars), "très frappé par le nombre d'auteurs de 25-30 ans" parmi la quarantaine d'écrivains invités.

Patriarche des lettres israéliennes, Aharon Appelfeld, appartient à la génération de la diaspora. Né en 1932 en Bucovine, déporté pendant la Seconde guerre mondiale, il évoque dans son oeuvre le sort des populations juives d'Europe. Petit homme à casquette entouré de tous les égards, Appelfeld parlera de son parcours et de son dernier livre, "La Chambre de Mariana" (L'Olivier), lors de plusieurs rencontres avec le public.

Trois auteurs nés en Israël symbolisent ensuite la conscience et l'engagement des écrivains israéliens: Amos Oz, Avraham B. Yehoshua et David Grossman. Très critiques de la politique israélienne à l'égard des Palestiniens, ils animent le mouvement "La paix maintenant", qui milite pour un dialogue entre Juifs et Arabes.

Régulièrement cité pour le prix Nobel de littérature, Oz, 68 ans, met en scène le destin d'Israël dans une oeuvre considérable traduite dans 35 langues.

L'histoire du peuple juif est également au centre de l'oeuvre de Yeshoshua, 71 ans, qui évoque les déchirements d'Israël dans son dernier roman, "Un feu amical" (Calmann-Lévy). Tout comme David Grossman, 53 ans, qui dénonce inlassablement dans ses livres les injustices de la société israélienne.

La délégation présente au salon fait aussi la part belle aux auteurs de la génération montante, confrontés comme leurs aînés au tumulte du Proche-Orient.

"Dans mes romans, je me suis complètement identifié à l'enfermement de la communauté arabe. Je me demande comment j'agirais si j'étais à la place de ceux que je suis en train de décrire", explique Sayed Kashua, 33 ans, seul arabe israélien parmi les écrivains invités ("Et il y eut un matin", L'Olivier).

D'autres, comme Eshkol Nevo, 36 ans, ("Quatre maisons et un exil", Gallimard), l'un des plus populaires en Israël, décrivent à leur façon les tensions de la société. Et Ron Leshem, 32 ans, fait lui dans "Beaufort" (Seuil) le récit apocalyptique de la vie d'une unité de l'armée israélienne lors de la guerre du Liban.

Très présentes au salon avec une quinzaine d'invitées, les femmes témoignent de la vitalité d'une littérature féminine apparue dans les années 1980, qui met plus souvent en scène la famille et le couple.

Orly Castel-Bloom ("Textile", Actes Sud), Judith Katzir ("Chère Anne", Joelle Losfeld) ou Mira Maguen, "Des papillons sous la pluie" (Mercure de France), évoqueront dimanche ces "Histoires de femmes" avec le public.

"Quelqu'un vient de dire que la vie est complexe et compliquée, c'est la chose avec laquelle je suis le plus d'accord", résumait vendredi la jeune dessinatrice et scénariste de BD Rutu Modan ("Exit Wounds", Actes Sud).

Les romans de tous les auteurs invités sont traduits de l'hébreu en français.

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